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24/10/2018 09:30 EDT | Actualisé 25/10/2018 07:13 EDT

Des engins explosifs envoyés aux Clinton, à Obama et à CNN

Les forces de l'ordre ont indiqué que l'engin explosif envoyé à la résidence des Clinton était «fonctionnel».

Les forces de l'ordre américaines sont intervenues mardi et mercredi après la découverte de colis suspects envoyés à Hillary Clinton, à Barack Obama, au bureau new-yorkais de la chaîne CNN et à d'autres adresses liées à des personnalités politiques associées au Parti démocrate.

Le Secret Service des États-Unis, chargé de la protection du président, des anciens présidents et de certaines personnalités, a intercepté mardi soir un engin explosif envoyé à la résidence des Clinton dans l'État de New York. Le colis destiné à la résidence des Obama à Washington a été intercepté mercredi.

Un colis suspect a également été livré au bureau de Manhattan du gouverneur de l'État de New York, Andrew Cuomo.

Les enquêteurs croient que le colis envoyé à Mme Clinton est lié à celui qui a été trouvé lundi chez le milliardaire George Soros, a déclaré un responsable à l'Associated Press. Ni Mme Clinton ni M. Obama n'a reçu de colis, et aucun des deux n'a couru le moindre risque en raison des procédures de tri en vigueur, a assuré le Secret Service dans un communiqué.

Un autre paquet était destiné à l'ancien procureur général, Eric Holder, mais il s'est plutôt retrouvé au bureau de la représentante Deborah Wasserman Schultz, en Floride, dont l'adresse figurait en tant qu'expéditeur.

Aucune des bombes artisanales n'a explosé, alors qu'elles ont toutes été interceptées et maîtrisées au terme d'une journée chargée d'angoisse qui ravive les tensions à deux semaines des élections de mi-mandat.

La Maison-Blanche a rapidement condamné "les tentatives d'attaques violentes contre le président Obama, le président (Bill) Clinton, la secrétaire Clinton, et d'autres personnalités connues".

"Ces actes de terreur sont méprisables, et quiconque en est responsable devra en répondre dans la pleine mesure de la loi", a indiqué dans un communiqué la porte-parole Sarah Huckabee Sanders.

Le président Donald Trump et le vice-président Mike Pence ont également dénoncé les événements.

"Les menaces et les actes de violence politiques n'ont pas leur place aux États-Unis", a condamné le président Trump. "Ce comportement monstrueux est odieux."

Les leaders démocrates au Sénat et à la Chambre, Chuck Schumer et Nancy Pelosi, ont répliqué que de tels mots "sonnent creux" venant de la part de Donald Trump. Ils ont rappelé les éloges du président envers un membre du Congrès qui a récemment brutalisé un journaliste.

La chaîne CNN aussi visée

Mme Clinton faisait campagne en faveur des candidats démocrates en Floride mardi et mercredi, et elle ne se trouvait pas à la résidence familiale de Chappaqua, dans l'État de New York, lorsque le colis a été trouvé. L'ancien président Clinton y était, mais le paquet a été intercepté dans un centre de tri du comté de Westchester, à une certaine distance de Chappaqua.

Les forces de l'ordre ont décrit aussi bien des "engins explosifs potentiels" que des "engins explosifs fonctionnels".

Le bureau de New York de la chaîne CNN a par ailleurs été évacué en raison d'un colis suspect. Le colis a été découvert dans une salle de courrier, puis transporté par l'escouade antibombe. On ne sait pas encore s'il est relié aux autres paquets.

Jeff Zucker, président de CNN Worldwide, s'est gardé de blâmer la rhétorique de l'administration Trump, mais il appelle la Maison-Blanche à mesurer l'impact de leurs attaques répétées envers les médias.

"Le président, et en particulier la porte-parole de la Maison-Blanche, doivent comprendre que leurs mots sont importants. Jusqu'à présent, ils n'ont montré aucune compréhension de cela", a-t-il déclaré.

Le commissaire de la police de New York a révélé que le colis contenait un explosif et une enveloppe de poudre blanche. Deux sources au sein des forces de l'ordre avaient précédemment indiqué qu'il s'agissait d'une bombe-tuyau rudimentaire, mais fonctionnelle. Le colis était adressé à John Brennan, l'ancien directeur de la CIA qui s'exprime fréquemment en ondes et qui compte parmi les principaux détracteurs du président Trump.

Le responsable de la lutte contre le terrorisme à New York, John Miller, a estimé qu'un seul individu ou groupe d'individus était responsable de tous les envois.

En Floride, la police examinait mercredi deux colis suspects envoyés aux bureaux de Mme Wasserman Schultz.