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23/09/2018 19:30 EDT | Actualisé 23/09/2018 19:30 EDT

ALÉNA: Trudeau réfute toute influence des élections au Canada

«Nous avons toujours dit très clairement qu'on ne signerait qu'un bon accord pour le Canada, sinon nous ne le signerons pas», a réaffirmé M. Trudeau.

Christinne Muschi / Reuters

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a réfuté dimanche "de manière claire et ferme" que le Canada n'ait pas encore conclu un nouvel accord sur le traité commercial ALÉNA avec les Etats-Unis pour des raisons de politique intérieure, comme l'a laissé entendre un conseiller de la Maison Blanche.

M. Trudeau a par ailleurs jugé "très probable" une reprise des négociations pour la modernisation de l'ALÉNA, "de façon moins formelle", en marge de la prochaine Assemblée générale de l'ONU qui débute lundi à New York.

"Je veux vous dire de façon très très claire et ferme que les considérations par rapport aux élections au Nouveau-Brunswick ou au Québec ne font pas du tout partie de notre réflexion" lors des négociations commerciales, a martelé M. Trudeau lors d'une conférence de presse avec son homologue espagnol Pedro Sanchez à Montréal.

Le Nouveau-Brunswick et le Québec élisent leurs députés provinciaux respectivement les 24 septembre et 1er octobre. Le secteur laitier du Québec, l'un des plus puissants du pays, fait pression sur le gouvernement canadien pour qu'il ne cède pas face aux Américains. Ces derniers voudraient qu'Ottawa allège le système canadien qui garantit des prix stables aux éleveurs et producteurs du secteur au moyen de quotas de production.

Cette question de la "gestion de l'offre" est l'un des principaux points d'achoppement de ces négociations pour une modernisation de l'accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). Des élus québécois ont menacé de saisir la justice si jamais le gouvernement cédait aux Américains sur le secteur laitier.

Vendredi, un conseiller économique de la Maison Blanche avait laissé entendre que le Canada traînait les pieds pour des raisons purement politiques. Il avait prévenu Ottawa que l'administration Trump pourrait avancer sur le dossier uniquement avec le Mexique faute de progrès rapide avec le Canada.

"Nous avons toujours dit très clairement qu'on ne signerait qu'un bon accord pour le Canada, sinon nous ne le signerons pas", a réaffirmé dimanche M. Trudeau.

Interrogé pour savoir si les négociations seraient suspendues pendant l'Assemblée générale de l'ONU la semaine prochaine à New York, M. Trudeau a affirmé qu'elles devraient se poursuivre "de façon moins formelle" en marge de la réunion.

"Je ne crois pas qu'il y ait des rencontres formelles prévues mais dans la mesure où plusieurs de nos négociateurs seront à New York en même temps, il est très probable que les conversations se poursuivent", a-t-il souligné.

Sa ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland, qui dirige l'équipe de négociateurs canadiens, doit se rendre avec M. Trudeau cette semaine à New York. M. Trudeau n'y restera que quelques jours et c'est Mme Freeland qui prononcera le discours du Canada devant l'Assemblée générale vendredi.

La dernière ronde de négociations entre Washington et Ottawa s'est achevée jeudi sans aboutir à un accord.

L'accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), qui unit les Etats-Unis, le Canada et le Mexique depuis 1994, est en renégociation depuis août 2017 à la demande de Donald Trump qui le juge inéquitable pour l'économie américaine.

Washington a signé un accord de principe avec Mexico le mois dernier et est en négociations depuis avec Ottawa. L'administration Trump a fixé comme date-butoir le 1er octobre pour publier le texte du nouvel ALÉNA, mais Ottawa refuse pour l'instant de céder aux pressions américaines.