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30/10/2018 10:43 EDT | Actualisé 30/10/2018 14:16 EDT

Sortie amère de Mario Pelchat contre l'ADISQ... et Hubert Lenoir

«Ce sont ceux qu’on ne connaît pas, qui sont les plus marginaux, qui font parler d’eux. Ça ne représente pas la musique...»

Au lendemain du Gala de l'ADISQ, Guylaine Tanguay a fait connaître sa déception de ne pas avoir remporté le Félix de l'Interprète féminine de l'année. En entrevue à l'émission Style Libre, diffusée sur les ondes d'ICI Première, Mario Pelchat a fait écho aux propos de la chanteuse country, tout en se permettant de critiquer sévèrement l'académie, et de lancer quelques flèches à Hubert Lenoir et à Klô Pelgag.

Pour Mario Pelchat, il ne fait aucun doute que Guylaine Tanguay méritait de gagner. Pour lui, le problème, c'est que l'académie ne récompense pas la popularité des artistes.

«En France, ceux qui gagnent des trophées sont ceux qu'on connaît, qui ont joué abondamment à la radio, qui ont vendu des disques, qui ont eu du succès durant l'année, a-t-il déclaré. Ici, les artistes qui vendent des disques, qui marchent, qui ont beaucoup de succès, ce ne sont pas eux qui montent.

Ce sont ceux qu'on ne connaît pas, qui sont les plus marginaux, les plus excentriques, qui font parler d'eux pour toutes sortes d'accoutrements. Ça ne représente pas la musique.»

Comme bien des gens, Mario avait également son mot à dire sur l'attitude d'Hubert Lenoir durant le gala.

«Je suis d'accord que ça prend de la diversité, qu'Hubert Lenoir a du talent, que son excentricité dérange, mais qu'elle a sa place.

Mais ça n'a pas sa place quand tu entres ton Félix à l'intérieur de ta gorge pour essayer de te faire vomir. Quand tu sais que le Félix en question, c'est Félix Leclerc, un homme de classe, un homme respectueux, qui aurait su comment remercier le public.

Quand tu n'es même plus capable de t'adresser aux gens et que tu leur manques de respect, ça, pour moi, ça n'a pas sa place.»

Mario Pelchat a ensuite critiqué par la bande Klô Pelgag, récipiendaire du prix de l'Interprète féminine de l'année, affirmant - visiblement pas en connaissance de cause - que personne n'assistait à ses concerts.

«Guylaine Tanguay aurait dû gagner, c'est à elle que revenait ce Félix-là. Pas à quelqu'un qui n'a pas tourné du tout de l'année, dont on n'a pas entendu parler, dont les salles étaient vides.»

Pour le vétéran de la scène musicale québécoise, tout découlerait d'un problème interne, l'ADISQ ne servant plus qu'à permettre aux étiquettes de disques d'obtenir le maximum de subventions gouvernementales.

«Ce sont les boîtes abondamment subventionnées qui sont sur le comité de l'ADISQ, et elles se donnent des trophées entre elles pour continuer d'aller chercher de grosses subventions et de faire rouler leur patente.»

Aujourd'hui, je suis tanné de ça, et je ne suis pas le seul.Mario Pelchat

«J'avais trois albums dans les meilleurs vendeurs de l'année en lice, et je ne suis même pas le producteur de l'année. C'est Audiogram pour la quarantième année d'affilée, c'est un non-sens.»

Le chanteur est également déçu de voir l'académie s'ingérer désormais dans le vote de la chanson et des interprètes de l'année.

«À quel pourcentage le public a participé dans le gain de l'artiste de l'année, demande-t-il. Je serais bien curieux de le savoir. On ne le saura plus, parce que maintenant, il y a l'académie qui vote. Et l'académie, ce sont ceux à qui ça sert de faire gagner un tel ou un tel.»

Contrairement à ce que prétend le chanteur, l'ADISQ avait déjà indiqué que les votes du public et de l'académie comptaient tous deux pour 50% dans ces catégories.

Mario Pelchat conclut en soulignant qu'il choisit de faire de la musique «pour le vrai monde, pour les vraies raisons».

«Avoir un public qui vient, qui achète des disques, qui apprécie le travail qu'on fait, qu'on ait des Félix à la fin, ce n'est pas grave, ça ne fait pas de différence pour moi.»

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