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18/09/2018 08:15 EDT | Actualisé 18/09/2018 08:18 EDT

Un membre canadien de Pussy Riot «vraisemblablement» empoisonné à Moscou

Piotr Verzilov avait participé à un coup d'éclat en juillet pendant la finale de la coupe du monde de soccer en Russie.

Désormais hors de danger, le militant du groupe contestataire russe Pussy Riot Piotr Verzilov a "très vraisemblablement" été victime d'un empoisonnement dont l'origine sera difficile à déterminer, ont indiqué mardi ses médecins à Berlin où il est hospitalisé depuis dimanche.

Les expertises médicales réalisées à Berlin et à Moscou, suggèrent "très vraisemblablement un cas d'empoisonnement", a indiqué Kai-Uwe Eckardt, médecin au grand hôpital de la Charité à Berlin lors d'une conférence de presse.

La substance incriminée reste inconnue et l'hôpital a refusé de spéculer sur les circonstances de l'intoxication. "Nous ne pouvons bien évidemment rien dire sur la façon dont la substance est entrée dans son corps, ce n'est pas notre travail", a déclaré le président de l'hôpital Karl Max Einhäupl.

Le jeune homme reste traité en soins intensifs. Il est conscient et peut s'exprimer. Son état "s'améliore de jour en jour", a-t-il ajouté.

Le militant de 30 ans, qui a également la nationalité canadienne, était arrivé dans un état qualifié de "grave" à Berlin à bord d'un avion médicalisé dans la nuit de samedi à dimanche, accompagné de membres de sa famille et en provenance d'un hôpital de Moscou.

Ses proches avaient dénoncé une tentative d'assassinat par empoisonnement pour le punir d'avoir envahi la pelouse le 15 juillet pendant la finale de la Coupe du monde de football en Russie.

Denis Sinyakov / Reuters
En 2010, Verzilov avait été arrêté pour avoir relâché des coquerelles dans un palais de justice de Moscou.

Son hospitalisation intervient alors que l'affaire Skripal envenime à nouveau les relations entre les Occidentaux et Moscou.

Le gouvernement britannique accuse deux personnes qu'il présente comme des agents du renseignement militaire russe (GRU) d'avoir empoisonné en mars Sergueï Skripal et sa fille à Salisbury en Angleterre. Ces accusations sont rejetées par Moscou.

«Pas un problème de drogue»

Selon M. Eckardt, M. Verzilov souffrait de cette intoxication depuis environ une semaine quand il a été admis à l'hôpital berlinois. Ses symptômes "peuvent avoir été provoqués par une incroyable diversité de substances", a expliqué le médecin, évoquant des plantes ou différentes sortes de drogues.

Les chances de l'identifier "ne sont pas très élevées" a-t-il admis, car les analyses ont été réalisées six jours après l'empoisonnement.

Le chef de l'hôpital a par ailleurs exclu la possibilité d'une overdose provoquée par le patient lui même.

"Ce genre de substances sont extrêmement rares dans les milieux de la drogue et nous n'avons pas d'indications selon lesquelles il avait un problème de drogue", a-t-il déclaré. "Si quelqu'un prend des drogues dans une telle quantité, cette personne ne peut qu'avoir des tendances suicidaires et nous n'avons aucune indication que cela est le cas" .

Piotr Verzilov était tombé malade à Moscou juste après avoir assisté à une audience judiciaire concernant l'arrestation récente de deux sympathisantes de Pussy Riot.

Il a été un temps dans le coma et a perdu provisoirement la vue et l'usage de la parole. À Moscou, il a été pris en charge dans un département toxicologique de l'hôpital.

Son épouse, dont il vit séparé, avait dénoncé une tentative d'assassinat. "Je pars du principe qu'il a été victime soit d'un acte d'intimidation, soit même d'une tentative d'assassinat" par empoisonnement, avait déclaré à Bild Nadeja Tolokonnikova.

La jeune femme est l'une des membres les plus connues du groupe de punk rock féministe devenu un groupe contestataire en Russie, dont plusieurs membres ont été condamnés dans le passé par la justice de ce pays.