POLITIQUE
20/09/2018 12:27 EDT | Actualisé 20/09/2018 14:23 EDT

Les partis politiques tentent de séduire les régions avant le dernier débat

Posés, polis, ils se sont tout de même décoché plusieurs flèches lorsqu'est venu le temps d'aborder les sujets les plus chauds de la campagne.

THE CANADIAN PRESS/Ryan Remiorz

Les chefs des quatre principaux partis politiques se sont réchauffés devant les membres de la Fédération québécoise des municipalités, jeudi matin, en vue du dernier débat de la campagne électorale.

Ils ont tour à tour pris la parole devant les 1300 congressistes, au Palais des congrès de Montréal, pour promettre notamment l'Internet à haute vitesse sur tout le territoire québécois, le transfert d'un point de pourcentage de la TVQ aux municipalités, en plus du déménagement de centaines de fonctionnaires vers les régions.

Posés, polis, ils se sont tout de même décoché plusieurs flèches lorsqu'est venu le temps d'aborder les sujets les plus chauds de la campagne, en l'occurrence l'immigration, la pénurie de main-d'oeuvre et la décentralisation des services.

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a choisi de faire d'une pierre deux coups. "Ils viennent d'apprendre qu'avec un gouvernement de la CAQ, il y aurait 5000 fonctionnaires de moins dans le premier mandat, mais où va-t-on les prendre? s'est-il interrogé. Ils sont presque aussi inquiets que les 40 000 futurs immigrants qui viendraient au Québec sans savoir s'ils peuvent rester après trois ans."

La Fédération québécoise des municipalités représente quelque 1000 municipalités et MRC. Son président, Jacques Demers, a avancé jeudi que sous des taux de chômage très bas se cache le fait que le nombre d'emplois disponibles en région a diminué. Entre 2012 et 2017, les municipalités de moins de 10 000 habitants et les régions rurales du Québec ont perdu 50 000 emplois, a-t-il dit.

Pour Philippe Couillard, si le nombre d'emplois a diminué en région, c'est parce que des postes ont été abolis, faute de personnel. Dans ce contexte, il est "évident" qu'il ne faut pas réduire les seuils d'immigration.

"Pour un emploi créé, ça prend deux choses: un emploi et une personne, a-t-il déclaré. Si la démographie est négative, si l'on n'accueille pas assez de personnes dans nos régions, c'est le résultat automatique."

Par ailleurs, dans un deuxième mandat, un gouvernement Couillard assumerait la moitié des coûts des services policiers pour les municipalités.

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Actuellement, l'ensemble des municipalités assume 53 pour cent de ces coûts et le gouvernement en assume 47 pour cent. La facture des municipalités pour les services de la Sûreté du Québec s'élevait à 304,6 millions $ pour l'année 2017.

M. Couillard a également exprimé le souhait d'accélérer le développement des nouvelles technologies innovantes sur l'ensemble du territoire québécois, et de mieux soutenir les régions et sous-régions les plus dévitalisées.

Un gouvernement libéral dédierait 10 millions $ à terme à l'innovation technologique des régions, via une bonification de 10 pour cent du Fonds d'appui au rayonnement des régions.

L'enveloppe dédiée au soutien des territoires confrontés à des difficultés économiques sera doublée, pour atteindre 60 millions $.

Le chef libéral a indiqué que ses engagements s'inscrivent dans la foulée de la transformation entamée de la relation entre le gouvernement provincial et les municipalités, dorénavant reconnues comme "véritables gouvernements de proximité".

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