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04/11/2018 12:24 EST | Actualisé 05/11/2018 06:47 EST

Les Canadiens croient que le salaire moyen dont ils ont besoin pour être «confortables» est de 250 000 $

Quand ce qu'on juge nécessaire est cinq fois le salaire médian...

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La plupart des Canadiens croient qu'ils ont besoin de gagner 250 000 $ par année pour être confortable financièrement, selon un nouveau sondage.

Est-ce qu'un quart de million par année résoudrait tous vos problèmes financiers?

Près de 1 500 Canadiens ont été questionnés à savoir combien d'argent avant impôts serait nécessaire pour les faire sentir «financièrement confortables» dans une nouvelle étude commandée par la firme de services financiers Edward Jones. Le verdict: 250 000 $.

Mais pourquoi s'arrêter là? Être à l'aise c'est bien, mais ce n'est certainement pas ça qui va vous permettre de vous acheter cette nouvelle montre ou vous payer un voyage à Rome bientôt. Quand ils ont été questionnés à savoir combien ils auraient besoin pour arriver au style de vie qu'ils «désirent réellement», la plupart des répondants ont ajouté un autre 50 000 $ au total.

La valeur nette du 1 pour cent canadien diffère selon la province. L'article se poursuit sous la vidéo (en anglais).

Alors que les deux sommes sont très loin du salaire médian canadien après impôts de 56 000 $, le sondage a permis de constater que les gens ont toujours l'impression de gagner moins que ce qu'ils désirent, peu importe à quel bout de l'échelle salariale ils se trouvent.

«Plus les gens gagnent un salaire élevé, plus ils croient qu'ils ont besoin d'argent», a souligné au HuffPost Canada Patrick French, directeur, solutions et consultation, chez Edward Jones. «C'est parce que lorsque les salaires augmentent, les dépenses aussi.»

Les données ont été regroupées selon les régions: les Albertains avaient les plus grandes aspirations financières, demandant presque 350 000 $ pour se sentir à l'aise. Le phénomène pourrait être attribué aux difficultés économiques qui se prolongent et à la dette qui augmente dans la province, a supposé M. French. Les Manitobains et les Saskatchewanais étaient ceux qui avaient besoin de moins au pays.

Les Canadiens plus âgés ont besoin de plus

Les sommes diffèrent également selon les générations. Les Canadiens âgés de 55 à 64 ans ont dit désirer un salaire extravagant de 398 347 $. L'étude soutient que «ce groupe d'âge pourrait être confronté à des responsabilités financières non désirées».

Ces ambitions élevées peuvent être en partie attribuées à l'échec de la planification de la retraite, selon M. French. Une autre charge financière pourrait être d'aider des enfants et des petits-enfants à payer pour une maison dans un marché immobilier coûteux à travers le pays.

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Les milléniaux avaient les perspectives les plus modestes: les gens âgés de 18 à 34 ans ont dit qu'ils se sentiraient à l'aise avec environ 166 000 $ par année.

«Une des raisons pourrait être que les milléniaux sont à un stade de leur vie où ils sont davantage focalisés sur la consommation», estime M. French. «Ils ne pensent pas tant à la retraite, de manquer de temps pour payer des dettes ou comment léguer quelque chose à leurs enfants.»

Les milléniaux sous-estiment leurs besoins futurs

Alors que les milléniaux ne manquent pas d'argent imaginaire, ils ont les poches pleines d'une autre ressource également intangible.

«Les jeunes ont la ressource que personne ne peut produire: le temps», a jugé M. French. «Leur montant peut peut-être être plus bas parce qu'ils sentent qu'ils ont le temps de faire de l'argent et d'épargner, ce qui est vrai. S'ils passent à l'action, bien sûr.»

Mais le montant plus bas pourrait aussi être le résultat d'un manque de littératie financière et de conscience de combien d'argent ils auront besoin alors que les décennies s'enchaîneront, a expliqué M. French.

«C'est aussi possible que les jeunes sous-estiment grandement combien ils auront besoin pour vivre le style de vie qu'il veulent, ce qui pourrait être un problème majeur alors qu'ils vieillissent.»

Le sondage a été effectué auprès de 1 565 Canadiens entre le 23 et le 26 mai 2017. À titre comparatif, un échantillon probabiliste de la même taille aurait eu une marge d'erreur de plus ou moins 2,5%, 19 fois sur 20.

Ce texte initialement publié sur le HuffPost Canada a été traduit de l'anglais.