POLITIQUE
05/10/2018 17:29 EDT | Actualisé 06/10/2018 08:36 EDT

Comment la CAQ s’est présentée comme l’antidote aux «vieux partis»

Une élection partielle en 2017 avait envoyé un signal clair aux libéraux. Un an plus tard, la CAQ a tout raflé au Québec.

LA PRESSE CANADIENNE

La CAQ avait choisi de lancer sa campagne aux abords de la Plage Jacques-Cartier, dans la circonscription de Louis-Hébert. Ce n'était pas un hasard : c'est là où le parti avait élu Geneviève Guilbault l'an dernier, mettant fin au règne de l'ex-ministre libéral Sam Hamad depuis 2003.

Pour la CAQ, c'est partant de cette victoire écrasante que tous les espoirs d'un gouvernement majoritaire étaient permis. «Les citoyens de Louis-Hébert ont démontré qu'il n'y a plus de château fort libéral au Québec», déclarait le chef François Legault, entouré d'une trentaine de ses candidats.

Un vieux train rouillé qui roulait à une centaine de mètres de là, pendant qu'il répondait aux questions des journalistes, a vite fait de le déconcentrer.

«Le train du changement qui arrive!», s'est exclamé l'aspirant premier ministre.

Le changement était-il si perceptible sur le terrain? Ce n'était pas aussi évident. Après la conférence de presse du lancement de campagne, M. Legault et toute son équipe se dirigeaient vers ce qu'ils espéraient être un bain de foule au mythique «Ti-Oui Snack Bar» de Saint-Raymond. C'était l'endroit idéal pour prendre des photos du chef de la CAQ en train de servir des poutines et des burgers à du «vrai monde».

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Le chef de la CAQ, François Legault, en compagnie de son épouse Isabelle Brais chez «Ti-Oui Snack Bar».

Mais le «vrai monde» n'était pas tellement au rendez-vous sur le terrain en cette journée de déclenchement d'élections. La majorité de la foule était composée de journalistes. Quelques curieux, tout au plus, léchaient leur cornet de crème glacée en attendant de voir le chef de la CAQ.

«On vient mémérer!» confiait un couple dans la cinquantaine.

Questionné à ce sujet le lendemain, M. Legault dira que l'événement n'avait pas été annoncé publiquement et qu'il ne fallait pas voir là un manque de mobilisation de la CAQ.

Selon nous, c'est la fin des vieux partis et du combat souverainistes contre fédéralistes.Martin Koskinen, chef de cabinet de François Legault

La CAQ, un jeune parti, n'a pas de racines profondes dans plusieurs régions du Québec. Ce n'est pas non plus un «parti de militants» comme le Parti québécois (PQ) par exemple qui, plusieurs fois par semaine, remplit des salles de personnes venues entendre les discours de Jean-François Lisée.

En fait, la CAQ n'a tenu que deux rassemblements pendant la campagne électorale.

Le premier s'est tenu à l'Hôtel de Mortagne à Boucherville – territoire du «Caquistan» en début de campagne avec la députée hôte, Nathalie Roy. Une soixantaine de candidats – de Montréal, du 450 et d'ailleurs – étaient présents, tout comme quelque 300 partisans – dont des jeunes familles et des jeunes couples.

Le deuxième a rassemblé plus de 700 personnes dans un centre sportif de Terrebonne, dans les derniers jours de la campagne. Selon La Presse, il s'agissait d'une démonstration de force pour le parti qui voulait marquer les esprits à deux jours du scrutin.

«Notre rêve est à portée de main», disait M. Legault. «Lundi, nous espérons transformer votre volonté de changement en un vote de confiance. Nous espérons avoir le mandat de changer les choses.»

Il ne pensait pas si bien dire.

Une quinzaine de minutes après la fermeture des bureaux de scrutin, les chaînes de télévision annonçaient déjà un gouvernement de la CAQ. Une vingtaine de minutes plus tard, le constat était sans équivoque : il serait majoritaire.

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François Legault prononce son discours de victoire après une écrasante majorité dans la province.

La CAQ est passée de 21 à 74 sièges, balayant les Laurentides, la Rive-Sud de Montréal, la Mauricie, le Centre-du-Québec et la région de Québec. Le parti a remporté trois des cinq circonscriptions de l'Outaouais, a fait sa marque en Abitibi-Témiscamingue et au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Même le Nord-du-Québec a viré au bleu CAQ, un gain surprenant.

Mais surtout, la CAQ a fait son entrée sur l'île de Montréal par la porte de l'est. Elle a ravi Pointe-aux-Trembles et Bourget, deux circonscriptions qui appartenaient au PQ. Une circonscription à Laval a basculé vers la CAQ, alors que d'autres se sont livrées à une chaude lutte.

La surprise était telle que le Centre des congrès de Québec, où la soirée électorale de la CAQ avait lieu, était presque vide au moment de ces résultats. Des candidats arrivaient sur les lieux, euphoriques devant ces résultats inespérés.

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Le plan de match

Inespérés, vraiment? L'équipe de la CAQ voyait venir le tsunami depuis belle lurette. Si elle a eu chaud à quelques reprises – notamment lors du débat sur l'immigration – elle s'est accrochée à son message : se débarrasser de près de 15 ans de règne libéral.

Depuis près de deux ans, la CAQ tapait sur ce clou qui faisait «très, très, très mal» aux libéraux et la faune politique y avait adhéré.

Même si, techniquement, le gouvernement libéral de Philippe Couillard avait été élu en 2014, il n'en demeurait pas moins que les Libéraux de Jean Charest avaient gouverné le Québec à partir de 2003, avec un bref intermède de 18 mois pour le gouvernement péquiste de Pauline Marois.

Il fallait donc présenter une nouvelle offre politique. C'est le pari que faisait Martin Koskinen, l'homme de confiance de François Legault, depuis la fondation de la CAQ, il y a près de sept ans.

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Francois Legault revient d'une rencontre avec la première ministre Pauline Marois dans cette photo d'archives de 2013. Il est aux côtés de son conseiller Martin Koskinen (à droite) et de son attaché de presse Jean-Francois Del Torchio (au centre).

«Selon nous, c'est la fin des vieux partis et du combat souverainistes contre fédéralistes, explique M. Koskinen en entrevue. Les Québécois sont passés à autre chose. Ce n'est plus la question nationale qui détermine les enjeux politiques au Québec. En tout cas, ce n'est pas l'enjeu principal au Québec.»

La deuxième étape était d'arrêter de parler du Parti québécois.

«En politique, il faut avoir un adversaire, pas deux ou trois», explique Stéphane Gobeil, un ex-conseiller péquiste qui a joint les rangs de la CAQ en janvier 2016.

Mais le coup fatal a été l'étiquette de «donneur de leçons» collée au front du chef libéral Philippe Couillard.

Avant l'élection partielle dans Louis-Hébert, les Caquistes avaient constaté, en cognant aux portes, que les gens «aimaient détester» le ministre de la Santé, Gaétan Barrette. Mais ils se fâchaient réellement contre M. Couillard, qui regardait la population de haut selon eux.

Je pense que les Québécois lundi dernier étaient à la recherche d'une nouvelle offre politique.Luc Fortin, ministre libéral défait dans Sherbrooke

Quelques jours avant le vote, le chef caquiste, François Legault, avait notamment déclaré que «le donneur de leçons en chef» allait se faire donner une leçon dans Louis-Hébert.

Le 2 octobre 2017, la députée Geneviève Guilbault a remporté une écrasante majorité, avec 51% des voix – dans ce bastion libéral à Québec. Les Caquistes y ont vu un signe que ce bras d'honneur aux libéraux pourrait se répercuter à travers le Québec.

Moins d'un an plus tard, le 1er octobre 2018, les libéraux ont connu leur pire résultat depuis leur fondation, avec 32 députés élus et 25 % des voix. Chez les francophones, ils étaient en quatrième place, derrière Québec solidaire.

Le coup est tel qu'on se demande, à l'interne, si les Libéraux n'ont pas reçu la «claque» qu'ils n'avaient jamais eue depuis les années Charest.

Chez les ex-députés, le verdict était sans équivoque : le message sur les 15 ans de règne libéral leur a collé à la peau.

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La ministre Lucie Charlebois a été défaite dans Soulanges par la candidate caquiste Marilyne Picard.

«Je ne méritais pas la volée que j'ai mangée», a déploré l'ex-ministre libérale Lucie Charlebois, défaite dans Soulanges, en marge d'un caucus à Québec pour faire le post-mortem de l'élection. Elle soutient que ses concitoyens n'en avaient pas contre elle, spécifiquement, mais qu'ils voulaient sortir son parti.

Sa collègue Véronyque Tremblay, également défaite dans Chauveau, reste sereine malgré tout puisqu'elle n'a pas été emportée par une vague régionale dans la région de Québec. «Honnêtement, ça a été un raz-de-marée dans l'ensemble du Québec», dit-elle.

La défaite de l'ex-ministre Luc Fortin raconte une toute autre histoire : au lieu d'avoir été défait par la CAQ, son bastion libéral a été ravi par Québec solidaire (QS) dans Sherbrooke. Une défaite qu'il attribue à la chute du vote péquiste et à la «force» de QS.

«Je pense que les Québécois lundi dernier étaient à la recherche d'une nouvelle offre politique», dit-il. «Les gens qui étaient un petit peu plus à gauche sont allés vers Québec solidaire, les gens un petit peu plus à droite, vers la Coalition avenir Québec.»

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Malgré les compressions qui ont marqué le début du mandat libéral, le Québec de 2018 n'est pas à feu et à sang. Bien au contraire – les finances publiques sont en ordre, le taux de chômage est bas et l'économie tourne à plein régime dans la province.

Jean-Marc Fournier, qui a décidé de ne pas se représenter cette année, était conseiller à bord de l'autobus du chef libéral Philippe Couillard. Il avait déjà occupé ce rôle à trois reprises dans le passé – en 2008 et en 2012 avec l'ex-premier ministre Jean Charest, et en 2014 avec M. Couillard.

«Il y a des gens qui ont dit : mais il n'y a pas eu de trame [de fond dans cette campagne-ci], comme la séparation ou les carrés rouges. Il n'y a pas eu la même intensité que la crise économique de 2008. C'est vrai!», admet M. Fournier.

Le gouvernement sortant, explique-t-il, voulait mettre de l'avant le «fruit du redressement économique» qui a permis de développer un ensemble de propositions pour faire «profiter de ces surplus».

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Jean-Marc Fournier, qui en était à sa quatrième campagne dans l'autobus du chef, a même trouvé la campagne «agréable». Un mauvais signe?

Le hic, c'est que l'ensemble des partis détaillaient leurs promesses sur une base quasi quotidienne, au risque de s'y perdre.

Une journée, le PQ promettait des «lunchs» gratuits à l'école, puis la CAQ détaillait ses «maisons des aînés». Québec solidaire proposait une assurance dentaire universelle, le Parti libéral du Québec comptait plutôt élargir l'accès.

En l'absence d'une rhétorique sur la souveraineté, les libéraux se sont tournés vers le manque de main-d'œuvre criant dans les régions. Ils ont critiqué le plan d'immigration de la CAQ, qu'ils estiment «brouillon», afin de semer un doute sur la compétence et le réalisme de François Legault.

C'était aussi le talon d'Achille du chef de la CAQ : il se faisait constamment questionner sur son plan par les journalistes et s'embrouillait dans ses réponses. Il a même candidement avoué qu'il n'aurait pas gagné «Génies en herbe».

La CAQ propose de diminuer l'immigration dans la province de 52 000 à 40 000 nouveaux arrivants, mais de leur offrir davantage de services. Au bout de trois ans au Québec, ils devront passer un examen de français et de «valeurs québécoises» pour obtenir leur certificat de sélection.

Le sujet de l'identité québécoise irritait au plus haut point le camp libéral, qui y voyait une forme d'intolérance à l'endroit des minorités afin de satisfaire la majorité.

M. Couillard, surtout, est très sensible à ce sujet en raison de son héritage familial. La famille de sa mère, originaire de France, a fait partie de la Résistance contre les nazis pendant la Deuxième Guerre mondiale. Il en a donc fait une affaire de valeurs personnelles.

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Philippe Couillard accompagné de sa conjointe Suzanne Pilote en annonçant son départ de la vie politique.

C'est d'ailleurs le message qu'il a lancé lorsqu'il a annoncé sa démission, jeudi matin. Il a cité l'un de ses auteurs préférés, Amin Maalouf : «Pour toute société et pour l'humanité dans son ensemble, le sort des minorités n'est pas un dossier parmi tant d'autres. Il est, avec le sort des femmes, l'un des révélateurs les plus sûrs de l'avancement moral ou de la régression.»

Son ancien conseiller, M. Fournier, est plus direct.

«Honnêtement, il n'y a pas grand monde qui pense qu'on va mieux retenir le monde en leur disant qu'on veut les expulser. Franchement! Ça ne tient pas la route. Pourtant, c'est ce qu'il a plaidé au risque de paraître brouillon et au risque d'entacher l'image du Québec.»

Les questions des journalistes sur l'immigration ont failli faire dérailler la campagne de la CAQ. Deux jours avant le Face-à-face de TVA, dernier débat où les quatre chefs allaient s'affronter, son équipe de campagne a décidé de reprendre le contrôle du message.

Il fallait que M. Legault fasse son mea culpa sur l'immigration et admette qu'il n'est pas parfait. Puis, recentrer le message sur le bilan des libéraux.

La journée du débat, M. Couillard a dit dans une entrevue à la radio qu'il était possible de nourrir une famille avec 75$ par semaine. Puis, au début du débat, le chef péquiste Jean-François Lisée a raté son attaque contre la co-porte-parole solidaire Manon Massé.

Puis, M. Legault est passé à l'attaque lors du débat. «Le seul qu'on veut expulser, c'est le Parti libéral du Québec!»

«Après 15 minutes de débat, on savait qu'on allait vers la majorité», relate M. Gobeil.

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La montée de Québec solidaire

Plusieurs commentateurs et analystes sont restés surpris des résultats de Québec solidaire, qui a fait élire 10 députés – dont quatre à l'extérieur de l'île de Montréal.

Mais ce travail se faisait depuis des mois déjà. La machine solidaire avait entamé des tournées de régions où elle pouvait faire des gains – Rouyn-Noranda, Sherbrooke, Rimouski et la Capitale nationale.

L'idée était de ne pas trop «s'éparpiller» avec des ressources limitées ». Qui plus est, la plateforme «Mouvement» permettait à quiconque voulant faire des appels ou du bénévolat de le faire de son salon sans problème.

Entretemps, l'équipe s'affairait à travailler sur la confiance de Manon Massé, qui avait été désignée comme «candidate au poste de première ministre» et qui devait confronter les autres chefs lors des débats télévisés.

Renaud Poirier-St-Pierre, qui était aux côtés de Gabriel Nadeau-Dubois depuis la grève étudiante de 2012, s'affairait à coacher Manon Massé depuis le début de l'année afin de faire «éclore» son talent de communicatrice.

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Manon Massé en compagnie de l'ensemble des députés de Québec solidaire élus le 1er octobre.

L'idée était qu'elle reste authentique et qu'elle utilise son franc-parler pour véhiculer les idées du parti, au risque de choquer les puristes de la langue française.

«Mon équipe n'arrêtait pas de me répéter : "sois celle que tu es. C'est ça que le peuple aime", relate Mme Massé en entrevue. Puis ça tombe bien, parce que c'est là-dedans que je suis la meilleure. Être moi-même.»

«J'ai travaillé très fort à me faire confiance, dans le fond», admet la co-porte-parole.

Alors que M. Nadeau-Dubois est un habitué des plateaux de télévision, Manon Massé a dû apprivoiser les médias qui l'intimidaient un peu au départ.

La co-porte-parole a eu quelques difficultés à improviser des réponses pendant la campagne électorale, notamment lorsqu'elle a affirmé que l'anglais demeurerait l'une des langues officielles du Québec tant et aussi longtemps que le Québec ne serait pas indépendant.

Le PQ n'a pas manqué de la critiquer à ce sujet. Québec solidaire a plaidé l'erreur et sa méconnaissance de l'anglais.

Pourtant, disent ses collaborateurs, la co-porte-parole est parfaitement à l'aise quand elle s'adresse aux citoyens.

C'est cette connexion-là qu'il fallait recréer grâce aux débats et pendant ses interventions dans les médias – lorsqu'ils étaient présents dans l'autobus ou lors des points de presse.

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Au Parti québécois, la ligne d'attaque contre QS faisait l'objet de discussions depuis un moment déjà. Le parti voyait bien que les Solidaires prenaient du galon dans les sondages et qu'il fallait freiner cet élan en obligeant les journalistes et citoyens à bien lire le programme de QS.

C'est ainsi que le chef, Jean-François Lisée, a confronté Mme Massé à la première occasion lors du Face-à-face de TVA sur le véritable «boss» de Québec solidaire. À son avis, la structure interne de QS est bien obscure et il faut se poser des questions sur son fonctionnement.

Il a aussi déploré la «partie gratuite» donnée à Québec solidaire par les médias et a dépeint le parti comme «radical» et «dogmatique». M. Nadeau-Dubois a répliqué que le chef du PQ était «désespéré».

M. Lisée a laissé entendre, quelques jours plus tard, que sa vice-chef Véronique Hivon n'était pas d'accord avec sa stratégie d'attaquer QS, mais qu'il n'avait pas à lui demander la «permission» pour ce faire.

Malgré tout, le chef péquiste persistait et signait : il était nécessaire de braquer les projecteurs sur QS, qui n'était plus un parti marginal.

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Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a perdu son siège au terme d'une chaude lutte dans Rosemont.

Certains militants péquistes digéraient très mal le fait que l'ex-journaliste Vincent Marissal ait décidé de se présenter dans Rosemont, la circonscription de M. Lisée. D'autant plus que des centaines de bénévoles étaient à pied d'œuvre pour le faire élire.

Dans les derniers jours de la campagne, les co-porte-paroles ont multiplié les séances de tractage dans Rosemont pour faire sortir le vote. Mais il en était de même pour Hochelaga, Laurier-Dorion, à Montréal, où le parti a fait des gains.

Ils ont aussi multiplié les apparitions à Québec, ont tenu un dernier rassemblement à Rouyn-Noranda et sont revenus à Sherbrooke. Résultat : les solidaires ont fait élire 10 députés, soit sept de plus qu'en 2014.

Le PQ, lui, a fait élire neuf députés. Jean-François Lisée a perdu son siège dans Rosemont et a démissionné le soir même.

C'est le mouvement de la population qui est tannée de se faire prendre pour acquis.Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire

Pour l'heure, le groupe de Solidaires se bombe le torse de ses gains, tant à Montréal qu'en région. Avec le PLQ et le PQ sans chef, QS prétend incarner «la véritable opposition officielle» au gouvernement majoritaire de François Legault.

«Québec solidaire, c'est un mouvement», disait Manon Massé avant le vote. «Ce n'est pas seulement un parti politique. C'est le mouvement de la population qui est tannée de se faire prendre pour acquis, qui est tannée de se faire dire qu'elle ne peut pas rêver plus grand que la petite patinoire sur laquelle les anciens partis politiques les obligent à travailler.»

Chose certaine, la CAQ et QS auront démontré que la population en a marre des vieux partis.

«Je pense que les gens ne nous attendaient pas là. Mais on arrive», dit Manon Massé.