POLITIQUE
18/09/2018 17:51 EDT | Actualisé 18/09/2018 17:51 EDT

Le candidat péquiste des Îles-de-la-Madeleine Joël Arseneau se dit victime de dénigrement

Même s'il a été déclaré inhabile à exercer une fonction de maire ou de conseiller pour cinq ans, rien ne l'empêche de siéger à l'Assemblée nationale.

Facebook/Joël Arseneau, candidat du Parti Québécois aux Îles

QUÉBEC — Même s'il a été déclaré inhabile à exercer une fonction de maire ou de conseiller pour cinq ans, l'ancien maire des Îles-de-la-Madeleine Joël Arseneau a le soutien du Parti Québécois.

Le candidat est d'ailleurs persuadé que ses démêlés passés avec la justice ne nuiront pas à ses chances de l'emporter le 1er octobre.

Et il fait le pari que les électeurs résisteront à «la campagne de dénigrement» que les libéraux tentent de mener contre lui.

Ancien maire de la municipalité des Îles-de-la-Madeleine, de 2005 à 2013, il lui est actuellement interdit par la cour de se présenter à un poste de maire ou de conseiller, partout au Québec.

Mais rien ne l'empêche de siéger à l'Assemblée nationale.

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En 2015, dans un jugement de la Cour supérieure, M. Arseneau a été déclaré «inhabile» à exercer la fonction de membre du conseil de toute municipalité pour une période de cinq ans.

Dans sa déclaration en demande d'inhabilité, la Procureure générale du Québec a allégué qu'entre 2007 et 2010, alors qu'il était maire, Joel Arseneau avait une façon toute personnelle de réclamer le remboursement de ses dépenses de fonctions, portant ainsi atteinte à «l'intégrité de la charge de maire».

La Procureure générale lui a reproché d'avoir tenté «de maquiller la réalité en invoquant sa simple négligence».

En plus de ses fonctions de maire, M. Arseneau agissait aussi en tant qu'administrateur du CLD local, de la Conférence régionale des élus (CRÉ) et de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), ce qui l'obligeait à divers déplacements à l'extérieur des îles.

En 2010, la vérificatrice des états financiers de la ville concluait que, de 2007 à 2010, M. Arseneau avait accumulé pour plus de 28 000 $ de dettes envers la ville, en raison de comptes de dépenses sans pièces justificatives, est-il écrit dans la demande en justice.

Or, selon ce qui est allégué dans la déclaration, de 2007 à 2010, des montants auraient été prélevés sur la carte de crédit de la municipalité, «malgré le fait que ces sommes avaient fait l'objet d'un paiement» par les organismes en question.

Au total, il se serait fait rembourser des dépenses à 78 reprises par divers organismes locaux et régionaux.

«Malgré ces 78 remboursements, il aurait omis systématiquement de rembourser à la municipalité les sommes que cette dernière lui avait avancées pour des dépenses encourues dans le cadre d'activités au sein de tiers organismes.»

En tout temps, M. Arseneau «savait qu'il devait lesdites sommes à la municipalité», est-il allégué, à propos des montants qui ont finalement été totalement remboursés à l'automne 2010.

Pas de squelette

En entrevue téléphonique, M. Arseneau soutient qu'il n'a «pas de squelette dans le placard».

Il se dit victime d'une campagne de dénigrement orchestrée contre lui par les libéraux, qui se plaisent à ressasser cette histoire périodiquement, dans le but de miner sa crédibilité et réduire ses chances de remporter la victoire le 1er octobre.

En agissant de la sorte, ils montrent qu'ils ont peur de perdre, ce qui est une bonne nouvelle, a-t-il fait valoir.

«Il y a eu des manoeuvres de mes adversaires politiques pour instrumentaliser le dossier jusqu'à me forcer à me défendre en cour», relate le candidat, rappelant qu'il avait été blanchi.

Dans un premier temps, M. Arseneau avait été accusé de fraude et de vol en relation avec cette affaire, en 2013, mais le jury l'avait acquitté.

«Les allégations étaient sans fondement», insiste-t-il.

Par la suite, en 2014, la procureure générale du Québec avait fait une demande de déclaration d'inhabilité, en rapport avec cette même histoire.

Pour éviter un nouveau procès, il dit avoir conclu «une entente à l'amiable», en vertu de laquelle il acceptait de ne pas chercher à occuper un poste de conseiller ou de maire pendant cinq ans, sans admettre aucune faute.

Sur le fond, il minimise la gravité des faits, parlant de «délais dans la conciliation de dépenses», dues à ses différentes fonctions. Il blâme le «manque de support administratif», pour expliquer comment il a pu se retrouver dans pareille situation.

Les sondages indiquent que le Parti libéral du Québec (PLQ) et le Parti québécois (PQ) sont au coude à coude dans cette circonscription, qui est actuellement dans le giron libéral.

Le PQ savait

La direction du Parti québécois était au courant de la situation et a choisi de donner suite à la candidature de M. Arseneau.

«M. Arseneau nous a fait part de ces faits lorsqu'il a voulu se présenter pour le Parti Québécois. Son explication nous a convaincus de le présenter comme candidat», a commenté une des responsables des relations avec les médias.

Le PQ rappelle que le jugement ne vaut que pour le palier municipal.

«De plus, les allégations de la poursuite avaient été invalidées lors d'une procédure judiciaire préalable (les accusations criminelles pour lesquelles il a été acquitté en 2013) où il a été complètement blanchi», a-t-on fait valoir.

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