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01/11/2018 18:24 EDT | Actualisé 01/11/2018 18:24 EDT

Canada-Iran: la ministre Freeland pose une condition avant de rétablir les liens

Le Canada a rompu ses liens diplomatiques avec l'Iran en septembre 2012, sous le précédent gouvernement de Stephen Harper.

Jim Hollander/Pool via AP

Les liens diplomatiques avec l'Iran ne seront pas rétablis tant que le régime ne permettra pas à la citoyenne canadienne Maryam Mombeini de rentrer au pays, a averti jeudi la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

En conférence téléphonique depuis Jérusalem, jeudi, la diplomate en chef du Canada a signalé avoir passé ce message à des représentants iraniens en septembre dernier, lors de la rencontre annuelle des Nations unies, à New York.

«Concernant l'Iran, la position du Canada reste la même, et c'est que pour nous, l'enjeu le plus important (...) est la situation de Maryam Mombeini», a-t-elle offert lorsqu'on lui a demandé de préciser comment elle avait parlé de l'Iran avec le premier ministre israélien Benjamin Néthayahou.

«Ce que nous disons vraiment clairement à l'Iran, c'est qu'elle doit pouvoir rentrer à la maison (...) et c'est ce que nous devons résoudre avec l'Iran avant d'aller de l'avant avec tout autre dossier», a ajouté la ministre au téléphone.

Son bureau n'a pas voulu commenter une déclaration émanant du camp israélien. Selon la version des faits de Benjamin Nétanyahou, lorsqu'il a été question de l'Iran, la ministre aurait affirmé le contraire de ce que les libéraux avaient promis de faire — rétablir les liens avec Téhéran.

«Nous apprécions votre appui dans plusieurs forums internationaux», a déclaré le premier ministre d'Israël, à en croire la transcription d'un discours qui a été publiée sur le site internet de son bureau.

«En fait, vous avez dit que vous n'établirez pas de relations internationales avec l'Iran, ce qui devrait relever de l'évidence dans le cas d'un pays qui appelle ouvertement à la destruction du seul et unique État juif, mais vous avez agi, et nous apprécions cela», a-t-il poursuivi.

Le gouvernement de Justin Trudeau s'engageait jusqu'ici à travailler au réchauffement des liens avec Téhéran. Le Canada a rompu ses liens diplomatiques avec l'Iran en septembre 2012, sous le précédent gouvernement de Stephen Harper.

Dans les premiers mois du gouvernement Trudeau, on allait dans cette direction. Une note avec pour objectif «de vous informer de l'intention du Canada de se réengager avec l'Iran» avait été remise au ministre de l'époque, Stéphane Dion, en janvier 2016.

Ce mémo avait également été préparé à l'intention de Chrystia Freeland, qui était alors titulaire du portefeuille du Commerce international. On y faisait notamment mention de l'accord sur le nucléaire iranien.

Le Canada «continue d'appuyer» cette entente, a soutenu la ministre depuis Jérusalem, jeudi.