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18/09/2018 18:20 EDT | Actualisé 18/09/2018 18:20 EDT

Les hausses de prix des aliments s'en viennent, disent les patrons des épiceries

Les pressions sur les coûts ont augmenté au cours de la dernière année.

Éric La Flèche, PDG de Metro.
PC/Paul Chiasson
Éric La Flèche, PDG de Metro.

Les chefs de la direction de trois grandes chaînes de supermarchés du pays ont averti mardi que les prix des aliments allaient bientôt grimper dans leurs établissements.

Les récentes pressions sur l'industrie — notamment la hausse des salaires minimums dans certaines provinces, l'augmentation des coûts du carburant et du transport, ainsi que le conflit commercial avec les États-Unis — entraîneront bientôt une inflation des prix, ont expliqué mardi les dirigeants de Metro, des Compagnies Loblaw et d'Empire, à l'occasion d'une conférence organisée par la Banque Scotia.

Le grand patron de Metro, Éric La Flèche, a expliqué que les consommateurs devraient s'attendre à observer un retour à des niveaux d'inflation plus normaux.

Le moment précis et la façon précise dépendront de la dynamique de la concurrence. Tout le monde est concurrent. Personne ne veut perdre de part. Alors nous verrons comment ça va se passerÉric La Flèche

Metro commence déjà à voir une certaine inflation des prix, a poursuivi M. La Flèche.

Les pressions sur les coûts ont augmenté au cours de la dernière année. Le salaire minimum de l'Ontario est notamment passé, le 1er janvier, de 11,60 $ à 14 $ l'heure, et les coûts du carburant et du transport ont aussi augmenté.

Puis, le 1er juillet, le gouvernement canadien a commencé à imposer des tarifs de représailles à une vaste gamme de produits américains, notamment le café, le sirop d'érable, la vinaigrette et d'autres aliments.

«Maintenant, nous avons ce que je décrirais comme un tsunami de demandes d'augmentation des coûts liées aux tarifs de la part de nos partenaires fournisseurs», a observé Michael Medline, chef de la direction d'Empire.

La société mère des chaînes Sobeys et IGA a refusé d'augmenter les prix pendant un certain temps, a-t-il indiqué, mais elle ne contestera pas ces coûts liés aux tarifs.

Empire refilera les coûts supplémentaires aux consommateurs aux endroits du marché où cela sera logique, a-t-il expliqué, ajoutant qu'il veillerait à ne pas céder de parts de marché.

Nous n'aimons pas retransmettre les coûts, mais il n'y a aucun moyen d'éviter cela avec les pressions inflationnistes que nous constatons actuellement.Michael Medline

Les augmentations de prix devraient être modérées du point de vue historique, a pour sa part observé le chef de la direction de Loblaw, Galen Weston.

Il a prédit que l'inflation alimentaire se situerait entre 1,0 pour cent et 1,5 pour cent, ce qui, selon lui, se situe dans une fourchette normale, comparativement à une fourchette élevée de cinq à six pour cent.

«Nous ne la voyons pas encore atteindre le niveau de cinq pour cent. Nous ne croyons pas qu'elle est susceptible de le faire.»

Livraison à domicile

Les patrons ont également présenté leurs projets respectifs pour développer leur activité de commerce électronique, en particulier la livraison à domicile. Les épiciers canadiens ont mis du temps à offrir des produits, mais ils ont redoublé d'efforts depuis que le géant américain du commerce en ligne, Amazon, a acquis la chaîne d'épiceries Whole Foods Market l'an dernier.

Metro offre déjà la livraison à domicile depuis sept magasins au Québec, qui desservent environ 60 pour cent de la population de la province, a indiqué M. La Flèche.

Il commencera à offrir le service en Ontario en 2019, a-t-il déclaré, mais n'a pas donné de détails sur des établissements précis.

L'entreprise s'appuie sur ses actifs existants pour gérer ses commandes plutôt que de s'associer à un tiers, comme ses concurrents ont choisi de le faire.

«Nous allons faire du commerce électronique avec une approche prudente», a expliqué M. La Flèche, ajoutant que son entreprise est en pleine expansion et qu'elle pourrait envisager d'utiliser une installation qui s'y consacre entièrement si ce genre d'activité atteignait un certain niveau, ce qui n'est pas encore le cas.

Empire, de son côté, a décidé de s'associer à la firme britannique Ocado pour construire un centre de distribution dans la région du Grand Toronto qui sera pleinement opérationnel au printemps 2020. Le centre hébergera la robotique d'Ocado, capable de répondre aux commandes des clients en quelques minutes.

Empire offre la livraison à domicile au Québec, mais a constaté que la solution qu'elle y offre ne pouvait pas être déployée ailleurs, a poursuivi M. Medline. Celui-ci a ajouté que l'entreprise était ravie que la solution d'Ocado élimine certains problèmes logistiques et soit rentable.

Loblaw a également établi un partenariat avec une autre entreprise pour offrir la livraison à domicile, optant pour la californienne Instacart, mais a choisi de le faire plus rapidement. Les clients de 17 villes peuvent désormais utiliser l'application Instacart pour commander des produits d'épicerie destinés à être livrés par Loblaw.

«Nous pensons aujourd'hui que l'expansion rapide et l'acquisition de clients est la deuxième chose la plus importante à faire dans les premières manches de l'épicerie en ligne», a fait valoir M. Weston.