POLITIQUE
27/09/2018 15:41 EDT | Actualisé 27/09/2018 15:46 EDT

Manon Massé se demande si François Legault croit aux changements climatiques

La coporte-parole de Québec solidaire a mentionné que François Legault ne veut pas protéger l'environnement selon elle.

La Presse canadienne/Paul Chiasson
Manon Massé a changé de ton jeudi en attaquant François Legault.

MONTRÉAL — Québec solidaire tente d'imposer les changements climatiques comme «question de l'urne» et accuse la Coalition avenir Québec (CAQ) d'ignorer complètement cette question.

En mêlée de presse, jeudi à Montréal, la porte-parole de la formation de gauche est allée jusqu'à se demander si François Legault est un négationniste du climat: «M. Legault ne veut pas protéger l'environnement. M. Legault, je me demande même: est-ce qu'il croit aux changements climatiques?»

Manon Massé a concentré ses attaques sur la CAQ en invoquant l'appui qu'elle constate dans les sondages pour cette dernière. Elle estime qu'un gouvernement caquiste serait «problématique, dangereux et inacceptable» pour l'environnement.

«La Coalition avenir Québec n'a rien dans son programme, dans sa plateforme, dans son cadre financier pour lutter contre les changements climatiques», a-t-elle martelé, présentant sa formation comme «le seul bouclier, le seul qui a un plan clair, le seul parti qui sait où il s'en va en matière de changements climatiques».

Elle en a profité pour dénoncer l'entrée en vigueur, le 20 septembre dernier, d'un règlement qui permet une destruction des milieux humides au nord du 49e parallèle «alors qu'on n'est pas là, à l'Assemblée nationale, pour soulever des questions, pour critiquer».

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Radio-Canada révélait, jeudi, qu'après l'adoption à l'unanimité il y a un an d'une loi devant protéger les milieux humides et hydriques dans toute la province, le règlement avait été modifié à la surprise des fonctionnaires pour exclure la quasi-totalité du nord du Québec de cette protection.

De plus, Mme Massé s'est soulevée contre les propos du chef caquiste qui, lors d'un récent passage à Amos, en Abitibi, a affirmé que son parti n'augmenterait pas les redevances sur l'eau potable, reniant ainsi l'engagement pris une semaine plus tôt par son propre député, François Bonnardel.

Les jeunes entrepreneurs préoccupés

Coïncidence, dans les heures suivant la mêlée de presse, la Jeune Chambre de commerce de Montréal dévoilait un sondage informel sur les enjeux de la campagne, sondage mené une semaine auparavant auprès de plus de 150 membres réunis pour souligner la rentrée.

Parmi les cinq thèmes proposés, l'environnement s'est classé au tout premier rang, loin devant tous les autres, la relève d'affaires se disant plus particulièrement préoccupée par la protection de l'environnement et des écosystèmes et la réduction de l'empreinte écologique.

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La Jeune Chambre déplore que «le thème de l'environnement (ait) difficilement sût se tailler une place de choix dans les débats et enjeux prioritaires», alors qu'il s'agit clairement de l'enjeu prioritaire des 18-34 ans.

Gilles Duceppe etRené Lévesque

Mme Massé est par ailleurs revenue à la charge contre Gilles Duceppe, accusant ce dernier d'avoir "un peu insulté le peuple québécois" en critiquant son niveau de langage.

«Mon niveau de langage est un niveau de langage qui est compris par bien des gens et ce qu'il est en train de dire avec ça, c'est que la politique est réservée aux élites?» s'est-elle interrogée.

«Moi je pense que non: la politique appartient à tout le monde et, honnêtement, je suis très fière d'être où je suis et je suis surtout très fière que le peuple québécois se reconnaisse en moi, en Québec solidaire.»

La porte-parole solidaire se désole par ailleurs que la campagne donne lieu à autant d'attaques personnelles, blâmant «l'establishment politique" d'avoir habitué la population à ces tactiques, alors que le sujet qui devrait mobiliser tous les Québécois est celui de la lutte contre les changements climatiques.

«Les attaques personnelles, c'est de la vieille politique et les gens sont tannés de ça», a soupiré Mme Massé.

Elle a par ailleurs balayé du revers de la main les reproches qu'on lui a faits - provenant notamment du chef péquiste Jean-François Lisée - de se réclamer, elle et son parti, de l'héritage de René Lévesque.

«M. Lévesque a inspiré tout un peuple et j'en suis. C'est un homme qui m'a énormément inspirée et honnêtement, cette inspiration-là elle est partout. (...) J'ai vu des nouveaux arrivants comme Amir Khadir qui s'inspirent de René Lévesque», a-t-elle fait valoir avant de conclure que «cet homme-là n'appartient pas à personne, il appartient à notre histoire».