POLITIQUE
25/10/2018 16:53 EDT | Actualisé 25/10/2018 17:39 EDT

Logement social et abordable: Montréal accélère la cadence

La mairesse de Montréal tempère toutefois sa promesse de créer 12 000 nouvelles unités.

Associated Press

Montréal accélère la cadence en créant davantage de logements sociaux et abordables que lors des années précédentes. On est toutefois loin des 12 000 nouvelles unités promises, et la mairesse Valérie Plante ouvre la porte à ce que ce chiffre comprenne des unités déjà existantes.

Mme Plante a présenté jeudi sa stratégie pour créer ces 12 000 unités. Jusqu'à présent, des ententes pour 805 nouvelles unités ont été signées son élection, dont 320 logements sociaux et 395 logements abordables actuellement en chantier. Sous l'administration précédente, la moyenne était d'environ 590 par année selon des chiffres obtenus l'an dernier par le biais de la Loi sur l'accès aux documents des organismes publics.

À cela s'ajoutent des ententes pour rénover 250 unités abordables déjà existantes.

«L'habitation est l'une des priorités de notre administration. Les besoins pour des logements sains, abordables et sécuritaires sont grands à Montréal et nous agissons afin de mettre en place les outils pour aider la population à trouver un chez soi de qualité et confortable», affirme la mairesse.

Des chiffres à tripler

Ces chiffres sont toutefois largement insuffisants pour remplir la promesse électorale de 12 000 logements. Pour y arriver, Mme Plante mise, entre autres, sur sa promesse de forcer les promoteurs immobiliers à inclure 20% de logements sociaux, 20% de logements abordables et 20% de logements familiaux dans les grands projets résidentiels.

Un nouveau règlement en ce sens devrait arriver en 2019.

Le budget 2019 devrait aussi prévoir de nouvelles enveloppes pour des projets qui ne sont pas actuellement couverts par les programmes de subventions. Notamment pour des logements étudiants et pour la rénovation de logements abordables existants.

Le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), un groupe militant pour le droit au logement, salue l'ambition du plan de la mairesse. Sa porte-parole Céline Magontier doute toutefois que l'administration Plante parvienne à ses fins, notamment à cause des négociations nécessaires avec les gouvernements fédéral et provincial.

«On se réjouit vraiment de la réitération de l'engagement de l'administration Plante [...] Mais on se demande vraiment comment ce sera possible sans un financement adéquat des gouvernements Legault et Trudeau», dit-elle.

Pas seulement de nouvelles unités

Pour arriver à 12 000, Mme Plante souhaite comptabiliser certaines unités de logement abordable qui existent déjà et qui seront rénovées. Une partie des propriétés acquises en vertu du nouveau programme d'accession à la propriété feront aussi partie du décompte.

Or, il s'agit d'un recul par rapport à la promesse électorale formulée en 2017. Sur le site web du parti de Mme Plante, Projet Montréal, on parle seulement d'unités à construire. Le chiffre de 12 000 est d'ailleurs présenté comme un minimum.

«Valérie Plante, aspirante mairesse de Montréal, veut assurer la construction d'un minimum de 12 000 logements sociaux et abordables en quatre ans», lit-on sur le site.

En conférence de presse, Mme Plante et sa responsable de l'habitation, Magda Popeanu, ont refusé de se prononcer sur le nombre de nouvelles unités qui seront effectivement construites. Il s'agirait tout de même d'une «grande partie» du total.

Mme Magontier, du FRAPRU, s'est montrée surprise de ce recul.

«Je suis contente que la Ville se soucie de la préservation de l'existant parce que c'est quand même un problème qui est posé aux ménages qui sont dans les logements. Mais Mme Plante a quand même promis 12 000 nouveaux logements. C'est sûr qu'on a besoin de ces 12 000 logements», dit-elle.

Mme Magontier souligne que 24 000 personnes sont présentement sur une liste d'attente pour une place dans une habitation à loyer modique (HLM).

Selon plusieurs reportages médiatiques, le propriétaire d'un immeuble de la rue Marie-Anne Est profite de l'expulsion des résidents pour insalubrité pour faire des rénovations qui augmenteront fortement le coût des loyers.

Mme Magontier ajoute que le programme d'accession à la propriété ne concerne en rien les Montréalais plus démunis.

Une version précédente du texte indiquait que des ententes étaient signées pour 955 nouvelles unités et 100 unités rénovées. Un projet de 150 logements a toutefois été mal comptabilisé. Il y a 805 unités neuves et 250 unités rénovées.