POLITIQUE
17/10/2018 14:24 EDT | Actualisé 17/10/2018 16:00 EDT

Les députés solidaires ont prêté serment à la reine en privé

«Un rituel archaïque et franchement désagréable!» selon Manon Massé.

Manon Massé en compagnie des nouveaux élus solidaires, lors d'une rencontre le 5 octobre 2018.
La Presse canadienne
Manon Massé en compagnie des nouveaux élus solidaires, lors d'une rencontre le 5 octobre 2018.

QUÉBEC – Les dix députés de Québec solidaire n'ont pas prêté serment à la reine Élisabeth II devant public. Ils ont plutôt opté pour dire cette partie en privé, afin d'éviter ce qu'ils voient comme une humiliation.

«Comme les règles actuelles le demandent, nous avons, plus tôt cet après-midi, tous et toutes signé le registre et prêté les serments exigés, a confirmé la chef parlementaire Manon Massé lors de son allocution. Nous l'avons fait en privé, question de vous épargner, chers invités, le serment d'allégeance à la reine, un rituel archaïque et franchement désagréable!»

Les élus ont opté pour une autre formule afin de prêter allégeance au peuple du Québec – la deuxième partie du serment qui est exigé pour chaque député assermenté. Ils se sont levés un à un en disant leur nom, puis ont entonné leur serment à l'unisson.

C'est en discutant avec le secrétariat général que les solidaires ont réussi à trouver un compromis pour pouvoir être assermentés comme députés «tout en se respectant».

Québec solidaire compte présenter un projet de loi afin de «libérer les parlementaires» du serment d'allégeance à la reine d'Angleterre.

Pas une première

Ce n'est pas la première fois qu'un parti indépendantiste refuse de prêter serment à la reine en public. En 2012, l'assermentation des ministres du gouvernement péquiste de Pauline Marois s'était déroulée en privé, comme le rappelle le chef par intérim du Parti québécois Pascal Bérubé.

Lors de la 42e législature, les députés solidaires comptent miser leurs efforts afin d'avoir un mode de scrutin mixte, proportionnel et à répartition régionale. Ils comptent aussi talonner le gouvernement Legault afin de lutter contre les changements climatiques.

«Actuellement, il y a une urgence qui s'appelle l'urgence climatique. Je ne comprends qu'on n'ait pas entendu M. Legault parler de ça au lendemain de l'élection», déplore Mme Massé.

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