POLITIQUE
07/10/2018 13:35 EDT | Actualisé 07/10/2018 13:36 EDT

Organisation internationale de la Francophonie: François Legault attend des assurances avant de choisir

Michaëlle Jean est toujours dans la course pour conserver son poste de secrétaire générale de l'OIF.

Michaëlle Jean et Louise Mushikiwabo s'affrontent pour obtenir la direction de l'Organisation internationale de la Francophonie.
FRANCOIS GUILLOT via Getty Images
Michaëlle Jean et Louise Mushikiwabo s'affrontent pour obtenir la direction de l'Organisation internationale de la Francophonie.

Le nouveau gouvernement du Québec réserve sa décision sur le vote pour la direction de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qui oppose la Rwandaise Louise Mushikiwabo à la Canadienne Michaëlle Jean, candidate à sa propre succession, a indiqué dimanche un porte-parole.

Le Québec et le Canada sont le deuxième contributeur de l'OIF, derrière Paris.

"Concernant le poste de secrétaire générale de la Francophonie, nous avons demandé un rapport au Conseil exécutif tout en mettant l'accent sur les attentes de notre nouveau gouvernement à l'égard de l'OIF: transparence, bonne gestion des finances de l'organisation et une culture de résultats", a déclaré à l'AFP Ewan Sauves, porte-parole de François Legault, premier ministre désigné.

Le premier ministre désigné François Legault souhaite recevoir ces assurances avant de se prononcerEwan Sauves

Le gouvernement québécois sortant avait, comme Ottawa, appuyé un second mandat de Mme Jean, après avoir exprimé des réserves à l'égard de la gestion et du train de vie de cette ancienne Gouverneure générale du Canada --représentante de la reine d'Angleterre, chef d'Etat en titre du Canada-- née en Haïti et ex-journaliste vedette de Radio-Canada.

Les médias québécois ont pointé les dépenses, qualifiées de "somptueuses", de la Francophonie pour Mme Jean et sa famille, comme la rénovation de sa résidence officielle pour 500 000 $.

François Legault, qui compte former son gouvernement le 18 octobre, doit partir mardi pour assister à Erevan au Sommet de l'OIF qui se tient jeudi et vendredi. Les chefs d'Etat et de gouvernement de la Francophonie doivent alors voter pour la direction de l'organisation.

Mme Jean, qui brigue un second mandat, est opposée à Mme Mushikiwabo, ministre des Affaires étrangères rwandaise qui a notamment reçu l'appui du président français Emmanuel Macron, désireux de voir la direction de l'OIF revenir à un Africain. Elle a également reçu l'assurance du "soutien collectif" des dirigeants de l'Union africaine (UA).

La candidature de la diplomate rwandaise a fait sourciller des défenseurs des droits de l'homme, telle l'ONG Reporters sans Frontières (RSF) qui s'est "inquiétée" que la ministre d'un pays qui "dispose de l'un des pires systèmes de répression à l'égard des médias et des journalistes" puisse diriger l'OIF.