BIEN-ÊTRE
26/10/2018 09:17 EDT | Actualisé 26/10/2018 09:17 EDT

Les ados ressentent très tôt les effets du sexisme

Plus du tiers des filles de 12 à 17 ans disent avoir été victimes de discrimination à cause de leur sexe.

Linda Raymond via Getty Images
La discrimination basée sur le sexe est particulièrement ressentie sur internet et dans le monde du sport, selon une enquête Ipsos réalisée auprès d'adolescents.

Les adolescents canadiens s'aperçoivent très tôt de l'inégalité fondée sur le sexe et les filles en ressentent particulièrement les effets dans les sports et le cyberespace, démontre une nouvelle enquête.

L'enquête menée en ligne auprès d'adolescents de 12 à 17 ans indique que les filles sont beaucoup plus susceptibles que les garçons d'affirmer avoir été victimes de sexisme.

Selon l'enquête Ipsos réalisée auprès de 1203 adolescents pour Guides du Canada, 35 pour cent des filles ont déclaré avoir été victimes de discrimination à cause de leur sexe, contre 21 pour cent des garçons.

«J'ai le sentiment que mes opinions ne sont souvent pas prises au sérieux parce que je ne suis pas un garçon», a répondu une participante.

L'enquête révèle que les adolescents commencent à remarquer l'inégalité entre les sexes pour la première fois vers 11 ans en moyenne. Un peu plus de la moitié des filles ont déclaré avoir constaté une discrimination entre 10 et 13 ans.

«Malheureusement, plusieurs jeunes remarquent des inégalités dans leur vie avant même d'être adolescentes, explique Guides du Canada dans un rapport sur les résultats de l'enquête. Il est crucial que nous continuions à faire pression pour comprendre et nommer le problème afin de pouvoir le résoudre ensemble.»

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L'enquête a également révélé que presque tous les adolescents interrogés ont déclaré croire en l'égalité des droits entre hommes et femmes et étaient d'avis que les personnes devraient être jugées en fonction de leurs compétences, et non de leur sexe. Au même moment, environ les deux tiers des personnes interrogées ont déclaré que la discrimination existait et un nombre important semblait détenir des stéréotypes inutiles — même si très peu de personnes pensent que les filles sont inférieures aux garçons.

Par exemple, un quart des participants ont convenu que les garçons sont plus capables que les filles d'apprendre les mathématiques et les sciences, de faire du sport ou d'assumer des rôles de leadership. En général, les garçons étaient plus susceptibles d'avoir de telles opinions.

La plupart des adolescents n'ont signalé aucune discrimination fondée sur le sexe à leur domicile, à l'école ou au travail. Parmi ceux qui l'ont fait, les garçons étaient plus susceptibles de dire qu'ils avaient été mieux traités, tandis que les filles ont déclaré avoir été moins bien traitées, notamment dans les sports et en ligne.

Un peu plus du quart des femmes interrogées ont déclaré avoir été moins bien traitées au sport ou au gymnase, ce qui les a particulièrement bouleversées. En outre, environ 24 pour cent des filles ont déclaré avoir été moins bien traitées que les garçons sur internet, y compris par le biais des médias sociaux.

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La discrimination basée sur le sexe est particulièrement fréquente sur les réseaux sociaux.

«Ce n'est pas surprenant, car il est bien documenté que les jeunes femmes sont victimes en ligne d'abus et de harcèlement, qui sont souvent de nature sexiste ou misogyne», déclarent les Guides.

Parmi les personnes interrogées, 43 pour cent des adolescents — un peu plus de la moitié des filles et un tiers des garçons — ont déclaré qu'ils se diraient féministes. Cependant, environ 30 pour cent des filles ont déclaré craindre ou hésiter à s'exprimer et à plaider en faveur de l'égalité des droits — beaucoup plus que le taux de femmes adultes ayant peur de s'exprimer signalé en 2017.

«J'ai peur d'être critiquée pour avoir défendu les droits des femmes ou insultée par des hommes qui croient au 'deux poids deux mesures' et par des garçons qui ne valorisent pas les filles», a déclaré une fille au sondeur.

Conformément à une autre enquête récente menée auprès de Canadiennes âgées de 14 à 24 ans, les trois quarts des personnes interrogées dans le sondage des Guides ont convenu que le mouvement #moiaussi avait été positif pour la société.