POLITIQUE
22/10/2018 11:39 EDT | Actualisé 22/10/2018 13:42 EDT

Montréal: 1M$ pour faire avancer la ligne rose

La mairesse Valérie Plante lance un «cri du coeur» face aux réticences exprimées par le nouveau premier ministre, François Legault.

Olivier Robichaud
Valérie Plante annonce la création d'un bureau de projet pour la ligne rose du métro.

La mairesse de Montréal Valérie Plante a annoncé deux nouvelles mesures pour faire avancer son projet phare, la future «ligne rose» du métro. Un nouveau bureau de projet doté d'un budget de 1M$ mènera notamment des études sur l'implantation de la ligne.

Le nouveau bureau étudiera notamment les possibilités de développement dans les quartiers qui seraient desservis par la ligne de métro. Il devra aussi analyser les besoins en mobilité qui découleront de son implantation.

Selon la mairesse, le bureau de projet travaillera de concert avec l'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), qui analyse les questions techniques comme la technologie à favoriser et les sites les plus propices à la construction des stations.

À ce bureau s'ajoute un comité aviseur formé de six experts du milieu de l'urbanisme, de l'environnement et du développement économique.

«Cri du coeur»

Cette annonce survient quelques jours après la nomination du conseil des ministres de François Legault et de la Coalition avenir Québec (CAQ). Par le passé, M. Legault a émis de sérieuses réserves sur la ligne rose. Il a ensuite promis d'attendre les résultats des études de l'ARTM.

Mme Plante souligne toutefois que la lutte aux changements climatiques, au Québec, passe nécessairement par une réduction de la consommation d'essence en transport.

«C'est un cri du coeur que j'envoie, mais ça demeure la seule et unique façon de vraiment contribuer de façon notable et efficace contre les changements climatiques et pour atteindre nos cibles québécoises et montréalaises de diminution de gaz à effet de serre», lance-t-elle.

Conflit avec la Rive-Nord?

Le transport risque toutefois d'être un point d'achoppement entre la CAQ et l'administration Plante, et aussi entre Montréal et les banlieues. La semaine dernière, alors que la Communauté métropolitaine de Montréal émettait un communiqué conjoint pour combattre l'étalement urbain, les élus de la Rive-Nord réclamaient des prolongements d'autoroutes.

Faire des axes routiers seulement ne règle en rien la congestion.Valérie Plante

La CAQ a remporté presque tous les sièges de la Rive-Nord le 1er octobre, alors qu'elle ne compte que deux élus à Montréal. Questionnée sur l'influence accrue de la banlieue nord, Mme Plante a répliqué que les autoroutes ne sont pas la solution aux problèmes de congestion.

«Je comprends leurs problèmes de congestion. Je ne les nie pas. Mais un moment donné, il faut se demander ce qu'on veut faire sur le long terme. Si on doit faire des tronçons de route, il faut absolument que ça soit axé davantage sur le transport collectif. [...] Faire des axes routiers seulement ne règle en rien la congestion. Au contraire, ça tend à l'augmenter», dit-elle.

Un «bureau de lobby»

Le chef de l'opposition à l'hôtel de ville, Lionel Perez, estime que le nouveau bureau est «prématuré» et le qualifie de «bureau de lobby» destiné à convaincre le gouvernement que la ligne rose est une bonne idée.

M. Perez souligne que l'ARTM n'a pas encore décidé d'inclure la ligne rose dans sa planification stratégique, ni quel itinéraire privilégier ou si le métro est la meilleure solution pour les secteurs desservis.

«À l'aube du premier anniversaire de son mandat, rien n'a été fait sur la ligne rose. Mme Plante se sent interpellée justement pour faire croire que quelque chose arrive. Ce sont des fonds qui vont être dépensés sans avoir d'orientations de l'ARTM sur la façon de procéder», lance-t-il.

Le plan stratégique de l'ARTM devrait être présenté en 2019. Il jettera les bases du développement du transport collectif pour les 10 prochaines années.