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06/11/2018 18:40 EST | Actualisé 07/11/2018 11:33 EST

États-Unis: longues files et machines défectueuses en Géorgie et à New York

Certains des pires problèmes ont été rapportés en Géorgie, où le poste de gouverneur est chaudement disputé.

De longues files d'attente et des machines défectueuses ont été signalées dans certaines régions des États-Unis mardi, alors que des millions d'Américains étaient appelés aux urnes pour renouveler l'ensemble de la Chambre des représentants, le tiers du Sénat et plusieurs postes de gouverneurs.

Certains des pires problèmes ont été rapportés en Géorgie, où le poste de gouverneur est chaudement disputé. Des électeurs disent avoir dû patienter pendant trois heures avant de pouvoir voter.

Dans la municipalité de Snellville, en Géorgie, plus d'une centaine de personnes qui patientaient en file s'échangeait des chaises pour enfants et des places assises au sol tellement l'attente s'éternisait. Dans le comté de Gwinnett, des bulletins de vote provisoires ont été distribués aux électeurs en attendant que les machines défectueuses aient été remplacées.

Une électrice a rapporté qu'une vingtaine de personnes étaient reparties sans avoir pu voter en raison de l'attente. D'autres, méfiants, ont refusé d'utiliser les bulletins de papier.

Des questions relatives à l'intégrité des élections ont émergé ces derniers jours en Géorgie, où la course au poste de gouverneur compte parmi les plus suivies du pays. La démocrate Stacey Abrams, qui pourrait devenir la première gouverneure afro-américaine de l'histoire des États-Unis, affronte le républicain Brian Kemp qui, en sa qualité de secrétaire de l'État, supervise le processus électoral dans lequel il est lui-même candidat, ce qui lui a valu de nombreuses critiques des démocrates.

Comment comprendre les élections de mi-mandat? L'article continue sous cette vidéo.

Des problèmes d'équipement et de longues files ont également été rapportés à New York.

À travers la ville, des pannes de scanneurs permettant de lire les bulletins de vote ont été signalées dans plusieurs bureaux. Le taux de participation était si élevé dans l'un des quartiers les plus peuplés de l'Upper West Side de Manhattan que la file d'attente pour insérer les bulletins dans les machines s'étendait autour du gymnase d'une école secondaire. Les agents électoraux ont dit aux électeurs que deux machines fonctionnaient mal et que des réparations étaient en cours.

Ailleurs à New York, toutes les machines de deux bureaux de vote ont cessé de fonctionner, obligeant certains électeurs à déposer leur bulletin dans une "urne d'urgence" ou à voter sous serment.

Il y a des machines en panne partout à Brooklyn.Stefan Ringel, porte-parole du président de l'arrondissement de Brooklyn, Eric Adams

Il a déclaré que M. Adams et son personnel étaient inondés d'appels téléphoniques, de courriels et de messages textes faisant état de pannes dans plus d'une douzaine de quartiers.

Par rapport aux élections de 2016, a-t-il déclaré, "cela semble pire et il y a une confusion parmi les agents électoraux sur ce qu'il faut faire".

"Les gens sont de mauvaise humeur et frustrés mais en même temps, ils sont positifs, ils plaisantent et se parlent. Je pense que c'est parce que nous sommes tous dans l'état d'esprit de nous dire que personne ne pourra nous empêcher de voter aujourd'hui", a déclaré Nikki Euell, qui a attendu plus de deux heures pour voter dans le quartier Greenpoint de Brooklyn.

Dans l'après-midi, l'organisation non partisane Election Protection avait reçu 17 500 appels d'électeurs ayant eu des difficultés à exercer leur droit de vote.

Kristen Clarke, présidente d'une organisation d'avocats qui contribue à gérer la ligne téléphonique, a affirmé que le nombre d'appels équivalait à celui reçu lors d'une élection présidentielle. La ligne avait reçu environ 10 400 appels à peu près au même moment de la journée lors des dernières élections de mi-mandat, en 2014.

Selon Mme Clarke, la plupart des appels concernaient des problèmes avec les machines qui comptabilisent les votes.

Un problème d'infrastructure

Les pannes subies par plusieurs machines sont le symptôme d'un problème plus grave lié à l'infrastructure électorale des États-Unis, selon Lawrence Norden, expert en technologie de vote au Brennan Center.

Plus de 40 États utilisent des machines à voter informatisées datant de plus de dix ans, ou qui ne sont plus fabriquées aujourd'hui.

"C'est une preuve supplémentaire (...) qu'il est temps de moderniser notre infrastructure de vote", a affirmé M. Norden. "Les électeurs ont le droit d'être frustrés par les longues files d'attente. Ils ont également le droit de s'attendre à des machines à voter qui fonctionnent et qui ont une copie de sauvegarde sur papier."

Au cours des derniers jours, le vote anticipé avait révélé plusieurs problèmes concernant les systèmes de vote et d'enregistrement à travers le pays _ des machines qui modifiaient la sélection des électeurs aux formulaires d'inscription rejetés à la suite d'erreurs bureaucratiques.

Barack Obama a fait campagne pour les démocrates dans les derniers jours. L'article se poursuit sous la vidéo.

Les responsables électoraux et les groupes de défense du droit de vote craignent que la confiance des électeurs dans les résultats ne soit affaiblie par ces problèmes.

La secrétaire à la Sécurité intérieure, Kirstjen Nielsen, a affirmé mardi que les autorités fédérales avaient déployé les mesures nécessaires pour protéger les infrastructures électorales de toute interférence étrangère, affirmant que ce scrutin serait le plus sûr de l'ère moderne.

Le processus électoral est géré par chacun des États, mais c'est le département de la Sécurité intérieure qui est chargé de la cybersécurité et de la protection des infrastructures électorales.

Les longues files d'attente et les problèmes d'équipement ne seraient pas liés à une quelconque interférence étrangère.

Mme Nielsen a assuré qu'aucune machine électorale n'avait été compromise, mais a souligné que des organisations étrangères _ qu'elle n'a pas nommées _ menaient des campagnes de désinformation pour semer la confusion parmi les électeurs.