POLITIQUE
05/11/2018 19:04 EST | Actualisé 06/11/2018 07:30 EST

Justin Trudeau appelé à baisser les impôts des entreprises

Le patron canadien de la multinationale estime que le Canada est déjà attrayant pour son réservoir de talents et des investissements en innovation.

Le premier ministre Justin Trudeau les PDG américain et canadien de Siemens Barbara Humpton, à droite, et Faisal Kazi, à gauche, lundi à Montréal.
PC/Ryan Remiorz
Le premier ministre Justin Trudeau les PDG américain et canadien de Siemens Barbara Humpton, à droite, et Faisal Kazi, à gauche, lundi à Montréal.

Le premier ministre Justin Trudeau a vanté lundi le nouveau projet de loi de son gouvernement sur l'équité salariale lors d'une conférence de femmes dirigeantes d'entreprises, et s'est fait interpeller sur la réponse de son gouvernement à une réforme majeure de la fiscalité des entreprises aux États-Unis.

Les femmes chefs d'entreprise présentes dans la salle de bal de l'hôtel Ritz-Carlton, lundi soir, à Montréal, ont ovationné M. Trudeau pendant qu'il se rendait sur scène pour une entrevue, dans le cadre du Sommet international des femmes les plus puissantes organisé par le magazine "Fortune".

Cherchant à toucher une corde sensible dans le public, M. Trudeau a expliqué qu'il était certain que nombre d'entre elles, dans leur "carrière impressionnante", avaient dû se battre pour l'équité salariale.

"Avoir son travail sous-évalué, être sous-payé, tout simplement parce que tu es une femme, est inacceptable", a affirmé M. Trudeau. "La semaine dernière, notre gouvernement a présenté une législation fédérale historique sur l'équité salariale."

Le projet de loi s'appliquerait à toutes les entreprises de 10 employés ou plus sous réglementation fédérale, y compris les entreprises du secteur privé telles que les banques et les chemins de fer. La loi, qui s'appliquerait un an après son adoption et sa sanction royale, obligerait les employeurs à établir un programme d'équité salariale dans les trois ans suivant son entrée en vigueur.

En 2017, les Canadiennes gagnaient 88,5 cents pour chaque dollar gagné par un homme, mesuré en salaires horaires pour les travailleurs à temps plein, selon les chiffres du gouvernement.

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Faire des changements importants est difficile. Il faut du courage pour faire de grandes choses, je sais que cette salle est à la hauteur du défi", a déclaré le premier ministre.

Après son bref discours, M. Trudeau s'est assis sur la scène pour une entrevue avec l'auteure et journaliste Nina Easton, qui lui a souligné que des membres des milieux d'affaires canadiens étaient préoccupés par la compétitivité du pays après la réduction de l'impôt des entreprises aux États-Unis.

M. Trudeau a soutenu que les taux d'imposition actuels du Canada continuaient d'être concurrentiels et a ajouté que les sociétés considéraient d'autres critères que les taxes pour décider où investir.

"Nous sommes très conscients de la nécessité de rester compétitifs", a dit le premier ministre.

Le patron de Siemens Canada souhaiterait une "structure fiscale plus attrayante"

Faisal Kazi, président et chef de la direction de Siemens Canada, et la chef de direction de Siemens USA, Barbara Humpton, ont rencontré le premier ministre Justin Trudeau lundi après-midi à l'occasion du sommet.

Après s'être entretenu avec M. Trudeau, M. Kazi a affirmé que si le Canada abaissait son taux d'imposition des entreprises, Siemens, société allemande d'ingénierie et d'électronique, investirait encore plus dans le pays.

M. Kazi a déclaré que son entreprise saluerait une réduction de l'impôt des entreprises, tout en ajoutant que le Canada demeurait un lieu d'investissement attrayant en raison de son réservoir de talents et des investissements continus du gouvernement dans l'innovation.

Il a affirmé qu'il ne faisait pas de doute que l'entreprise pourrait investir encore plus au Canada "si la structure fiscale était plus attrayante".

Depuis l'annonce d'une importante réforme fiscale aux États-Unis, M. Trudeau et le ministre des Finances, Bill Morneau, ont été pressés d'agir afin de maintenir la compétitivité du Canada.

M. Morneau a l'intention d'annoncer dans sa mise à jour économique de l'automne, le 21 novembre, des politiques visant à renforcer la compétitivité du Canada.

Mme Humpton a affirmé que sa société était intéressée par le programme gouvernemental de "supergrappes", doté de 950 millions $, et par ses investissements dans l'intelligence artificielle.

Le ministre de l'Innovation, Navdeep Bains, a annoncé en février que cinq groupes de technologie se partageraient un financement fédéral pouvant atteindre 950 millions $ afin de réunir entreprises, institutions universitaires et autres organismes sans but lucratif afin de créer des grappes d'innovation dans tout le pays.

M. Trudeau s'est également entretenu lundi avec Isabelle Marcoux, présidente du conseil de Transcontinental, qui a dit avoir parlé de l'accroissement du rôle des femmes dans les entreprises et d'une aide supplémentaire du gouvernement aux médias imprimés.

Selon Mme Marcoux, le gouvernement a fait des avancées, mais "beaucoup plus" doit être fait pour augmenter le nombre de femmes dans les conseils d'administration de sociétés au Canada.

Elle a ajouté qu'elle participait à des efforts pour constituer un groupe de femmes cadres qui pourraient assumer des rôles de premier plan dans les entreprises.

"Nous devons bâtir ce bassin de dirigeantes", a affirmé Mme Marcoux. "Les entreprises canadiennes ont la responsabilité de construire ce pipeline (d'expertise)."

Mme Marcoux a ajouté qu'elle avait également insisté auprès de M. Trudeau sur la nécessité que son gouvernement investisse davantage pour aider les journaux locaux à traverser une période difficile.

Son entreprise, qui était propriétaire de nombreux journaux à travers le pays, les a tous vendus sauf un, a-t-elle souligné.

"Nous sommes une société d'impression et nous constatons que nos clients - en particulier la presse locale - souffrent", a-t-elle fait valoir.

Ottawa a promis 50 millions $ sur cinq ans pour aider les médias imprimés locaux dans son budget 2018.

"Je pense que ce n'était pas suffisant", a dit Mme Marcoux. "Et c'est un peu compliqué d'avoir accès à ces fonds."