POLITIQUE
01/10/2018 23:43 EDT | Actualisé 02/10/2018 09:30 EDT

Élections Québec 2018: le Parti québécois encaisse une défaite historique

Le PQ perd son chef et son statut de parti reconnu à l'Assemblée nationale.

MONTRÉAL - À dix jours du 50e anniversaire de sa fondation, le Parti québécois (PQ) a perdu lundi soir son statut de parti reconnu à l'Assemblée nationale et - du même coup - son chef, Jean-François Lisée, défait dans sa circonscription de Rosemont.

Devant une centaine de partisans réunis à l'Usine C, à Montréal, M. Lisée a annoncé peu après 23h qu'il démissionnait de son poste de chef.

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«Le verdict de Rosemont met également un terme à l'emploi le plus formidable que j'ai eu, celui de chef du Parti québécois», a laissé tomber M. Lisée pendant son discours.

Jean-François Lisée n'a pas manqué de rappeler l'ampleur du défi qui attendait sa formation au début de la campagne électorale.

«Pour l'emporter, il fallait remonter les chutes du Niagara à la rame. Et on a ramé», a comparé le chef.

«Nous avons, à mon avis, passé le test de la crédibilité. Sérieusement», a-t-il jugé, admettant néanmoins que le parti n'avait pas réussi à obtenir «les résultats espérés».

Le parti de René Lévesque a toujours formé le gouvernement ou l'opposition officielle depuis 1973, à l'exception d'un bref passage de 20 mois dans la deuxième opposition après l'élection de 2007. Complètement évincée de l'île de Montréal, la formation est même passée derrière l'autre parti souverainiste, Québec solidaire (QS).

Le chef défait a d'ailleurs écorché le parti représenté par Manon Massé, estimant que le résultat de l'élection de lundi avait beaucoup à voir avec le refus de QS de converger avec le PQ.

«Alors que nous ramions pour remonter, avec quelques succès, d'autres travaillaient dans nos circonscriptions pour nous arracher des rames», a poursuivi M. Lisée.

«Si le congrès de QS avait accepté notre main tendue, il y a fort à parier que l'élection de ce soir offrirait un tout autre résultat», a-t-il jugé. «L'intense activité militante que nous avons dû concentrer pour nous battre dans nos propres comtés, nous l'aurions déployée ensemble pour conquérir d'autres circonscriptions et, qui sait, changer l'issue du scrutin d'aujourd'hui. »

Jean-François Lisée n'est toutefois pas prêt à annoncer la mort du Parti québécois, fondé le 11 octobre 1968, ou à voir dans les résultats la fin du mouvement indépendantiste.

«On se rendra compte que l'on assiste à l'éruption d'une nouvelle génération de souverainistes, au PQ et à QS. Additionnés, ils pointent à nouveau la boussole québécoise vers l'indépendance», a affirmé M. Lisée, déclenchant des applaudissements dans la timide foule.

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«Tant que le Québec ne sera pas un pays, le Québec aura besoin du Parti québécois», a conclu l'homme politique, sous un tonnerre d'applaudissements, avant de quitter la scène.

Après avoir chaudement remercié les candidats et les militants de son parti, M. Lisée a aussi affirmé avoir parlé avec le premier ministre élu, François Legault, l'invitant à «lire le programme du PQ et à voler les idées».

«Regarde surtout le bout sur l'environnement», aurait suggéré M. Lisée au chef caquiste.

Ça change quoi?

Pour être reconnu comme «groupe parlementaire» à l'Assemblée nationale, un parti doit élire au moins 12 députés ou récolter au moins 20% des voix. Le PQ, avec ses neuf sièges et quelque 17% du vote populaire, n'aura finalement pas réussi à franchir ce seuil.

Les chefs de groupes parlementaires - auparavant qualifiés de «partis reconnus» - bénéficient de certains privilèges parlementaires, comme des temps de parole plus longs lors des débats et le droit de poser des questions en Chambre. Ces partis bénéficient également de budgets de fonctionnement plus généreux.

CORRECTION Une version précédente de ce texte indiquait que le PQ avait toujours formé le gouvernement ou l'opposition officielle depuis 1973. Il a toutefois été relégué au statut de deuxième opposition pendant 20 mois, de 2007 à 2008.

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