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Ce restaurant du Plateau-Mont-Royal devra changer de façade

L'arrondissement a mis son pied à terre: le propriétaire a construit sa devanture illégalement en 2009, et n'a rien fait pour la modifier malgré de nombreux avertissements et contraventions.

Le restaurant afghan du Plateau-Mont-Royal Khyber Pass devra dire adieu à sa façade originale, a décidé l'arrondissement.

Sur sa page Facebook, le restaurant indique que «la ville nous exige de la retirer puisque celle-ci n'est pas assez contemporaine et au goût des fonctionnaires de l'arrondissement. Quand une façade qui ne dérange en rien devient un dossier prioritaire pour la ville, c'est très inquiétant!»

Contactée par le HuffPost Québec, la fille du propriétaire, Nadia Ramisch, avoue que son père Faruk Ramisch a construit sa devanture en 2009 sans d'abord obtenir de permis pour le faire. «On a fait faire des plans par un architecte avec la façade en bois et la Ville a émis un avis défavorable, disant que c'était original mais qu'elle n'était pas conforme. On a demandé qu'est-ce qu'on peut changer, qu'est-ce qu'il faut faire pour que ce soit conforme et on n'a jamais eu de réponse», déplore-t-elle.

Faruk Ramisch a payé deux contraventions de l'arrondissement concernant sa façade, mais n'avait pas reçu d'obligation de démolition avant tout récemment. «Ce n'est que dernièrement qu'ils ont décidé qu'elle les dérangeait vraiment et qu'il fallait l'enlever. Il nous ont mis un ultimatum», a expliqué sa fille.

La façade sera démolie d'ici le 30 novembre. «Mon père m'a dit "ils vont venir l'enlever parce que moi je ne l'enlève pas!"», relate-t-elle, soulignant que les fenêtres de l'établissement sont incrustées dans la façade, laissant présager une période pénible pour le restaurant.

L'arrondissement dans ses droits

À l'arrondissement, le directeur de cabinet de Luc Ferrandez, Sébastien Parent-Durand, indique que les règles sont «assez strictes» sur la protection du patrimoine, mais qu'il y a toujours place à la nouveauté, lorsque le travail est effectué en amont.

«On n'est pas fermé à faire des projets innovants, plus jazzés, mais il y a une façon de faire. Il faut déposer les plans et on les étudie avec les propriétaires, on les accompagne et on corrige les choses qui ne fonctionnent pas», explique-t-il.

De multiples avis ont été délivrés au propriétaire récalcitrant par l'arrondissement, avant que l'ultimatum ne soit envoyé. «Le comité consultatif d'urbanisme (CCU) a dit non, tel quel, le projet s'intègre mal à la rue. Ça ne veut pas dire que ce n'est pas possible de trouver un compromis. Je pense que c'est là où on se trouve, 10 ans plus tard», évoque M. Parent-Durand.

Mais pour y arriver, M. Faruk devra «prendre leurs responsabilités après avoir fait quelque chose d'illégal, qu'il s'assoit avec un architecte et qu'il dépose un projet au bureau d'arrondissement qui soit un compromis entre ce que lui souhaite apporter comme touche exotique et ce que l'arrondissement exige en matière d'intégration architecturale».

Il s'agit donc de l'automne de la dernière chance.

Source: Arrondissement du Plateau-Mont-Royal

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