POLITIQUE
21/09/2018 09:55 EDT | Actualisé 21/09/2018 12:32 EDT

L'Office national de l'énergie aura moins de 6 mois pour réévaluer Trans Mountain

L'ONÉ devra cette fois tenir compte l'impact du trafic supplémentaire de pétroliers au large des côtes de la Colombie-Britannique.

Bloomberg via Getty Images
L'ONÉ devra évaluer les impacts de la plus grande affluence de pétroliers au large des côtes de la Colombie-Britannique, en raison du terminal de Burnaby (photo).

Ottawa accorde moins de six mois à l'Office national de l'énergie (ONÉ) pour refaire l'évaluation environnementale du projet d'expansion de l'oléoduc Trans Mountain, en tenant compte de l'impact du trafic supplémentaire de pétroliers au large des côtes de la Colombie-Britannique.

"Nous sommes convaincus que le travail déjà effectué avec les mesures entreprises par le gouvernement dans le cadre du plan de protection des océans, le travail du ministère de M. Wilkinson sur la protection des épaulards et l'expertise de l'ONÉ que nous allons pouvoir compléter ce travail en 22 semaines", a affirmé le ministre des Ressources naturelles, Amarjeet Sohi, vendredi.

Il en a fait l'annonce en compagnie du ministre des Pêches et des Océans, Jonathan Wilkinson, lors d'une conférence de presse à Halifax, où le Canada accueille les ministres de l'Environnement et de l'Énergie du G7.

Le cabinet fédéral a ordonné à l'ONÉ de présenter une nouvelle recommandation dans un délai de 22 semaines pour déterminer si l'agrandissement du pipeline devrait se faire après avoir examiné l'impact environnemental des trois douzaines de pétroliers chargés de bitume dilué qui traverseraient la baie de Burrard chaque mois.

Le gouvernement présentera le résultat des analyses déjà effectuées pour la protection des épaulards, une espèce en voie de disparition.

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Le mois dernier, la Cour d'appel fédérale a annulé l'approbation que l'ONÉ et le gouvernement avaient accordée au projet en 2016, invoquant une consultation inadéquate avec les communautés autochtones et un manque d'examen de la question du transport maritime.

M. Sohi n'a pas écarté la possibilité pour le gouvernement de faire appel du jugement en Cour suprême tout en promettant le dévoilement "sous peu" des prochaines étapes de consultation des Premières Nations.

Plusieurs communautés autochtones, groupes environnementaux et le gouvernement de la Colombie-Britannique sont préoccupés par le risque accru de marée noire si un pipeline élargi fait passer le trafic de pétroliers de cinq navires à 35 navires par mois.

M. Sohi nommera aussi un conseiller technique maritime spécial pour faire partie du nouvel examen de l'ONÉ, mais cette personne doit encore être nommée.

L'annonce du gouvernement a été accueillie avec scepticisme par les partis d'opposition. Les conservateurs lui reprochent de ne pas avoir donné de date précise pour le début de la construction de l'oléoduc. Les néo-démocrates estiment que le gouvernement a fait de "petits changements" à un processus d'évaluation déjà défaillant.

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