POLITIQUE
17/09/2018 15:26 EDT | Actualisé 17/09/2018 17:54 EDT

L'Inspectrice générale de Montréal relève des irrégularités dans la surveillance des chantiers par les firmes privées

Tous les chantiers municipaux visités par le BIG comportaient des irrégularités.

Reuters

MONTRÉAL — De nombreuses irrégularités se glisseraient dans les chantiers de la Ville de Montréal qui sont surveillées par des firmes privées, rapporte le Bureau de l'inspectrice générale (BIG) dans un nouveau rapport.

Dans ce rapport de mi-année, déposé lundi un conseil municipal, on apprend que le BIG a effectué 83 visites sur 71 chantiers pour vérifier le travail des surveillants de chantier. Ces surveillants doivent, entre autres, s'assurer que les travaux respectent les plans et devis du projet.

Les 71 sites ont été choisis parce qu'ils étaient principalement surveillés par des entreprises privées plutôt que par des employés de la Ville. Tous les chantiers ont fait l'objet d'au moins une irrégularité relevée par le BIG.

«Sans la présence du BIG sur ces chantiers, il est probable que personne n'aurait relevé ces manquements», lit-on dans le document.

Parmi les irrégularités, on note que des entrepreneurs ont soumis des prix «nettement inférieurs» à la valeur des travaux afin d'obtenir des contrats de resurfaçage des routes. Les entreprises auraient retrouvé la rentabilité en omettant de réparer des défauts.

Me Bishop souligne que ces défauts favorisent l'apparition rapide de nids-de-poule. S'ils ne sont pas réparés, la chaussée se dégradera plus rapidement.

Surveillants insouciants?

En 2016, la Ville a modifié ses exigences en ce qui concerne la correction des défauts et a donné plus de pouvoirs aux surveillants de chantiers. Or, dans certains cas, les surveillants sont peu enclins à faire respecter les exigences de la Ville.

«Dans quelques cas, suivant notre demande d'intervention, le surveillant n'a pas répondu adéquatement en essayant de banaliser les conséquences sur la qualité de l'ouvrage», note Me Bishop.

Celle-ci souligne que le fait de ne pas réparer les défauts favorise l'apparition de nids-de-poule.

Des problèmes ont également été soulevés dans l'asphaltage, dans le contrôle de qualité du béton et dans la pose des fondations de trottoirs, entre autres. Dans certains cas, le technicien de laboratoire chargé d'approuver le mélange d'enrobé bitumineux n'était même pas au courant des exigences de la Ville.

Sylvain Ouellet, responsable des infrastructures au sein du comité exécutif, affirme que «des rappels à l'ordre» seront émis pour s'assurer que les surveillants de chantier respectent les exigences.

Il s'agit du tout premier rapport rédigé par la nouvelle inspectrice générale. Me Bishop a pris les rênes de Me Denis Gallant en juin.

Ça va mieux dans les trottoirs

Au moins, dans le même rapport, le BIG note une nette amélioration des moeurs de l'industrie des trottoirs.

La Commission Charbonneau a étalé en long et en large les problèmes des contrats pour les trottoirs à Montréal. Jusqu'en 2011, six entreprises collusionnaires se partageaient la quasi-totalité des contrats.

Le BIG a mené une vaste enquête qui a duré 20 mois afin de faire une mise à jour de la situation. L'inspectrice générale note qu'il y a maintenant plus d'entreprises qui soumissionnent pour les contrats, dont plusieurs proviennent de l'extérieur de Montréal. Il est aussi plus rare qu'une seule entreprise plus de 10% de la valeur des contrats.

Résultat: la fourchette de prix est descendue à entre 100 $ et 120 $. Elle était autrefois plutôt de 150 $ à 200 $.