POLITIQUE
22/10/2018 01:10 EDT | Actualisé 22/10/2018 10:34 EDT

«Tout le monde en parle» : Serge Fiori confronte Jean Chrétien sur l’indépendance du Québec

«Pourquoi ne pas voir le Québec comme un pays?» a demandé le chanteur à l’ancien premier ministre du Canada.

L'entrevue avec l'ancien premier ministre Jean Chrétien a provoqué de vifs débats lors de l'émission du 21 octobre 2018.
Radio-Canada/Karine Dufour
L'entrevue avec l'ancien premier ministre Jean Chrétien a provoqué de vifs débats lors de l'émission du 21 octobre 2018.

Le chanteur Serge Fiori a confronté l'ancien premier ministre du Canada, Jean Chrétien, sur ses convictions fédéralistes lors de son passage à l'émission Tout le monde en parle.

«Pourquoi ne pas voir le Québec comme un pays? Pourquoi vous ne pouvez pas reconnaître la beauté du Québec comme un pays dans sa langue, dans sa culture, dans ses institutions, dans ses ressources? Je ne peux pas comprendre ça», s'est étonné l'ancien chanteur de Harmonium.

«Bien, écoutez, parce que vous n'êtes pas de mon avis», a répliqué M. Chrétien, qui a mené la charge contre le camp du «Oui» lors du référendum de 1995.

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«Si vous parlez français aujourd'hui, c'est parce que le Canada existait. Les Canadiens-français de l'époque ont décidé de rester avec la Couronne britannique parce qu'ils nous donnaient des meilleures garanties au point de vue de notre religion et de notre langue.»

La déclaration de l'ancien politicien a fait bondir la journaliste Denise Bombardier, à ses côtés sur le plateau de télévision.

«Mais M. Chrétien, on ne peut pas dire que c'est le Canada qui a fait que les Québécois parlent encore français. À travers le Canada, toutes les communautés francophones ont à peu près disparu», a-t-elle dit en citant l'exemple du Manitoba.

«Le nationalisme québécois, ça a été le vecteur qui a permis au français d'exister et de persister», a affirmé Mme Bombardier. «Exact!» a opiné M. Fiori en arrière-fond.

Déjà publié sur le HuffPost:

«On a gardé notre langue, a renchéri M. Chrétien. Si nous étions devenus des Américains, on ne parlerait pas le français. Il serait arrivé ce qui est arrivé avec la Louisiane et ce qui est arrivé avec la Nouvelle-Angleterre.»

La nuit des longs couteaux, des fake news?

M. Chrétien était de passage à TLMEP pour parler de son nouveau livre Mes histoires, qu'il publie 25 ans après son élection comme premier ministre du Canada. Il y raconte des anecdotes et ses souvenirs de la vie politique.

Dans son livre, il déclare que la «nuit des longs couteaux» du 4 novembre 1981 n'est qu'une «légende à la vie dure» et nie toute conspiration à l'égard du Québec, en négociant avec les autres provinces jusqu'aux petites heures de la nuit pour une nouvelle constitution pour le Canada qui sera rapatriée l'année suivante.

M. Chrétien, qui était le ministre de la Justice à l'époque, dit qu'il n'en est rien et qu'il était de retour chez lui à 23h ce soir-là. C'est à ce moment-là que son homologue de la Colombie-Britannique lui a confirmé qu'il avait l'appui de sept provinces.

Mme Bombardier a réitéré qu'il y a plus d'une version à cet événement qui a changé le cours de l'histoire: «Les historiens départageront. C'est ce que raconte le premier ministre, mais il y a aussi l'autre façon de raconter l'histoire.»

Radio-Canada/Karine Dufour
Denise Bombardier fait les gros yeux à Jean Chrétien.

«Madame, pouvez-vous contester ce que je viens de dire, que j'étais dans le même lit qu'Aline ce soir-là?» a sursauté M. Chrétien.

«Bien, je n'étais pas là. Je n'ai pas été invitée!» a rétorqué Mme Bombardier.

Pas de «pot» pour M. Chrétien

S'exprimant sur le sujet de l'heure – le cannabis – l'ancien premier ministre a confirmé qu'il était d'accord avec la légalisation. «Je ne fumerai pas pour autant!» précise-t-il.

L'hilarité générale s'est emparée des invités au moment de faire connaître le vin de la soirée. «À partir de maintenant, on ne va plus demander à Diane: "Puis, qu'est-ce qu'on boit ce soir, mais qu'est-ce qu'on fume?"» a rigolé M. Fiori.

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«Apparemment, il y a des biscuits avec (du pot). J'ai peur que vous m'en donniez un ce soir!» a répondu M. Chrétien

Alors que Guy A. Lepage lui faisait remarquer qu'il était toujours aussi «alerte» à 84 ans, l'ancien premier ministre y est allé d'une autre blague.

«J'ai une sœur qui a 99 ans et neuf mois et elle met de l'argent de côté pour ses vieux jours. Alors vous n'êtes pas à veille de vous débarrasser de moi!»