POLITIQUE
21/09/2018 17:38 EDT | Actualisé 21/09/2018 17:38 EDT

Immigration: Legault renvoie la balle dans le camp du fédéral

«Demandez au fédéral», «C'est le gouvernement fédéral qui va décider», «Posez des questions à Justin Trudeau».

THE CANADIAN PRESS/Ryan Remiorz

MONTRÉAL — «Demandez au fédéral», «C'est le gouvernement fédéral qui va décider», «Posez des questions à Justin Trudeau». Quelques heures après s'être excusé d'avoir été imprécis sur son plan en matière d'immigration, François Legault semblait déterminé à ne pas commettre de nouvelles erreurs... en référant toute question sur son plan à Ottawa.

Le chef la Coalition avenir Québec (CAQ) a esquivé les questions sur le mécanisme par l'entremise duquel un gouvernement caquiste renverrait les nouveaux arrivants qui échoueraient les tests de français et de valeurs dans un délai de quatre ans, vendredi après-midi.

«Le seul pouvoir qu'a le gouvernement du Québec, c'est d'émettre ou non le certificat de sélection. Par la suite, ça relève du fédéral, donc si les gens ont des questions à poser sur ce que fera le fédéral, qu'ils posent des questions à Justin Trudeau», a-t-il exposé en mêlée de presse.

Un gouvernement Legault va «informer» le gouvernement fédéral des échecs aux tests, sans faire de recommandation. Et si Ottawa refusait d'expulser un nouvel arrivant qui n'a pas satisfait aux exigences? Le chef de la CAQ n'a pas voulu répondre à cette question, plaidant notamment qu'il ne briguait pas le poste de premier ministre du Canada.

«Quand je dis que je veux préciser, c'est que ça ne relève pas du gouvernement du Québec. Ça relève du gouvernement fédéral», a argué le dirigeant caquiste. La veille, lors du débat des chefs de TVA, il disait avoir fait «une erreur en parlant d'immigration», sans toutefois reculer sur sa proposition.

En réponse à une attaque de Philippe Couillard, qui l'accusait de «fai(re) peur aux gens» avec son plan, François Legault avait répliqué qu'il n'était «pas question d'expulser (des immigrants)», disant voir une grande différence entre «ne pas accepter un immigrant» et «l'expulser».

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L'équipe derrière le chef

Le chef de la CAQ avait préféré parler économie, éducation et famille en fouettant ses troupes, vendredi, à Montréal, alors qu'approche à grands pas le scrutin du 1er octobre — et surtout, alors que l'avance dont son parti disposait dans les sondages s'est effritée.

Il a débuté (tardivement) sa journée de campagne comme il avait conclu son débat de la veille sur le plateau de TVA: en tâchant de braquer les projecteurs sur son équipe de candidats plutôt que sur lui seul.

De passage dans les locaux de Griffintown qui abritent la «war room» caquiste, il leur a dit toute sa reconnaissance.

«Vous savez, il y a des moments qui sont plus difficiles pendant la campagne, et ce qui me faisait continuer de me battre, c'est vous autres. C'est de penser que vous, vous m'avez fait confiance», a-t-il lancé sous les applaudissements.

Le leader caquiste a aussi promis de «donner une leçon» au «donneur de leçon», terme qu'il emploie pour désigner le premier ministre sortant Philippe Couillard.

Et après avoir passé les derniers jours à faire campagne à un rythme au ralenti, François Legault a signalé qu'il comptait appuyer sur l'accélérateur pour le dernier droit du marathon électoral de 39 jours.

«Dans les 10 jours qui viennent, on va essayer de faire le maximum des 125 comtés», a-t-il lancé en disant souhaiter que le reste de la campagne soit «positive».

«Évidemment, je ne pourrai pas tous les visiter, mais préparez-vous, couchez-vous de bonne heure, on va faire du millage. (...) On va faire le maximum de comtés par jour», a-t-il dit aux journalistes qui suivent sa caravane.

«Tout le monde en parle»

Après son escale dans les locaux montréalais de la permanence de la CAQ, vendredi, le dirigeant a mis fin à ses activités publiques.

Il consacre une partie de l'après-midi sur le plateau de «Tout le monde en parle» pour enregistrer, en compagnie des chefs des trois autres partis, l'émission qui sera diffusée dimanche soir.

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