POLITIQUE
16/09/2018 15:09 EDT | Actualisé 17/09/2018 05:49 EDT

Immigration: François Legault se trompe samedi... puis se fourvoie encore dimanche

Il a candidement avoué qu'il n'aurait pas gagné «Génies en herbe».

PC/Graham Hughes

MONTRÉAL — Le chef caquiste François Legault admet qu'il n'aurait "pas gagné Génies en herbe" avec ses réponses sur le système d'immigration, mais s'est encore embrouillé dimanche avant de prendre la question en délibéré.

Samedi en conférence de presse, il s'était trompé sur le délai minimal nécessaire entre l'obtention du statut de résident permanent et la citoyenneté canadienne.

"Peut-être que je n'aurais pas gagné 'Génies en herbe' hier (samedi)", a-t-il déclaré, dans une conférence de presse à Coteau-du-Lac, en reconnaissant que c'était de "bonnes questions" et qu'il aurait dû faire les vérifications nécessaires.

Quand on lui a demandé de comparer le test de valeurs et le test de français qu'il veut imposer aux nouveaux arrivants à la procédure déjà existante au fédéral, il a affirmé que l'examen de connaissance du Canada est donné à l'étape de la demande de la résidence permanente.

"C'est avant, pour avoir la résidence permanente, je vais vérifier pour être certain, là, je vais prendre votre question en délibéré", a-t-il indiqué.

Or l'examen portant sur la connaissance du Canada est fait par les demandeurs de la citoyenneté canadienne, qui sont déjà résidents permanents.

Le chef libéral Philippe Couillard avait accusé samedi son adversaire caquiste de ne pas comprendre le système d'immigration actuel, entré en vigueur à la suite d'un accord Ottawa-Québec datant du début des années 1990.

"J'ai lu pas mal toute la nuit là-dessus", a affirmé M. Legault, qui a précisé que son équipe lui avait résumé l'accord fédéral-provincial.

"Je suis sur un terrain très solide" concernant l'immigration, a-t-il assuré.

La CAQ veut ajouter une étape dans le processus en vigueur actuellement: le Québec délivrerait au candidat un certificat temporaire, qui au bout de trois ans maximum mènerait à un test de français et à un test de valeurs, dont la réussite est nécessaire d'accorder le certificat de sélection, qui existe déjà.

C'est ce certificat de sélection attribué par le Québec qui actuellement permet au fédéral d'accorder la résidence permanente. Et au bout de trois années cumulées de résidence permanente, une personne peut demander la citoyenneté canadienne.

Avec le nouveau processus proposé par la CAQ, un nouvel arrivant pourrait prendre de trois à six ans avant de devenir citoyen au Québec, alors que le même immigrant peut y arriver en trois ans ailleurs au pays. Et s'il ne réussit pas les tests de français et de valeurs, il est passible d'expulsion, parce que le certificat ne sera pas délivré.

S'il devient premier ministre le 1er octobre, François Legault a fait savoir dimanche qu'il était prêt à rencontrer rapidement son homologue fédéral Justin Trudeau pour discuter de sa proposition.

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Couillard et Lisée réagissent

Les réactions du camp libéral n'ont pas tardé. Philippe Couillard a lu une déclaration pendant son annonce du jour dimanche matin, dans un centre de distribution de Québec.

Il a qualifié d'"incroyable" la conférence de presse de samedi où son adversaire hésitait sur les réponses à donner.

Selon le chef libéral, M. Legault parle d'immigration seulement par intérêt partisan, pour semer "la chicane et la division".

"M. Legault veut imposer un test d'expulsion, mais échoue le test de compréhension, de connaissance. Il ne comprend pas le sujet dont il parle. Il n'a pas passé le test. Comment les Québécois pourraient-ils lui faire confiance?"

Le chef péquiste Jean-François Lisée en a pour sa part profité pour se moquer de son rival caquiste, devant ses partisans rassemblés dans une salle de Gatineau.

"M. Legault ne savait pas (la réponse) hier. Il a inventé une réponse. Peut-être que quelqu'un lui a dit que la question reviendrait aujourd'hui. La question est revenue aujourd'hui. Il n'avait toujours pas la bonne réponse! Non mais, tu sais, quand tu échoues le test de rattrapage avec les mêmes questions..."