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22/09/2018 11:08 EDT | Actualisé 22/09/2018 11:11 EDT

L'EI revendique un attentat faisant 29 morts en Iran

L'attaque survient dans un climat de tensions très fortes entre l'Iran et les États-Unis.

Le président Hassan Rohani a promis une réponse "terrible" de l'Iran après un attentat, revendiqué par le groupe État islamique (EI), qui a visé samedi un défilé militaire dans le sud du pays faisant au moins 29 morts dont des civils.

Téhéran a dénoncé un acte "terroriste" et accusé un "régime étranger" soutenu par Washington d'être derrière l'attentat, qui a fait également des dizaines de blessés, dont plusieurs dans un état grave.

L'attaque survient dans un climat de tensions très fortes entre l'Iran et les États-Unis, qui s'apprêtent à intensifier début novembre leurs sanctions contre la République islamique.

MEHDI PEDRAMKHOU via Getty Images
Un militaire tente d'amener un bébé en sécurité à Ahvaz, en Iran, après l'attentat de l'EI.

L'attaque, menée dans la matinée à Ahvaz, la capitale de la province du Khouzestan, peuplée majoritairement d'Arabes, a été revendiquée par le groupe extrémiste sunnite EI via son organe de propagande.

"La réponse de la République islamique à la moindre menace sera terrible", a déclaré M. Rohani, selon un communiqué publié sur son site internet officiel. "Ceux qui fournissent un soutien en matière de renseignement et de propagande à ces terroristes devront en répondre".

Le ministre des Affaires étrangères iranien avait plus tôt mis en cause un régime étranger soutenu par Washington.

"Des terroristes recrutés, entraînés et payés par un régime étranger ont attaqué Ahvaz [...] L'Iran considère que les parrains régionaux du terrorisme et leurs maîtres américains sont responsables de telles attaques", a écrit Mohammad Javad Zarif sur son compte Twitter.

Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, avaient pour leur part accusé les assaillants d'être liés à un groupe séparatiste arabe soutenu par l'Arabie saoudite.

«Nourris par l'Arabie saoudite»

"Jusqu'à présent, cet attentat terroriste a fait 29 martyrs et 57 blessés", a annoncé la chaîne officielle en langue arabe Al-Alam, en citant le député Mojtaba Zolnouri, membre de la Commission parlementaire de la Sécurité nationale et des affaires étrangères. Le bilan précédent était de 24 morts.

"Parmi les martyrs, figurent une fillette et un ancien combattant qui a été tué sur sa chaise roulante", a déclaré le général de brigade Abolfazl Shekarchi, porte-parole des forces armées iraniennes, sur la télévision d'État.

Ce général des Gardiens de la Révolution a ajouté que trois des "terroristes" avaient été abattus sur le site de l'attaque et qu'un quatrième, blessé et arrêté, avait décédé à l'hôpital.

Cité plus tôt par l'agence semi-officielle Isna en début d'après-midi, Ali-Hossein Hosseinzadeh, vice-gouverneur de la province du Khouzestan, avait indiqué qu'un journaliste et "huit ou neuf militaires" figuraient parmi les morts.

MORTEZA JABERIAN via Getty Images
L'attaque de l'EI est survenue alors qu'une commémoration de la guerre avec l'Irak était en cours.

Selon plusieurs médias iraniens, les assaillants étaient vêtus de treillis militaires.

"Ceux qui ont ouvert le feu sur les gens et les forces armées sont liés au mouvement al-Ahvazieh", a déclaré Ramezan Sharif, porte-parole des Gardiens de la Révolution cité par Isna, faisant référence à un mouvement séparatiste arabe local.

"Ils sont nourris par l'Arabie saoudite, et ils ont essayé de faire de l'ombre à la puissance des forces armées" iraniennes, a-t-il ajouté.

Premier chef d'État étranger à réagir à l'attaque, le président russe Vladimir Poutine s'est dit "horrifié" par l'attaque et a présenté ses condoléances à Hassan Rohani, selon le Kremlin.

"Cet évènement nous rappelle la nécessité d'une bataille sans compromis contre le terrorisme sous toutes ses formes", a dit M. Poutine dont le pays, avec l'Iran, soutient le régime de Bachar al-Assad contre les insurgés dans la Syrie en guerre.

L'attentat a eu lieu alors que l'Iran marque la Journée nationale des forces armées, qui commémore chaque 22 septembre le déclenchement, par Bagdad, de la guerre Iran-Irak (1980-1988).

Les premières attaques en Iran revendiquées par l'EI remontent à un peu plus d'un an.

«Colère contre nos missiles»

Le 7 juin 2017, des hommes armés et des kamikazes avaient attaqué le Parlement et le mausolée de l'imam Khomeiny à Téhéran, faisant 17 morts et des dizaines de blessés.

Les Gardiens de la Révolution avaient alors accusé l'Arabie saoudite et les États-Unis d'"implication" dans les attentats.

Accusé de déstabiliser le Moyen-Orient, l'Iran est dans le collimateur des États-Unis depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump qui a rétabli des sanctions contre Téhéran et annoncé son retrait de l'accord international de 2015 sur le nucléaire iranien.

L'Arabie saoudite, alliée des États-Unis, est le grand rival régional de l'Iran, les deux pays s'opposant sur de nombreux dossiers au Moyen-Orient, notamment dans les conflits en Syrie et au Yémen.

Dans un discours à Téhéran samedi peu avant l'annonce de l'attentat, M. Rohani a prévenu que son pays augmenterait "jour après jour" ses "capacités défensives", faisant référence aux missiles que développe Téhéran et qui inquiètent les Occidentaux.

"Le fait que vous soyez en colère contre nos missiles montre que ce sont nos armes les plus efficaces", a indiqué M. Rohani en présidant un défilé militaire à Téhéran.