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19/09/2018 19:48 EDT | Actualisé 19/09/2018 19:48 EDT

ALÉNA: les États-Unis auraient renoncé à leurs demandes sur les marchés publics

Le Mexique et le Canada se félicitent chacun de leur fermeté face au plan des États-Unis.

THE CANADIAN PRESS/Sean Kilpatrick

Les États-Unis ont renoncé à leurs demandes controversées relativement aux lucratifs marchés publics dans le cadre de la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), a appris La Presse canadienne.

Le Mexique et le Canada se félicitent chacun de leur fermeté face au plan des États-Unis, qui aurait limité la capacité de leur pays respectif à soumissionner pour de précieux projets d'infrastructure du gouvernement américain.

Plusieurs sources, qui se sont exprimées sous le couvert de l'anonymat, ont cité les revendications concurrentes des deux pays comme un exemple de l'animosité qui a surgi entre le Canada et le Mexique depuis que le gouvernement mexicain a conclu sa propre entente de principe sur l'ALÉNA avec l'administration Trump le mois dernier.

Le Canada et les États-Unis tentent de renégocier leur partie du pacte commercial entre les trois pays, mais les principaux points de blocage tels que les produits laitiers, le règlement des différends et la culture demeurent.

Le Canada a reconnu que le Mexique avait fait des concessions importantes dans son accord avec les États-Unis sur les automobiles et avait permis des augmentations salariales importantes pour les travailleurs de l'automobile mexicains.

Mais des sources affirment que le Mexique a pesé le plus lourd dans la balance pour amener les Américains à renoncer à leur souhait de limiter la capacité des entreprises canadiennes et mexicaines à soumissionner pour des projets d'infrastructure américains, tout en favorisant un meilleur accès des entreprises américaines aux marchés publics canadiens et mexicains.

Le premier ministre Justin Trudeau a fait savoir mercredi à Ottawa que le Canada en voulait plus de ses partenaires de négociation avant de signer un nouvel ALÉNA.

Il a estimé que le gouvernement avait exprimé très clairement son intérêt pour ce qui pourrait être une bonne affaire pour le Canada, mais qu'un certain nombre de choses devraient bouger avant d'y arriver. Le premier ministre canadien a dit espérer voir cette progression.

Freeland de retour à Washington

De son côté, la ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland était de nouveau à Washington mercredi pour poursuivre les discussions sur l'ALÉNA.

Mme Freeland est arrivée dans la capitale américaine mardi, alors qu'un des principaux alliés du président Donald Trump au sein du Congrès indiquait clairement que certains législateurs américains commencent à en avoir assez de ce qu'ils considèrent être l'intransigeance du Canada.

Le représentant Steve Scalise, un républicain de la Louisiane, a mis en garde contre une «frustration croissante» face à ce qu'il a appelé «les tactiques de négociations» du Canada.

Des observateurs précisent que le Congrès souhaite que le Canada fasse partie d'un accord commercial tripartite, mais pas nécessairement au prix de l'entente préliminaire conclue avec le Mexique. Cette entente doit être approuvée par le Congrès avant le 1er décembre, puisque le nouveau gouvernement mexicain qui prendra le pouvoir à cette date a exprimé certaines réserves à son égard.

Le Canada, pendant ce temps, résiste aux échéanciers que tente de lui imposer l'administration Trump pour en venir à une entente — tout d'abord la fin août, puis maintenant la fin septembre.

Tandis que le Canada préconisait une formulation de l'ALÉNA visant à renforcer la protection du travail et l'égalité entre les sexes, les négociations d'ensemble auraient bloqué en raison de l'insistance du Canada pour que l'accord prévoie un mécanisme indépendant de règlement des différends.

Justin Trudeau a également promis de protéger le système canadien de gestion de l'offre des produits laitiers et de la volaille contre les demandes américaines visant à accroître l'accès de ses agriculteurs au marché laitier canadien. Selon des sources proches des discussions, le Canada aurait offert des concessions limitées sur l'accès au marché, tout en protégeant le système lui-même.