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08/11/2018 07:01 EST | Actualisé 08/11/2018 12:59 EST

Un tireur tue 12 personnes dans un bar en Californie

L'homme avait fait irruption dans le Borderline Bar and Grill, qui accueillait au moment du drame une soirée étudiante.

Un ancien soldat a ouvert le feu mercredi soir dans un bar bondé près de Los Angeles en Californie, tuant 12 personnes avant de se suicider, a annoncé le shérif local.

Le tireur de 28 ans, Ian Long, a commis ce carnage lors d'une soirée rassemblant plus d'une centaine de personnes, dont de nombreux étudiants, dans la ville de Thousand Oaks, au nord de Malibu.

L'ex-militaire (2008 à 2013) avait servi dans le corps d'élite des Marines et notamment été déployé en Afghanistan durant sept mois. Il était connu des services de police et de ses voisins pour des troubles psychiques.

Ian Long s'est présenté mercredi soir à l'entrée du Borderline Bar and Grill, armé d'un pistolet Glock doté d'un chargeur à capacité augmentée.

Il a abattu le garde de sécurité avant de pénétrer dans l'établissement pour y perpétrer sa tuerie, a relaté Geoff Dean, le shérif du comté de Ventura en périphérie de Los Angeles.

"J'ai vu le tireur, il était habillé en noir, avec des lunettes, camouflé. Il a sorti une arme et a commencé à tirer", a raconté à l'AFP Holden Harrah, 20 ans, un client habituel de ce bar.

Il a précisé avoir dû "ramper" pour sortir et rejoindre sa voiture.

Le shérif Dean a décrit une "scène horrible", avec "du sang partout". On compte parmi les victimes décédées un agent de police, Ron Helus, parmi les premiers à intervenir sur les lieux. L'homme de 54 ans a été qualifié de "héros" par le shérif Dean.

Vingt-trois autres personnes ont été soignées dans des hôpitaux de la région, avant de pouvoir rentrer chez elles.

Mobile inconnu

Les autorités ignoraient jeudi la raison pour laquelle Ian Long, qui ne semblait pas avoir de cible spécifique à l'intérieur du bar, a commis ce carnage.

"Nous n'avons aucune idée de ses motivations", a souligné le shérif Dean.

En avril, des policiers se sont rendus chez lui car il agissait de "manière irrationnelle", justifiant le déplacement d'agents spécialisés en troubles psychologiques.

In fine, Ian Long n'a pas été arrêté ni interné, mais a laissé aux forces de l'ordre l'impression qu'il souffrait de stress post-traumatique vraisemblablement lié à ses antécédents militaires.

Ian Long vivait avec sa mère dans un quartier cossu de Thousand Oaks.

"C'est une dame très gentille mais elle a eu beaucoup de problèmes avec son fils", a déclaré au Los Angeles Times l'un d'eux, Richard Berge, selon qui Ian Long souffrait effectivement de ce syndrome de stress répandu chez les anciens soldats.

Le jeune homme s'était plus d'une fois fait remarquer en donnant de violents coups dans les murs de sa maison, selon plusieurs voisins.

La police et le FBI étaient présents en masse jeudi matin devant le domicile de Ian Long, archétype de la maison américaine avec drapeau étoilé et gros pick-up garé devant, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Non loin de là, réunies dans un centre de Thousand Oaks par la police, une soixantaine de personnes cherchaient à retrouver la trace de leurs proches qui se trouvaient à l'intérieur du bar, à l'instar de Jason Coffman, sans nouvelles de son fils Cody, 22 ans.

"La dernière fois que je l'ai vu, il m'a dit au revoir et se rendait au Borderline", a-t-il expliqué aux journalistes, des sanglots dans la voix.

Quelques minutes plus tard, Jason Coffman recevait un appel téléphonique et fondait en larmes.

La police a indiqué ignorer si le suspect avait des connexions avec un groupe extrémiste quelconque. "Rien ne me conduit, moi ou le FBI, à penser qu'il y a un lien terroriste", a expliqué le shérif Geoff Dean.

Pistolet semi-automatique

Le bar organisait tous les mercredis des soirées étudiantes, ouvertes aux jeunes majeurs. Le shérif a estimé que les victimes avaient probablement entre 21 et 26 ans.

Matt Wennerstrom, un étudiant de 20 ans, fréquentait régulièrement l'établissement. Ian Long "tirait autant de balles qu'il pouvait, et quand il rechargeait, les gens essayaient de s'enfuir", a-t-il raconté au Los Angeles Times.

La plupart des témoins cités par les médias américains, en majorité des étudiants des nombreuses universités de cette banlieue résidentielle de Los Angeles, ont décrit des scènes de panique après les premiers coups de feu: bousculade et clients piétinés, certains se réfugiant dans les toilettes ou sur un balcon, d'autres brisant les fenêtres et sautant au travers.

"Tout le monde s'est jeté au sol très rapidement. Tout le monde voulait sortir le plus vite possible", a déclaré à l'AFP une jeune femme, qui s'est elle-même enfuie avec une amie par l'arrière-cuisine.

Les Etats-Unis sont régulièrement le théâtre de fusillades, du fait de la dissémination des armes à feu dans le pays.

La dernière en date avait fait onze morts dans une synagogue de Pittsburgh.

Cette nouvelle attaque évoque la tuerie perpétrée en 2016 dans une boîte gay d'Orlando, en Floride, où 49 personnes avaient péri sous les balles.

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