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22/09/2018 09:07 EDT | Actualisé 22/09/2018 14:14 EDT

La tornade destructrice en Outaouais a fait des dégâts majeurs

Entre 600 et 800 évacuations ont été effectuées en collaboration avec la Croix-Rouge.

La tornade qui a déferlé sur les villes de Gatineau et d'Ottawa vendredi soir, a éventré et détruit des immeubles, arraché des toits, renversé des voitures et déraciné des arbres.

Les dégâts sont majeurs, et le nettoyage a commencé samedi matin.

Au moins six personnes auraient été blessées, dont deux seraient dans un état critique.

A Gatineau, c'est le quartier Mont-Bleu qui a été le plus sévèrement touché. Entre 600 et 800 évacuations ont été effectuées en collaboration avec la Croix-Rouge. Une centaine de sinistrés ont été hébergés sur le campus Gabrielle-Roy du Cégep de l'Outouais.

Galerie photoUne tornade frappe Gatineau et Ottawa Voyez les images

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, s'est rendu sur place. Il a demandé aux citoyens dont la résidence a été endommagée de ne pas retourner à leur domicile, sans l'approbation des autorités.

Selon M. Pedneaud-Jobin, 215 batiments ont été endommagés ou détruits. Au total, 1686 logements ont été affectés.

De l'autre côté de la rivière des Outaouais, c'est le quartier Dunrobin, dans l'ouest d'Ottawa, qui affichait aussi son lot de maisons endommagées par la tornade.

Alain Roberge, météorologue à Environnement Canada, a indiqué qu'une enquête sera menée pour déterminer la force de cette tornade.

Plus tôt vendredi, Environnement Canada avait signalé sur son site web la présence d'une «ligne d'orages violents» s'étendant du nord-est de Gatineau au nord-ouest d'Althorpe qui pouvait produire de puissantes rafales, de la grêle, de fortes pluies et de «brèves tornades isolées».

Samedi matin, des dizaines de milliers de pannes d'électricité étaient encore signalées.

Plusieurs résidants de Gatineau ont été passablement secoués par les événements.

À sa sortie du travail, Lynn Gauvin n'en croyait pas ses yeux en traversant le secteur de Mont-Bleu. «J'ai pas de mots, a-t-elle lâché en entrevue avec La Presse canadienne. Ça n'avait même pas de sens. On aurait dit un nuage de fumée noire, un monstre. Je ne pensais jamais voir ça dans ma vie.»

Marie Pieschke, une résidante de Gatineau, a vécu toute une frousse. «Le ciel est venu comme noir, puis après ça, il a commencé à pleuvoir très, très fort, a-t-elle raconté. Ensuite, il y a eu un gros, gros bruit.» Mme Pieschke a ajouté que l'arbre centenaire devant sa maison a été sérieusement abîmé, tout comme sa toiture, qu'elle venait de refaire. «Les branches ont commencé à tomber. Il y a une grosse, grosse branche qui est tombée en avant de ma porte, a-t-elle indiqué. J'ai lâché un cri.»

Jean-Marie Hamelin, un autre résidant, a vu des arbres tomber par sa fenêtre et s'est reculé de peur que des branches ne fassent éclater la vitre. «C'est très énervant, a-t-il confié. Ça fait 33 ans que je demeure ici et je n'avais jamais vu ça. C'était un bon vent.»

Lancine Dourouké a eu moins de chance: un morceau de bois a fait éclater une fenêtre de son salon sous ses yeux. «Je dormais et je me suis réveillé tout d'un coup, a relaté l'homme originaire de la Côte d'Ivoire. Je me suis levé et j'ai vu les éclats de verre. Je me suis réfugié dans la salle de bain et j'ai attendu trois ou quatre minutes que ça passe.»

Forcé de quitter son appartement en raison des dommages, M. Dourouké s'est tout de même réjoui d'avoir eu le temps d'emporter ses papiers d'immigration. «C'est la vie, c'est le destin», a-t-il conclu, philosophe.