POLITIQUE
06/11/2018 17:29 EST | Actualisé 06/11/2018 17:35 EST

«Bernard Landry fait partie des grands» : François Legault rend hommage à son ancien chef

Le premier ministre a livré un hommage bien senti à celui qui a été son collègue comme ministre du Parti québécois, puis son chef.

Le premier ministre Bernard Landry aux côtés de sa ministre des Finances, Pauline Marois, et de son ministre de la Santé, François Legault, en 2003.
La Presse canadienne
Le premier ministre Bernard Landry aux côtés de sa ministre des Finances, Pauline Marois, et de son ministre de la Santé, François Legault, en 2003.

QUÉBEC – La semaine dernière, le premier ministre François Legault a demandé à son ancien collègue Bernard Landry et ancien premier ministre de 2001 à 2003 de lui donner deux ou trois conseils.

M. Landry n'aura finalement pas eu le temps de les lui transmettre. Il est décédé mardi matin, à l'âge de 81 ans.

«C'est pour ça que j'étais surpris quand j'ai appris tantôt qu'il était décédé. Pour moi, il semblait encore là pour un bout de temps», s'est étonné M. Legault en conférence de presse, peu après l'annonce du décès de M. Landry.

Le premier ministre a livré un hommage bien senti à celui qui a été son collègue comme ministre du Parti québécois, puis son chef.

«J'ai eu le privilège de servir M. Landry comme ministre de l'Éducation, comme ministre de la Santé. C'était un premier ministre brillant, un homme de devoir», dit-il.

La Presse canadienne
En 2005, le chef de l'opposition Bernard Landry faisait rire son porte-parole en matière de Finances François Legault.

«Je me rappelle très bien d'être allé chez lui quand il m'a demandé de passer de l'Éducation à la Santé. Comme vous pouvez vous imaginer, je ne regardais pas ça nécessairement positivement, mais il m'avait dit – et je m'en souviendrai toute ma vie – "François, c'est ton devoir."»

M. Landry et M. Legault, ministre des Finances et de l'Industrie respectivement sous l'ex-premier ministre Lucien Bouchard, ont souvent fait des tournées régionales ensemble.

«M. Landry connaissait chaque entreprise dans chacune des régions du Québec. Donc, c'est un peu comme s'il avait tricoté l'économie du Québec», a dit M. Legault, qui se rappelle de son ancien collègue comme d'un «amoureux de la nation québécoise».

Bernard Landry fait partie des grands, au même titre que les premiers ministres Lévesque et Parizeau.

L'ex-premier ministre Landry avait aussi beaucoup d'humour.

«Quand les chiffres du chômage sortaient, le premier vendredi du mois, il me disait : "J'ai toujours une bonne bouteille qui est disponible si jamais les chiffres du chômage baissent"», a rigolé M. Legault.

Celui qu'il décrit comme un «ministre des Finances dynamique, proactif» ne manquait pas une occasion de s'assurer d'arborer le drapeau du Québec à chaque occasion qui se présentait.

«Je me souviens de l'avoir vu chicaner d'autres ministres parce que sur l'un des édifices de leur ministère, il n'y avait pas de drapeau du Québec ou le drapeau était déchiré», soutient M. Legault.

Même jusqu'à tout récemment, M. Landry avait toujours espoir de reconvertir M. Legault à la cause de l'indépendance du Québec.

«On s'est croisés plusieurs fois dans des funérailles, dans des événements, et il me disait tout le temps : "François, il faudrait bien qu'on aille luncher pour que je te convainque de faire l'indépendance". Il avait encore espoir de me convaincre.»

Même si les deux hommes avaient des divergences sur le plan politique, M. Legault salue la contribution de l'ancien premier ministre Landry. Il espère s'en inspirer pour sa vision économique ou encore pour négocier avec les peuples autochtones.

«Bernard Landry fait partie des grands, au même titre que les premiers ministres Lévesque et Parizeau», a conclu M. Legault.

Après discussion avec Chantal Renaud, la veuve de M. Landry, l'ex-premier ministre aura droit à des funérailles d'État.

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