POLITIQUE
23/09/2018 11:57 EDT | Actualisé 23/09/2018 14:16 EDT

Indépendance: Québec solidaire sûr que les chiffres du ministère des Finances en prouvera la nécessité

Mais QS reste prêt à accepter un avis contraire des fonctionnaires de l'État.

Manon Massé était accompagnée des candidats Viviane Martinova-Croteau, Catherine Dorion et Sol Zanetti, tous des anciens d'Option nationale, pour son annonce sur l'indépendance.
Catherine Levesque
Manon Massé était accompagnée des candidats Viviane Martinova-Croteau, Catherine Dorion et Sol Zanetti, tous des anciens d'Option nationale, pour son annonce sur l'indépendance.

QUÉBEC - Un gouvernement solidaire donnerait le mandat au ministère des Finances pour vérifier la viabilité d'un Québec indépendant, mais serait prêt à accepter des conclusions contraires à leurs aspirations.

Si son parti est porté au pouvoir, la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, exigerait que les fonctionnaires évaluent la dette, les transferts aux particuliers et toutes les autres mesures si le Québec venait à se séparer du reste du Canada.

À son avis, il y a des «économies qui viendront avec la fin des dédoublements de programmes et les dépenses qui servent le Canada, mais nuisent au Québec».

L'important, c'est que le peuple ait l'heure juste et ait confiance aux chiffres qu'on présente.Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire

«Nos propres économistes à l'interne en arrivent à la conclusion qu'un Québec indépendant est viable économiquement, dit-elle. Donc, on ne doute pas que, de façon non partisane, le ministère des Finances va faire ce travail-là et va en arriver aux mêmes conclusions.»

Et si les fonctionnaires n'en arrivent pas aux mêmes conclusions? «On regardera ça clairement comme c'est, répond Mme Massé. L'important, c'est que le peuple ait l'heure juste et ait confiance aux chiffres qu'on présente.»

QS irait donc de l'avant avec l'assemblée constituante même si les fonctionnaires du gouvernement en arrivent à la conclusion qu'un Québec indépendant chamboulerait l'économie. Ce serait aux citoyens de décider en toute connaissance de cause, précise le parti.

Mme Massé réitère toutefois qu'elle n'a «aucun doute» que le Québec peut voler de ses propres ailes. «[Le chef de la Coalition avenir Québec] François Legault lui-même en a fait la démonstration dans son [rapport de 2005] Finances d'un Québec souverain», blague-t-elle.

Une partition du Québec pays?

Mme Massé a été questionnée à répétition sur le fonctionnement de l'assemblée constituante d'un Québec souverain, au point où ses candidats Sol Zanetti et Catherine Dorion, respectivement dans Jean-Lesage et Taschereau, ont pris le relais.

M. Zanetti s'est défendu d'alimenter l'«incertitude» autour d'une telle voie pour faire du Québec un pays, puisqu'une assemblée constituante se ferait de concert avec la minorité anglophone dans la province et les nations autochtones.

«Il n'y a pas possibilité de déroute dans une telle consultation comme ça, avance-t-il. Pourquoi? Parce qu'essentiellement, on va juste gagner des appuis en faisant une constitution du Québec indépendant qui reflète ce que les gens veulent dans toute leur diversité.»

QS serait-il prêt à une partition partielle du Québec pour respecter la souveraineté des nations autochtones?

«Nous, on est convaincus que ce n'est pas quelque chose qui va arriver, a renchéri Mme Dorion. Quand il y a une réelle écoute de la part des politiciens, quand il y a un réel souci de comprendre ce que les Premières Nations désirent, il y a un retour de leur part.»

Mme Massé ne croit «absolument pas» que son parti a droit à une «partie gratuite» de la part des médias, comme l'a laissé entendre le chef péquiste Jean-François Lisée depuis la montée de QS dans les sondages. «Non, personne ne nous fait de cadeaux... au contraire!»

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