POLITIQUE
24/10/2018 13:25 EDT | Actualisé 25/10/2018 10:40 EDT

Anticosti: François Legault rabroue son ministre des Ressources naturelles

La CAQ n'étudiera pas les projets pour l'exploration d'hydrocarbures dans l'éventualité où il y en aurait.

MARTIN OUELLET-DIOTTE via Getty Images
Photo d'archives.

Le gouvernement Legault fait volte-face et renonce finalement à relancer l'aventure des hydrocarbures sur l'île d'Anticosti.

Le premier ministre s'est trouvé ainsi à rabrouer son ministre des Ressources naturelles, Jonatan Julien, le jour même où il avait dit, quelques heures plus tôt, que le gouvernement allait examiner les projets dans l'éventualité où il y en aurait.

Or dans une mêlée de presse après la séance du conseil des ministres en après-midi à Québec, M. Legault a déclaré qu'il n'y avait "aucun intérêt de notre part" et qu'il n'y avait "pas de projet sur la table".

Puis il a renchéri: à propos des démarches menées actuellement par la municipalité de l'île d'Anticosti pour inscrire cet écosystème au Patrimoine mondial de l'UNESCO et ainsi le protéger, M. Legault a affirmé qu'il allait "suivre le processus de l'UNESCO".

En matinée, avant de se rendre au premier caucus officiel de la CAQ depuis qu'elle forme le gouvernement, le ministre des Ressources naturelles et de l'Énergie, Jonatan Julien, avait pourtant déclaré qu'"à partir du moment où il y aura un projet sur la table, (le gouvernement) va le regarder".

Toutefois, son collègue à l'Économie, Pierre Fitzgibbon, a quant à lui fait savoir que ce "n'est pas dans les plans" et que cela "n'est pas une priorité" pour lui.

L'île figure déjà dans la liste courte des candidates à l'inscription au Patrimoine mondial de l'organisme des Nations unies. Le gouvernement Couillard avait même accordé 400 000 $ pour accompagner la municipalité dans l'élaboration de son dossier de candidature, une candidature que le fédéral appuie également.

Rappelons qu'à l'origine, c'est le gouvernement péquiste de Pauline Marois qui s'était lancé dans l'aventure en 2014 en annonçant un investissement de 115 millions $ avec des entreprises privées pour prospecter le potentiel d'hydrocarbures de l'île. Le gouvernement Couillard avait par la suite mis un frein au projet. Québec avait ensuite dû verser plus de 60 millions $ en indemnisation aux entreprises.