POLITIQUE
27/09/2018 19:24 EDT | Actualisé 27/09/2018 19:24 EDT

Le plaidoyer de Legault a heurté le mur des réalités dans une usine

M. Legault a répété que le Québec sous les libéraux ne créait pas assez d'emplois payants, sans pouvoir préciser la cible que la CAQ se donnait.

THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot

SAINTE-CLAIRE, Qc — Le plaidoyer économique du chef caquiste François Legault a heurté le mur des réalités dans une usine qu'il visitait jeudi dans Bellechasse.

M. Legault a répété que le Québec sous les libéraux ne créait pas assez d'emplois payants, sans pouvoir préciser la cible que la Coalition avenir Québec se donnait, devant l'usine d'assemblage d'autocars Prévost Car, à Sainte-Claire, où on peine à combler des dizaines de postes à des taux horaires de 26 $ et où on réclame davantage de travailleurs étrangers.

«Ce qui est important, ce n'est pas nécessairement le nombre, c'est la qualité, la répartition, a-t-il déclaré dans une mêlée de presse. Ici, dans Bellechasse, les salaires sont beaucoup plus bas que dans le reste du Québec, donc on a besoin d'emplois (payants) comme chez Prévost.»

La direction de Prévost Car a pour sa part rétorqué que cela ne suffisait vraisemblablement pas.

«La hausse des salaires n'est qu'une solution temporaire et il faut travailler sur des solutions à long terme», a dit la vice-présidente aux affaires juridiques, réglementaires et publiques de Prévost, Emmanuelle Toussaint, au cours d'un point de presse sur le plancher de l'usine.

📣 LES ÉLECTIONS SUR FACEBOOK

Vous ne voulez rien manquer de la campagne électorale?

Cliquez ici pour devenir membre de notre groupe

«Québec 2018: les élections provinciales»!

Elle a fait savoir qu'un des «principaux défis» de l'entreprise était de trouver de la main-d'oeuvre spécialisée, des peintres, soudeurs, ingénieurs, mécaniciens, électromécaniciens, techniciens électriques, etc.

Prévost a déjà recruté des travailleurs de Pologne, du Brésil et du Mexique, mais en veut davantage et aimerait accélérer les procédures pour leur admission.

Or le programme de la CAQ prévoit de réduire le seuil annuel d'immigration ainsi que l'imposition aux nouveaux arrivants de tests de français et de valeurs, qui pourraient mener à des expulsions.

«On favorise vraiment qu'il y ait des personnes venues de l'étranger, c'est officiel», a tranché Mme Toussaint.

Pour sa part, François Legault a été incapable de fixer sa cible d'emplois à créer dans un premier mandat d'un gouvernement caquiste, contrairement aux libéraux, qui avaient comme objectif 250 000 sur cinq ans en 2014 et ont atteint 234 000.

M. Legault dit qu'il veut rattraper l'écart salarial défavorable de 10-12 pour cent par rapport à l'Ontario, mais cela ne peut se faire que dans plusieurs mandats, a-t-il admis.

«Je n'ai pas de chiffres, ce que je dis, c'est que dans quatre ans, on va avoir réduit l'écart entre le Québec et l'Ontario.»