POLITIQUE
16/09/2018 12:34 EDT | Actualisé 16/09/2018 15:03 EDT

Tous les fournisseurs à percevoir les taxes en ligne sur les biens tangibles, promettent les libéraux

Le commerce au détail québécois est un «géant au pied d'argile», affirme le chef libéral.

PC/Jacques Boissinot

QUÉBEC — Le chef libéral Philippe Couillard a profité dimanche du Jour 25 de la campagne électorale pour s'adresser aux détaillants québécois et leur promettre un commerce en ligne plus équitable.

Il s'est engagé à obliger tous les fournisseurs de biens tangibles, peu importe leur provenance, à percevoir la taxe de vente du Québec.

Dans le dernier budget Leitao, le gouvernement annonçait que les fournisseurs canadiens de biens tangibles devraient désormais s'inscrire à Revenu Québec pour la perception de la TVQ.

Il rendait aussi obligatoire l'inscription de toutes les entreprises qui fournissent des biens intangibles (Netflix, par exemple).

Dimanche à Québec, alors qu'il se trouvait au centre de distribution de l'entreprise Simons, M. Couillard s'est engagé à étendre l'inscription aux biens tangibles provenant de l'étranger. Il a pris l'exemple d'Amazon.

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"On va continuer à rétablir l'équité fiscale pour nos détaillants, a-t-il martelé en point de presse. Le gouvernement fédéral doit maintenant et rapidement compléter la modernisation des centres de traitement pour permettre d'identifier les colis et rendre possible la perception des taxes.

"C'est ce que l'on exigera et ce que l'on obtiendra", a-t-il ajouté.

M. Couillard a dit croire que le gouvernement fédéral, fortement critiqué sur son approche à l'égard de Netflix et d'autres géants de l'internet, avait évolué sur la question.

Québec devra toutefois se fier à la bonne volonté des entreprises étrangères. Dans l'éventualité où une entreprise "ignorante" ne s'inscrirait pas à Revenu Québec, M. Couillard a expliqué que ce sera au consommateur d'effectuer certaines démarches.

Il a peiné à expliquer les étapes qui devront être suivies dans le cas où, par exemple, un client québécois achetait un t-shirt de Singapour d'une entreprise non-inscrite. "Il va vous être envoyé à la maison avec une facture qui va inclure la TVQ", a commencé par dire Philippe Couillard.

Puis, il s'est rajusté. Le colis ne sera pas livré "tant que (le détaillant) ne se sera pas engagé à vous facturer la taxe.

"J'espère que vous allez dire au fabricant de Singapour: "Je ne trouve pas ça acceptable que vous refusiez de prélever la taxe. S'il-vous-plaît, prélevez la taxe et envoyez-moi mon t-shirt"."

L'équipe des communications du Parti libéral a plus tard expliqué aux journalistes qu'un consommateur dont le colis serait retenu pourrait se rendre au centre de traitement ou à un bureau de Postes Canada pour payer la TVQ et le récupérer.

Devant les défis du XXIe siècle, les détaillants québécois et leurs 500 000 employés doivent également "prendre leurs responsabilités" et développer la vente en ligne, a indiqué M. Couillard. Il assure que son gouvernement sera là pour les accompagner.

Il bonifierait notamment de 4,5 millions $ le Programme de soutien au virage numérique des détaillants, et diminuerait le fardeau administratif des entreprises.

En 2015, les Québécois effectuaient 6,6 milliards $ d'achats en ligne, mais les détaillants québécois n'avaient que 26 pour cent du marché.

Lors de la présentation de son cadre financier le 13 septembre, le Parti québécois a également annoncé qu'il imposerait la TVQ sur les biens tangibles de l'étranger achetés en ligne, ce qui ferait entrer 158 millions $ annuellement dans les coffres de l'État, d'après lui.

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Par ailleurs dimanche, M. Couillard a de nouveau recadré la question de l'urne ("ballot question"). Contrairement à ce qu'il avait prétendu à la mi-campagne, la question que devraient se poser les Québécois au moment d'aller voter le 1er octobre n'est pas celle de savoir s'il faut accepter moins d'immigrants au Québec.

Estimant qu'une réduction des seuils d'immigration allait "limiter le développement économique", le chef libéral avait établi la question ainsi: "La question de l'élection, ce n'est pas d'augmenter, c'est de porter un jugement sur ceux qui veulent diminuer. Ma proposition, c'est de ne pas diminuer".

Le lendemain, il était revenu sur le sujet, insistant cette fois sur l'aspect économique.

La question de l'urne "c'est l'économie, l'éducation et la santé", a-t-il de nouveau nuancé dimanche.