POLITIQUE
17/10/2018 19:10 EDT | Actualisé 17/10/2018 19:21 EDT

Cannabis: Des voix s'élèvent pour demander la décriminalisation de toutes les drogues

Certains organismes estiment que la prohibition est néfaste et coûteuse.

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OTTAWA — Maintenant que le cannabis est légal au Canada, le gouvernement fédéral devrait-il songer à décriminaliser voire légaliser toutes les autres drogues ?

Le Réseau juridique canadien VIH/sida, un organisme qui défend les droits des personnes qui sont atteintes de cette maladie, a invité Ottawa mercredi à réfléchir à la question.

«La prohibition, c'est néfaste, c'est coûteux, ça endommage la santé publique, ça nuit aux droits de la personne sans atteindre son but, celui de la protection de la santé publique et de l'ordre public», a résumé le directeur général de l'organisme, Richard Elliott.

Criminaliser la possession simple de drogues, comme l'héroïne, contribue, selon cet organisme, à de nouvelles infections du VIH et de l'hépatite C. Les consommateurs stigmatisés vont également avoir davantage tendance à éviter le système de santé.

Ça ne devrait pas être un crime d'être en possession d'héroïne ou de cocaïne. C'est un enjeu de santé publique et il faut le traiter comme un enjeu de santé publique.Richard Elliott

La décriminalisation de la possession simple de drogue permettrait, selon lui, de réduire les effets néfastes associés à la consommation et permettrait de mieux traiter la toxicomanie. Mais il croit que la réflexion doit aller encore plus loin.

«D'un autre côté, il faut explorer quelles seraient les possibilités de réglementer l'offre de telles substances, a ajouté M. Elliott. Il y a plusieurs modèles et nous n'avons pas toutes les réponses en ce moment, mais c'est parce que nous sommes toujours dans cette mentalité de criminaliser les choses.»

L'idée serait d'assurer un accès à un produit dont la qualité est connue, ce qui pourrait réduire les risques de surdose.

L'organisme invite donc les parlementaires à changer d'approche et à aborder l'enjeu de la prohibition des drogues sous l'angle plus nuancé de la santé publique. Cette question est d'autant plus urgente avec la crise des opioïdes, selon M. Elliott.

«Les personnes qui souffrent de toxicomanie sont en train de mourir parce qu'elles n'ont pas accès aux services et parce qu'elles font face à un marché toxique illicite», a-t-il soutenu.

«Pas rendus là»

Le premier ministre Justin Trudeau a déjà fermé la porte en avril, après l'adoption d'une résolution par les militants libéraux lors de leur dernier congrès. Ceux-ci voulaient que leur parti considère la décriminalisation de «la possession et la consommation de faibles quantités de drogues» pour les transformer en «infractions administratives».

«On n'est certainement pas rendus là, a affirmé mercredi le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, avant la période des questions.

«Là, l'important est de faire en sorte que la loi qui entre en vigueur aujourd'hui s'applique pour atteindre les objectifs que vous connaissez déjà très bien.»

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Le gouvernement libéral a répété à maintes reprises que la légalisation du cannabis visait à contrer le crime organisé et à protéger les enfants contre la consommation de cette drogue.

Le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, croit que le gouvernement devrait envisager la décriminalisation des drogues.

«Il faut avoir une approche de santé, une approche de réhabilitation, une approche d'avoir du soutien, ça c'est l'approche pour vraiment sauver des vies et aider des gens», a-t-il affirmé.

Les néo-démocrates prônent la décriminalisation de la possession de drogue tout en augmentant les ressources financières allouées pour le traitement de la toxicomanie. Une résolution en ce sens avait été adoptée lors de leur dernier congrès en février.

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