POLITIQUE
15/09/2018 15:31 EDT | Actualisé 15/09/2018 16:51 EDT

L'immigration n'est pas l'enjeu principal de la campagne, selon François Legault

Le chef caquiste a dit qu'il parlait d'immigration parce que Philippe Couillard en parlait indirectement.

THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot

L'immigration n'est pas l'enjeu principal de la campagne: ce sont les journalistes qui en parlent, "pas les gens normaux", qui parlent plutôt de Gaétan Barrette, a déclaré samedi le chef caquiste François Legault.

Il répondait notamment aux attaques de son adversaire Philippe Couillard qui l'accuse de parler d'immigration pour récolter des votes.

En conférence de presse à Cap-Santé, dans Portneuf, M. Legault a dit que l'immigration n'était pas l'enjeu principal de la campagne, la question de l'urne ("ballot question").

"Ce n'est pas le seul sujet, c'est un des sujets (...), je n'ai jamais amené ce sujet", a-t-il déclaré. Il a répété qu'il abordait plusieurs sujets et que les électeurs avaient bien d'autres soucis, dont se débarrasser du ministre Gaétan Barrette.

"Les gens tous les jours parlent plus de Gaétan Barrette et de l'argent qu'ils ont dans leurs poches, vous (les journalistes) parlez beaucoup de l'immigration, mais pas les gens normaux."

Mais François Legault a ajouté que s'il était journaliste à bord de la caravane de Philippe Couillard, il poserait des questions sur... l'immigration. Il a dit qu'il lui demanderait pourquoi le Québec perd 26 pour cent de ses immigrants sur 10 ans, si c'est pourtant si important pour son gouvernement.

Plus tôt en matinée, en visitant une résidence cossue pour personnes âgées à Québec, M. Legault avait également lancé aux gens qui l'accueillaient que s'ils voulaient 40 000 immigrants par an, il fallait voter pour lui, et si on en voulait plus de 50 000, il fallait voter pour les libéraux.

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En point de presse à Québec, le coporte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois déplore l'importance que prend la question de l'immigration au cours de la campagne électorale, au détriment d'enjeux plus cruciaux, selon lui.

"Ce qui devrait nous faire peur, ce ne sont pas les immigrants qui se joignent au Québec. Ce qui devrait nous faire peur, c'est la crise écologique qui menace notre vie et notre économie", a-t-il lancé.

La méthode caquiste, selon Couillard

Selon Philippe Couillard, si M. Legault continue à parler d'immigration comme il le fait, c'est parce qu'il trouve que "c'est bon pour lui pour avoir des votes".

"C'est la seule explication", a soutenu le chef du Parti libéral lors d'un arrêt à Québec, au Jour 24 de la campagne électorale.

M. Legault fait campagne en suivant le vent, en lançant des propositions, puis en ajustant au gré des sondages, a dénoncé M. Couillard.

"S'il continue, c'est qu'il doit trouver que c'est bon pour lui pour avoir des votes. (...) Je suis persuadé que la majorité des Québécois et des Québécoises ne partagent pas son avis quant à la façon de disposer aussi cavalièrement de gens qui sont chez nous et qui sont chez nous légalement."

Philippe Couillard affirme avoir bien cerné la "méthode" caquiste. Celle-ci consisterait à "présenter, appâter, attendre, tester le vent et ajuster".

Par ailleurs, samedi, M. Couillard a légèrement durci le ton à l'endroit de son candidat dans Taillon, Mohammed Barhone, sans jamais toutefois remettre en question sa candidature.

M. Barhone est au centre d'une controverse depuis la diffusion, jeudi, d'un discours électoral prononcé devant des femmes d'origine maghrébine.

Il a déclaré que la CAQ fera le nettoyage de l'immigration et qu'il n'y aura pas de services publics pour celles qui portent le hijab.

"M. Barhone a réagi rapidement, a reconnu que ses propos n'étaient pas acceptables. Je ne les trouvais pas acceptables moi-même et il s'est excusé publiquement", a dit M. Couillard.

"C'est ce qu'il fallait faire. Ce qui aurait été très difficile pour moi de tolérer, c'est qu'il laisse planer ses déclarations quelques jours", ce qu'il n'a pas fait.

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