POLITIQUE
17/09/2018 09:12 EDT | Actualisé 17/09/2018 17:39 EDT

Alzheimer et démence: la CAQ pourrait élargir l'aide médicale à mourir

Un gouvernement caquiste songerait à permettre les directives médicales anticipées.

À l'heure actuelle, les personnes atteintes de démence n'ont pas accès à l'aide médicale à mourir au Québec.
Getty Images/iStockphoto
À l'heure actuelle, les personnes atteintes de démence n'ont pas accès à l'aide médicale à mourir au Québec.

Un gouvernement caquiste serait ouvert à élargir l'aide médicale à mourir aux personnes atteintes de démence et d'Alzheimer sévère.

Les candidats caquistes François Bonnardel et Marguerite Blais ont fait savoir lundi que la CAQ, une fois au pouvoir, tiendrait des consultations à l'Assemblée nationale sur la question, en plus d'ajouter 5 millions $ par an sur quatre ans dans la recherche sur l'Alzheimer.

La commission sur l'enjeu de mourir dans la dignité qui avait précédé l'adoption de la loi en 2015 avait recommandé de reconnaître à une personne majeure et apte le droit de faire une demande anticipée d'aide médicale à mourir au cas où elle deviendrait inconsciente de façon irréversible.

Le gouvernement n'avait toutefois pas retenu cette option en raison d'un manque de consensus.

"Je pense qu'un consensus social est peut-être possible sur cette question", a déclaré François Bonnardel dans une conférence de presse lundi, à Saint-Sauveur.

Il est lui-même touché par cette question, puisqu'il doit s'occuper de sa mère qui souffre de la maladie d'Alzheimer.

"Le Québec est capable de faire ce débat, de façon sereine. Il y a des centaines, sinon des milliers de personnes, qui m'ont écrit, qui m'ont envoyé des messages en nous disant: continuez ce combat."

Les consultations porteraient sur les directives médicales anticipées relatives à l'aide médicale à mourir, ce qui peut concerner les personnes souffrant de la maladie d'Alzheimer et de maladies apparentées.

Citant un rapport datant de 2009, la candidate caquiste dans Prévost, Marguerite Blais, une ex-ministre libérale, a déclaré qu'un véritable "tsunami" frappera le Québec dans la prochaine décennie, car il y aura davantage de cas de maladie neurodégénérative que de cas de maladie cardiovasculaire et de cancer.

Quant à savoir si 5 millions $ sur quatre ans en recherche suffiront alors, elle a laissé entendre que c'est tout de même plus que les 1,4 million $ investis par les libéraux.

📣 LES ÉLECTIONS SUR FACEBOOK
Vous ne voulez rien manquer de la campagne électorale?

Cliquez ici pour devenir membre de notre groupe
«Québec 2018: les élections provinciales»!

La CAQ dénonce l'absence de leadership du gouvernement actuel. Mme Blais, qui a siégé dans le gouvernement Charest et dans le gouvernement Couillard, n'a pas voulu dire si la question de l'Alzheimer avait été abordée au caucus ou au conseil des ministres.

Elle a toutefois rappelé la mise sur pied du Fonds de soutien aux proches aidants, dont 75 pour cent de l'enveloppe s'élevant à 200 millions $ est réservée aux personnes atteintes d'Alzheimer _ un fonds que la CAQ s'engage à reconduire si elle parvient au pouvoir.

Réaction du Parti québécois

Le Parti québécois (PQ) est favorable à entamer des consultations sur l'élargissement de l'aide médicale à mourir.

La députée qui s'était fait connaître pour avoir porté ce dossier dès les tout débuts, Véronique Hivon, a rappelé que le PQ avait formulé une demande de consultations il y a déjà un an et demi en séance de travail à l'Assemblée nationale.

"Cette idée revient constamment", a-t-elle déclaré en mêlée de presse, en souhaitant que le débat se poursuive de la manière la plus consensuelle possible.

"Je souhaite qu'on poursuive cet exploit qu'on a réussi au Québec, qu'on préserve ce débat au-delà des lignes partisanes", à l'abri des "positions antagonisantes", a-t-elle résumé.

Aussi sur le HuffPost Québec: