POLITIQUE
11/10/2018 14:08 EDT | Actualisé 11/10/2018 16:36 EDT

Le Parti libéral commence à penser à la course au leadership

Sébastien Proulx et Pierre Moreau pourraient être sur les rangs pour succéder à Philippe Couillard.

Pierre Moreau et Sébastien Proulx
La Presse canadienne
Pierre Moreau et Sébastien Proulx

QUÉBEC — Le Parti libéral du Québec (PLQ) pense déjà à l'après-Couillard. Les ministres sortants, réunis à Québec jeudi, ont commencé à se positionner en vue de la prochaine course au leadership.

Sébastien Proulx, fraîchement nommé leader parlementaire de l'opposition officielle, n'a pas écarté la possibilité de se présenter comme candidat à la chefferie.

Il a nié profiter d'avantages "indus" par rapport à d'autres et causer un malaise au sein de son caucus. À titre de leader, il bénéficiera notamment d'une équipe et d'un budget, ainsi que d'une grande visibilité.

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"Le leader parlementaire, c'est vrai que c'est quelqu'un qui est actif dans le cadre des travaux parlementaires, mais ce n'est pas celui qui pose toutes les questions à l'Assemblée nationale", a-t-il plaidé, en insistant également sur le fait que la course n'était pas commencée.

La coutume veut que les officiers parlementaires, soit le chef intérimaire, le leader, le whip et le président du caucus, ne s'impliquent pas dans une course à la direction. Mais pour l'instant, aucune règle n'empêche M. Proulx de briguer la direction du PLQ.

S'il décidait de tenter sa chance, le député de Jean-Talon laisse entendre qu'il démissionnerait de son poste de leader parlementaire, au moment opportun. "Oui, je vais me gouverner en conséquence", a-t-il signifié.

Moreau et Fortin en réflexion

Sébastien Proulx n'était pas le seul à commenter la prochaine course à la chefferie, jeudi, en marge du tout dernier conseil des ministres présidé par Philippe Couillard.

Le ministre défait Pierre Moreau, ainsi que le député réélu dans Pontiac, André Fortin, se sont également mouillés. Ils pourraient être sur les rangs pour succéder à M. Couillard.

J'ai une passion pour la politique. Ce serait très présomptueux pour moi de dire que je ferme cette porte-là.Pierre Moreau

L'ex-vice-première ministre, Dominique Anglade, elle, a choisi de ne pas ouvrir son jeu. Elle a cependant clamé que le prochain chef devra être "imprégné de ce qui se passe au niveau de la base militante".

"On est en réflexion, on en discute en famille aussi, voir si c'est la meilleure chose pour notre famille", a confié M. Fortin aux courriéristes parlementaires, en ajoutant que des gens étaient en ce moment "très gentils avec nous, disons".

Interrogé à son tour, M. Moreau a fait valoir qu'il était "passionné" de politique. "Je ne ferme la porte à rien du tout, au contraire", a-t-il dit.

Pour sa part, le ministre des Finances sortant, Carlos Leitao, a semblé exclure d'emblée la candidature de Pierre Moreau. Il s'est prononcé en faveur d'une course à la chefferie mettant en vedette de jeunes politiciens.

"Je suis d'avis que le prochain chef du Parti libéral devrait être quelqu'un d'une autre génération", a-t-il affirmé.

Qu'importe, le sexagénaire Moreau pourrait être sur la ligne de départ. "Si on est d'avis que le résultat de la dernière élection est basé sur le changement, ce changement est incarné par quelqu'un qui est plus vieux que moi", a-t-il lancé, sourire en coin. Il compte s'investir dans la reconstruction du PLQ.

Le PLQ perd un autre député

Les ministres sortants se sont par ailleurs désolés d'avoir perdu un troisième député depuis le 1er octobre.

Mercredi soir, le Parti québécois (PQ) a gagné son pari et fait élire Méganne Perry-Mélançon dans la circonscription de Gaspé, au terme d'un dépouillement judiciaire.

Les libéraux sont donc passés de 32 élus à 29, après la démission du chef Philippe Couillard, l'expulsion du député de Chomedey, Guy Ouellette, et la défaite de leur candidat dans Gaspé, Alexandre Boulay.

"Nous on croyait qu'Alexandre Boulay représentait la relève pour notre parti, une des figures fortes en région, a déclaré le chef intérimaire du PLQ, Pierre Arcand. C'est sûr que c'est très décevant."

Temps de parole du PQ et de QS

Reconnaissant le multipartisme au Québec, les libéraux ont dit vouloir discuter entre eux et avec les autres partis du temps de parole à accorder au PQ et à Québec solidaire.

Ces deux partis, qui n'ont fait élire que 10 députés chacun, n'ont pas le statut officiel de groupe parlementaire, qui permet notamment d'obtenir de précieux budgets de recherche.

Leur temps de parole sera très limité lors de la période de questions et pendant les commissions parlementaires, à moins que le gouvernement de la CAQ et l'opposition officielle libérale en décident autrement.

Par ailleurs, jeudi, le conseil des ministres sortant a nommé Yves Ouellet secrétaire général et greffier du Conseil exécutif.

Il entrera en poste à compter du 18 octobre, tel que souhaité par le premier ministre désigné, François Legault.

M. Ouellet est actuellement membre du conseil d'administration et président-directeur général de la Société québécoise des infrastructures.

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