POLITIQUE
28/09/2018 16:36 EDT | Actualisé 28/09/2018 16:36 EDT

Philippe Couillard s'en prend au plan économique de la Coalition avenir Québec

Il a appelé les Québécois à bien réfléchir avant d'aller voter, «parce que ce n'est pas un jeu».

THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot

QUÉBEC — Les Québécois doivent s'inquiéter du plan économique de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui ne reçoit toujours aucune corroboration du patronat à deux jours du scrutin, croit Philippe Couillard.

Le chef libéral était de passage à Québec, vendredi. Il s'en est pris une fois de plus à la CAQ, qui nie le problème de pénurie de main-d'oeuvre, selon lui, alors qu'il y a 100 000 emplois à combler au Québec.

Il a appelé les Québécois à bien réfléchir avant d'aller voter, «parce que ce n'est pas un jeu».

«Dans toutes les régions, on cherche des employés pour nos services publics et nos entreprises, a-t-il insisté en point de presse à la Place des canotiers, en bordure du fleuve Saint-Laurent. Au premier trimestre de cette année, on avait 32 500 emplois à combler à plus de 20 $ de l'heure. Ils existent ces emplois.»

Le chef caquiste François Legault soutient depuis le début de la campagne que la pénurie au Québec n'en est pas une de main-d'oeuvre, mais plutôt d'emplois payants, à 25 $ ou 30 $ de l'heure.

Or, selon M. Couillard, la CAQ ne reçoit aucune corroboration des leaders économiques, des chefs d'entreprise et des chambres de commerce.

«Il me semble qu'il y a quelque chose à noter pour la population du Québec. C'est quand même inquiétant qu'à deux jours des élections, le programme économique de la CAQ ne reçoive aucune corroboration», a-t-il martelé.

Appuis «solides» à Québec

Philippe Couillard, qui entame le sprint final vers le scrutin du 1er octobre, a déclaré pouvoir compter sur des appuis «solides» dans la région de Québec.

Les libéraux détiennent actuellement huit comtés sur la Rive-Nord de Québec: Portneuf, Jean-Talon, Charlesbourg, Montmorency, Vanier-Les-Rivières, Chauveau, Jean-Lesage et Charlevoix-Côte-de-Beaupré.

Mais la CAQ se fait menaçante. Lors de son dernier point de presse régional vendredi, la formation a dit espérer un «balayage» à Québec.

«Je crois qu'on est très solide dans Québec, beaucoup plus solide que ce que certaines personnes disent ou pensent», a répliqué le chef libéral.

Il a profité du Jour 37 de la campagne électorale pour promettre la mise sur pied d'un site web gouvernemental, qui rendra public l'état de réalisation des engagements pris par son parti pendant la campagne électorale.

Il a pris en exemple les chercheurs de l'Université Laval qui ont conclu récemment que le gouvernement Couillard avait tenu 82 pour cent de ses promesses lors de son premier mandat.

Pensons à la relance du Plan Nord, le lancement de la Stratégie maritime, la création de 49 super-cliniques, la mise en place du crédit d'impôt pour la rénovation domiciliaire, les investissements dans les soins à domicile, l'atteinte de l'équilibre budgétaire à quatre reprises et la création de 215 000 emplois, a énuméré l'équipe libérale dans un communiqué.

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Jean Charest

Sans surprise, M. Couillard a pu bénéficier de l'appui de l'ancien premier ministre Jean Charest, qui a affirmé vendredi, sur les ondes du FM93, avoir voté rouge.

Ce dernier s'est cependant désolé du «manque de contenu» dans la campagne, et de l'exploitation par les partis des «enjeux de proximité».

«On est vraiment dans du court terme», a-t-il analysé, en ajoutant qu'à son avis, les Québécois n'avaient plus envie d'entendre parler de «grandes visions».

Il a comparé la montée de Québec solidaire (QS), un parti «idéologique», à la vague orange de Jack Layton, en 2011.

«Les Québécois ont voté massivement pour le NPD, mais ils n'ont jamais regardé le programme. (...) C'était Jack Layton, et c'était un contexte où ils en avaient soupé des autres.»

Selon l'ancien premier ministre, si la CAQ et QS semblent aujourd'hui «des vecteurs interchangeables», c'est parce que les électeurs font un «vrai vote de protestation».

D'après lui, un gouvernement minoritaire en 2018 ne serait pas nécessairement une mauvaise chose. «Les gens aiment les gouvernements minoritaires parce qu'ils ont le sentiment d'avoir une emprise sur le gouvernement, et que ça oblige tout le monde à travailler ensemble, ce qui n'est pas toujours le cas dans le cas des majorités», a-t-il expliqué.

Par contre, un gouvernement majoritaire peut plus facilement s'engager dans des projets à long terme, a-t-il nuancé.