POLITIQUE
07/10/2018 21:43 EDT | Actualisé 07/10/2018 21:47 EDT

«Tout le monde en parle»: Chrystia Freeland tente de se faire rassurante sur l'AEUMC

«Pour moi, la chose la plus importante, c'est qu’on ait réussi à maintenir la gestion de l’offre...»

Radio-Canada

La ministre fédérale des Affaires étrangères Chrystia Freeland était de passage sur le plateau de Tout le monde en parle, ce dimanche 7 octobre, pour faire le point sur l'Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC), conclu de justesse le 30 septembre dernier.

D'entrée de jeu, Chrystia Freeland a réitéré que le Canada n'a pas simplement cherché à limiter les dégâts au cours de ces (très longues) négociations.

«L'objectif était vraiment de maintenir notre accès au marché américain, qui est tellement important pour le Canada, incluant le Québec, a-t-elle déclaré. Mais nous avons également réussi à gagner quelque chose. Nous avons un chapitre sur l'environnement qui est beaucoup plus robuste et efficace. Nous avons un chapitre sur le travail, aussi beaucoup plus efficace.»

Colère et inquiétudes

Guy A. Lepage a ensuite questionné son invitée au sujet des concessions qu'a dû faire le gouvernement Trudeau pour parvenir à cette entente, notamment au niveau de la gestion de l'offre.

Le fait que le marché canadien soit plus ouvert aux producteurs laitiers, de volaille et d'oeufs américains, mais que le marché américain ne soit pas plus ouvert aux producteurs canadiens a évidemment semé la consternation chez ces derniers.

«Au début des négociations, les Américains ont demandé qu'on abolisse complètement la gestion de l'offre au Canada. Et on a dit non... beaucoup de fois, a expliqué la ministre. Pour moi, la chose la plus importante, c'est qu'on ait réussi à maintenir la gestion de l'offre.»

Chrystia Freeland a néanmoins affirmé qu'elle comprenait les inquiétudes des producteurs, et réitéré que ces derniers seraient compensés financièrement.

«C'est vrai qu'on a donné plus d'accès à notre marché aux Américains. Mais la chose la plus importante maintenant, c'est de parler avec nos producteurs, d'organiser une compensation juste et équitable.»

Pour la ministre, il est également primordial que les consommateurs canadiens fassent leur part en achetant des produits d'ici.

Radio-Canada

Alliés ou ennemis?

Chrystia Freeland, qui a été élue diplomate de l'année par le magazine américain Foreign Policy, a ensuite été invitée à décrire les relations entre le Canada et les États-Unis, notamment en raison des menaces proférées par le président américain Donald Trump durant les négociations.

«Ils sont nos alliés. Ils sont nos voisins. Ils sont nos alliés stratégiques. Les États-Unis sont le plus grand marché pour le Canada, a affirmé Chrystia Freeland. Mais une chose que les Américains ne comprennent pas toujours, c'est que le Canada est aussi le marché le plus important pour les États-Unis.

À cause de ces relations si proches, le commerce entre le Canada et les États-Unis, c'est plus de deux milliards de dollars chaque jour. À cause de ça, c'est normal qu'il y ait des moments de stress.»

Je me souviens toujours que je suis payée en dollar canadien et que mon travail, aux tables de négociations, c'est de défendre la position du Canada.Chrystia Freeland

Chrystia Freeland a aussi commenté le déroulement des négociations, qui lui ont parfois fait perdre son calme, a-t-elle confié, de même que l'importance de défendre le Canada au-delà des intérêts économiques.

«Nous étions toujours polis, nous avons toujours utilisé des arguments basés sur des donnés, a affirmé la ministre. Nous avons toujours cherché les compromis, mais à la fin, nous avons aussi été fermes dans la défense des intérêts nationaux.»

«Pendant les négociations de l'ALENA, nous avons défendu l'intérêt national, surtout économique. Mais c'est important aussi de défendre nos valeurs, notre démocratie», a-t-elle martelé.

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