POLITIQUE
27/09/2018 12:09 EDT | Actualisé 27/09/2018 16:22 EDT

L'affaire Guy Ouellette retient encore l'attention du côté de la CAQ et du PLQ

François Legault a révélé que le candidat libéral était sa source au nom de la «vérité».

La Presse canadienne/Mario Beauregard
Photo d'archives de Guy Ouellette.

EAST ANGUS, Qc - Il aura fallu au chef libéral Philippe Couillard plusieurs heures pour rejoindre son controversé candidat dans Chomedey, Guy Ouellette, qui ne retournait pas ses appels. Malgré tout, il continue de le défendre.

Pour un deuxième jour d'affilée, des agissements de M. Ouellette ont fait la manchette, à tort selon M. Couillard, qui maintient que son candidat, exemplaire, fait "acte de dévouement, d'ardeur et de fougue dans sa campagne".

"Je suis content qu'il fasse partie de mon équipe", a-t-il répété à maintes reprises jeudi, en point de presse à Saint-Prosper, en Beauce.

La veille, le chef caquiste François Legault avait pourtant révélé que M. Ouellette est la personne qui lui a fourni des informations compromettantes sur le Parti libéral du Québec (PLQ) en 2016.

M. Ouellette est-il une taupe? M. Couillard a admis, jeudi, avoir tenté plusieurs fois de rejoindre son candidat, sans succès.

"Si je compose un numéro de téléphone et qu'il n'y a pas de réponse, je ne vois pas ce que je peux faire de plus, a-t-il lancé. Ce matin de bonne heure on a commencé à lui laisser des messages, hier soir également."

Comment tolérer un tel manque de loyauté? "J'étais heureux de le voir l'autre jour à Laval parler à près de 800 personnes de façon très enthousiaste pour notre réélection, s'est-il borné à répéter, machinalement. Je veux qu'il soit réélu député de Chomedey et j'ai hâte qu'on soit autour de la victoire ensemble."

La caricature d'Ygreck du 26 septembre:

Les journalistes ont plus tard été informés que M. Couillard avait réussi à parler au candidat Ouellette. "Guy Ouellette l'a assuré de son implication pleine et entière à la réélection du PLQ lundi", a écrit l'attachée de presse du chef libéral, Joçanne Prévost.

Lors d'un arrêt à East Angus, en Estrie, M. Couillard a refusé de préciser si Guy Ouellette reconnaissait les faits avancés par M. Legault. Il s'est engouffré dans son autobus de campagne et a quitté les lieux.

Jeudi après-midi, M. Ouellette n'avait pas encore rappelé La Presse canadienne.

M. Couillard a par ailleurs assuré que si le PLQ forme le prochain gouvernement, et que M. Ouellette est réélu, ce dernier fera partie de son caucus.

À l'automne 2017, M. Ouellette a été arrêté par l'Unité permanente anticorruption (UPAC), qui le soupçonne d'avoir partagé des documents d'enquêtes policières. Il ne fait l'objet d'aucune accusation criminelle.

Legault se défend d'avoir balancé sa source

Pendant ce temps, à Rivière-du-Loup, M. Legault s'est défendu d'avoir divulgué l'identité de sa source au grand jour, pour ensuite affirmer qu'il l'avait révélée au nom de la "vérité".

Le chef de la CAQ avait pourtant refusé la veille de dévoiler quelle était la source de la CAQ en vertu du principe de confidentialité des sources, puis dans une autre mêlée de presse il avait confirmé que Guy Ouellette était à l'origine des documents obtenus par la CAQ.

En 2016, Guy Ouellette, qui est député de Chomedey, a ainsi fourni des renseignements compromettants sur une nomination controversée des libéraux. Il s'agissait de courriels qui faisaient état de lien entre un haut fonctionnaire, Pietro Perrino, et un homme d'affaires, Luigi Coretti.

Jeudi, M. Legault a affirmé qu'il a balancé sa source, M. Ouellette, parce que la question lui a été posée et parce que c'est la vérité.

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