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17/10/2018 17:13 EDT | Actualisé 17/10/2018 17:21 EDT

Cannabis: Des travailleurs de la SQDC ont déjà joint les rangs de syndicats

La FTQ et la CSN font campagne pour attirer les employés vers leurs organisations.

PC/Ryan Remiorz

MONTRÉAL — Alors que les 12 premières boutiques de cannabis ont ouvert leurs portes au Québec, des travailleurs de la Société québécoise du cannabis (SQDC) ont déjà choisi par quel syndicat ils désiraient être représentés en vue de la négociation d'un contrat de travail avec la société d'État.

Les Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC), affilié à la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), a annoncé mercredi que des requêtes en accréditation avaient été déposées auprès du Tribunal administratif du travail la veille pour les employés des succursales de Rimouski, dans le Bas-Saint-Laurent, ainsi que celle située sur la rue Saint-Hubert, à Montréal.

Ce syndicat est très présent dans le secteur du commerce de détail, comme les grandes bannières d'épiceries et quincailleries de grande surface.

«Nous croyons être les mieux outillées pour représenter ces travailleurs, a dit le président québécois des TUAC, Antonio Filato, au cours d'un entretien téléphonique. Aux États-Unis, il y a des États qui ont légalisé le cannabis, comme Washington. Là-bas, des boutiques spécialisées sont syndiquées avec nous.»

L'article continue sous cette vidéo:

Plusieurs syndicats, tant à la FTQ qu'à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), font campagne depuis un certain temps afin de représenter les employés de la SQDC. Des représentants des trois organisations étaient même présents aux alentours des boutiques, mercredi, pour interpeller les travailleurs.

C'était notamment le cas de Pascale Sauvageau, du Syndicat des employés de magasin et de bureau de la SAQ, affilié à la CSN, qui se trouvait tout près de la succursale de Lebourgneuf à Québec.

«Cela fait 54 ans que l'on s'occupe de gérer des conventions collectives avec le gouvernement (...) nous avons quand même une bonne expérience en relation de travail, a-t-elle dit, pendant une entrevue. Nous venons relancer les employés et leur dire que nous sommes ici s'ils veulent nous écouter.»

En plus des TUAC et de la CSN, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), également affilié à la FTQ, est intéressé à représenter des employés de la filiale de la Société des alcools du Québec (SAQ).

Toutefois, en fin d'après-midi, le SCFP ainsi que la CSN n'avaient rien à annoncer concernant le dépôt de requêtes en accréditation.

«La campagne se poursuit et le jeu est loin d'être terminé, a indiqué le conseiller syndical Pierre-Guy Sylvestre, au cours d'un entretien téléphonique. Nous sommes présents dans les sociétés d'État en plus d'avoir le plus important fonds de grève au Canada.»

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On parle pour le moment de 300 à 400 employés, d'ici la fin de l'année, jusqu'à 20 succursales dans l'ensemble du Québec, à raison de 15 à 20 employés par succursale, rémunérés au taux de 14 $ l'heure au départ.

La CSN et le SCFP ont déjà dit trouver nettement insuffisant le salaire annoncé de 14 $ l'heure, ayant récemment évoqué un taux horaire supérieur à 20 $ l'heure.

Premier à annoncer le dépôt de requêtes en accréditation, M. Filato a dit espérer que cela incitera d'autres travailleurs de la SQDC à venir gonfler les rangs des TUAC dans le but d'avoir le meilleur «rapport de force possible» avec l'employeur.

De son côté, la SAQ, qui a piloté le déploiement des boutiques de cannabis, n'a pas voulu commenter les démarches des trois organisations, affirmant qu'il revenait aux employés de décider ou non s'ils voulaient se syndiquer.

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L'emplacement des premières boutiques de la SQDC: