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09/10/2018 19:23 EDT | Actualisé 11/10/2018 14:17 EDT

Des politiques insensées pour la consommation de cannabis des policiers?

L'Association canadienne des policiers se demande pourquoi certains services traitent le cannabis différemment d'autres produits tout aussi légaux.

L'Association canadienne des policiers estime que certains services de police songent à appliquer des politiques insensées et carrément insultantes afin d'encadrer la consommation de cannabis chez les agents qui ne sont pas en service, une fois que l'utilisation récréative de la marijuana deviendra légale au Canada dans une semaine.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) et le Service de police de Toronto envisageraient d'interdire toute consommation de cannabis un mois avant le début d'un quart de travail. À Calgary, cette politique est encore plus stricte: la grande majorité des policiers ne pourraient tout simplement pas «fumer un joint» pendant leurs temps libres.

Tom Stamatakis, président de l'Association canadienne des policiers, se demande pourquoi certains services traitent le cannabis différemment d'autres produits tout aussi légaux qui peuvent altérer les facultés — comme l'alcool ou les médicaments sur ordonnance. Il estime que les états-majors ne font pas confiance aux policiers pour décider s'ils sont aptes à se présenter au travail.

Le président de l'association affirme en entrevue qu'il n'y a eu aucune consultation sérieuse sur l'élaboration et la mise en oeuvre de politiques raisonnées qui seraient basées sur la majorité plutôt que sur les cas particuliers.

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Les services de police d'Ottawa et de Vancouver font partie des corps policiers qui se sont dotés de politiques particulièrement permissives en la matière: ils autorisent la consommation de cannabis en dehors des heures de travail, sans restriction de temps, à condition que les policiers soient aptes à assumer leurs fonctions.

En revanche, l'Association canadienne des policiers a appris que la GRC interdirait à ses membres de consommer du cannabis 28 jours avant le travail.

«Cela équivaut dans les faits à une interdiction totale», a estimé M. Stamatakis.

La GRC, qui travaillait toujours sur sa politique la semaine dernière, n'avait aucun commentaire supplémentaire à formuler mardi.

L'Association des policiers de Toronto n'a pas encore reçu la directive officielle du plus important corps policier municipal du pays. Elle procédera alors à une analyse juridique de son contenu afin de s'assurer «qu'elle est conforme aux conventions collectives, aux lois, aux droits et libertés de la personne, et à la jurisprudence», a indiqué son président, Mike McCormack.

Le gouvernement a rappelé qu'il est interdit de se trouver dans un lieu de travail de juridiction fédérale avec les facultés altérées, y compris par l'alcool, les opioïdes, le cannabis ou toute autre drogue légale ou illégale. Le Secrétariat du Conseil du Trésor a demandé aux ministères et agences de mettre à jour leurs codes de conduite et leurs politiques connexes afin de tenir compte de la légalisation du cannabis, le 17 octobre.

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