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05/10/2018 15:36 EDT | Actualisé 05/10/2018 15:36 EDT

Course à l'OIF: Legault veut des «assurances» sur la gestion financière

Legault n'est toujours pas prêt à dire s'il avalise la candidature de Michaëlle Jean à la tête de l'Organisation internationale de la Francophonie.

THE CANADIAN PRESS/Ryan Remiorz

Le premier ministre désigné du Québec, François Legault, n'est toujours pas prêt à dire s'il avalise la candidature de Michaëlle Jean à la tête de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

À quelques jours de l'ouverture du sommet d'Erevan, en Arménie, où il se rendra à bord de l'avion du premier ministre Justin Trudeau, il poursuit donc sa réflexion.

Son cabinet a «demandé rapport au conseil exécutif» sur le poste de secrétaire général en «mettant l'accent sur les attentes de notre nouveau gouvernement à l'égard de l'OIF: transparence, bonne gestion des finances de l'organisation et une culture de résultats».

Et le premier ministre désigné souhaite «recevoir ces assurances avant de se prononcer» sur la candidature de la Québécoise, qui a selon plusieurs bien peu de chances de l'emporter face à sa rivale, la ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Louise Mushikiwabo.

En fait, on n'exclut pas le scénario qu'il attende qu'un consensus se dégage au sommet d'Erevan avant de dire sur qui il jette son dévolu, selon ce qu'a indiqué un membre de son équipe de transition sous le couvert de l'anonymat.

Les gouvernements du Canada et du Nouveau-Brunswick, qui sont membres de plein droit de l'OIF, ainsi que celui de l'Ontario, qui a le statut de membre observateur, appuient l'ancienne gouverneure générale dans sa quête d'un second mandat.

Le premier ministre sortant du Québec, Philippe Couillard, s'était aussi rangé derrière sa candidature. Il faudra patienter encore pour voir ce que fera son successeur, qui a beaucoup critiqué les dépenses de Michaëlle Jean alors qu'il était dans l'opposition au Salon bleu.

Il a été impossible d'obtenir une entrevue avec François Legault.

Attaques

L'élection au poste de secrétaire général de la Francophonie se fait non pas par vote, mais par consensus. Au sommet de Dakar, en 2014, la Canadienne avait profité de l'absence de consensus des pays africains pour se sauver avec la victoire.

Cette fois, les choses se présentent différemment: la candidature de la Rwandaise a non seulement le sceau d'approbation de l'Union africaine, mais également celui du président de la République française, Emmanuel Macron.

Cet appui de l'Élysée fait grincer la secrétaire générale sortante. Car l'OIF «n'est pas une Alliance française», a-t-elle chargé dans une entrevue publiée jeudi par Jeune Afrique.

Elle y a aussi reproché à son opposante Louise Mushikiwabo son «relativisme» et au président Macron son «inélégance».

Tractations

Selon ce que rapportait Le Devoir dans son édition de vendredi, les corps diplomatiques d'Ottawa et de Paris s'activent pour éviter que Justin Trudeau encaisse un revers dans la capitale arménienne.

Le Quai d'Orsay aurait proposé au premier ministre d'appuyer certains dossiers canadiens aux Nations unies en échange du retrait de la candidature de Michaëlle Jean, d'après le quotidien.

La ministre fédérale de la Francophonie, Mélanie Joly, n'a pas voulu confirmer l'existence d'un tel marchandage.

«Pour nous, c'est important d'avoir un leadership du Canada au sein de l'Organisation internationale de la Francophonie», a-t-elle offert en mêlée de presse au parlement.

«On a voulu réaffirmer le leadership international du Canada, et on va toujours se battre pour avoir des Canadiens à la tête de nos organisations internationales», a ajouté Mme Joly.

De son côté, le député conservateur Alupa Clarke estime que l'ancienne gouverneure générale devrait retirer ses billes.

«Nous, on pense que Mme Jean devrait faire la chose élégante et peut-être songer à retirer sa candidature», a-t-il tranché en mêlée de presse.

Le XVIIe Sommet de la Francophonie se tient les 11 et 12 octobre à Erevan, la capitale de l'Arménie.