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01/10/2018 15:58 EDT | Actualisé 01/10/2018 16:20 EDT

La Catalogne marque l'anniversaire du référendum sous de vives tensions

Des actions qui ont eu lieu au cours du week-end montrent les divisions au sein des militants séparatistes.

Un an après le référendum d'autodétermination de la Catalogne interdit par Madrid, la base du mouvement indépendantiste a mis la pression sur le gouvernement régional séparatiste lundi, lors d'un anniversaire marqué par les actions coup de poing des militants les plus radicaux.

Quelque 180 000 personnes, selon la police municipale, ont défilé à Barcelone pour réclamer l'instauration d'une république indépendante en Catalogne à l'appel de la puissante association indépendantiste ANC, lors de la principale manifestation organisée pour marquer cet anniversaire.

"Nous sommes déçus car le peuple pousse tant qu'il peut et même plus, et ils (les politiciens) ne répondent pas", a déclaré à l'AFP Francesc Serra, un jardinier de 43 ans.

SOPA Images via Getty Images

Le président indépendantiste régional Quim Torra a assisté à la manifestation mais a été copieusement sifflé par la foule qui lui reproche de ne pas braver l'autorité de l'État espagnol.

"Le peuple commande. Gouvernement, désobéis!", lui ont lancé les manifestants, tandis qu'une femme lui a crié: "Abandonnez la soumission à l'État espagnol (...) ou démissionnez".

Plus tôt dans la journée, les Comités de défense de la République (CDR), groupes séparatistes radicaux, ont coupé un temps certains axes névralgiques de la ville.

À Gérone, à 100 kilomètres au nord-est de Barcelone, des centaines de membres des CDR, le visage masqué, avaient bloqué les voies de chemin de fer, interrompant temporairement la circulation du train à grande vitesse reliant Figueras à Barcelone.

Les autoroutes A7, en direction de Valence, et A2, en direction de Madrid, ont elles aussi été bloquées. Les militants des CDR ont également enlevé le drapeau espagnol du siège du gouvernement catalan à Gérone. "Voilà un an nous proclamions la république... passons à l'action", ont-ils dit sur leur compte Twitter.

Tensions entre indépendantistes

Ces actions coup de poing soulignent les divisions au sein du camp séparatiste.

Samedi, des militants radicaux avaient affronté la police régionale, contrôlée par l'exécutif de Quim Torra, à Barcelone dans des heurts qui ont fait une trentaine de blessés, et la CUP, parti indépendantiste d'extrême gauche, avait ensuite réclamé la démission du responsable de l'Intérieur du gouvernement régional, Miquel Buch.

Dans ce contexte de divisions, Quim Torra a salué lundi l'action des CDR "qui font bien de mettre la pression".

David Ramos/Getty Images

"Tout a commencé le 1er octobre et tout nous ramène au 1er octobre. C'est le moment où nous avons décidé collectivement et démocratiquement notre autodétermination, ce qui est la plus grande chose qu'un peuple puisse faire quand il est libre", a poursuivi Torra.

Le 1er octobre 2017, les indépendantistes catalans étaient parvenus à organiser un référendum, strictement interdit par Madrid et marqué par des violences de la police nationale venue empêcher le vote, dont les images avaient fait le tour du monde.

Selon les organisateurs de ce vote déclaré illégal, 2,3 millions d'électeurs, sur un total de 5,5 millions, y avaient participé et 90% avaient dit "oui" à une république catalane indépendante.

«Rien à célébrer» pour le gouvernement

Ce référendum fut "un acte illégal, comme l'a dit la justice et qui n'eut aucune conséquence juridique. Le 1er octobre est un jour de triste mémoire, il n'y a rien à célébrer", a réagi la porte-parole du gouvernement socialiste espagnol, Isabel Celaa.

Elle a toutefois jugé que les violences policières lors du référendum avaient "porté gravement atteinte à la réputation de l'Espagne".

Le référendum du 1er octobre 2017 avait été suivi le 27 d'une proclamation d'indépendance unilatérale de la Catalogne par les députés séparatistes au parlement régional.

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Le gouvernement espagnol, alors dirigé par le conservateur Mariano Rajoy, avait immédiatement mis la région sous tutelle, dissous le parlement, destitué le gouvernement régional et convoqué de nouvelles élections à l'issue desquelles les indépendantistes ont conservé leur majorité.

Comme l'ancien président Carles Puigdemont, exilé en Belgique, une partie des membres du gouvernement régional se sont enfuis à l'étranger tandis que d'autres ont été incarcérés.

Le procès des dirigeants séparatistes inculpés pour rébellion et qui risquent jusqu'à 25 ans de prison doit s'ouvrir en janvier prochain.

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