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13/09/2018 14:51 EDT | Actualisé 13/09/2018 15:18 EDT

TVA: PKP doit «revenir à la raison» et négocier de bonne foi, dit le président du syndicat FTQ

La direction de TVA ne s'en cache pas: elle a déjà commencé à former des employés de remplacement, au cas où une grève serait déclenchée.

Christinne Muschi / Reuters

MONTRÉAL — Le grand patron de Québecor, Pierre Karl Péladeau, doit «revenir à la raison» et négocier de bonne foi avec le syndicat des employés de TVA pour éviter la grève, lance le président de la FTQ, Daniel Boyer.

Les 830 travailleurs de TVA à Montréal menacent d'exercer le mandat de grève générale illimitée dont ils se sont déjà dotés, à compter du 22 septembre, soit dans un peu plus d'une semaine. Leur syndicat est rattaché au Syndicat canadien de la fonction publique, affilié à la FTQ.

«On souhaite qu'il y ait de véritables négociations. On ne sent pas que l'employeur négocie de bonne foi depuis déjà un bon bout de temps. On pense qu'il y a encore de la place pour qu'on puisse négocier et s'entendre», puisque la grève ne doit être déclenchée que le 22 septembre, a fait valoir M. Boyer, au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne, jeudi.

Il rappelle que l'enjeu du conflit à TVA n'est pas les salaires, mais la protection des emplois à TVA. «C'est pour protéger les emplois; c'est pas les salaires. Donc, on pense que monsieur Péladeau devrait revenir à la raison et négocier de bonne foi.»

Les points en litige sont les abolitions de postes et le transfert des emplois de TVA vers d'autres filiales de TVA ou Québecor, comme les studios Mel's.

La direction de TVA, quant à elle, nie transférer ainsi des emplois et soutient que des protections à cet effet existent déjà dans la convention collective.

Travailleurs de remplacement

Mais la direction de TVA ne s'en cache pas: elle a déjà commencé à former des employés de remplacement, au cas où une grève serait effectivement déclenchée. Et le recrutement «va bon train», a déjà rapporté la direction.

Le grand syndicat qui représente des pigistes, techniciens de l'image et du son, l'AQTIS, a confirmé que certains de ses membres avaient reçu des offres de travail pour TVA. Le président de l'AQTIS, Alexandre Curzi, n'a pas donné de mot d'ordre à ses membres, mais leur a adressé un message de solidarité syndicale, en précisant en entrevue que lui-même «ne traverserait jamais une ligne de piquetage».

La télédiffusion est de compétence fédérale. Et le Code canadien du travail ne prévoit pas de dispositions anti-briseurs de grève, contrairement au Code du travail du Québec.

«On souhaite que les gens respectent les lignes de piquetage», a lancé le président de la plus grande centrale syndicale du Québec, qui a plus de 600 000 membres.

«On a demandé des améliorations aux dispositions anti-briseurs de grève, parce que le travail ne s'effectue pas comme il s'effectuait à l'époque, c'est-à-dire dans une entreprise entre quatre murs. Surtout dans ce milieu-là des communications, il y a du travail qui s'effectue de manière virtuelle. Il ne faut pas prendre des travailleurs de remplacement pour faire le travail de ceux qui sont en conflit», a plaidé M. Boyer.

L'Union des artistes s'en mêle

C'est maintenant au tour de l'Union des artistes de lancer un message de solidarité syndicale à ses membres, devant le risque d'une grève des 830 employés de TVA.

Dans un message qu'elle vient d'adresser à ses membres, la présidente de l'Union des artistes, Sophie Prégent, indique que l'acceptation d'une nouvelle offre de contrat qui pourrait être faite par les compagnies de production de TVA, et dont la fonction n'est pas couverte par l'entente qui existe déjà entre TVA et l'Union des artistes, "équivaudrait en quelque sorte à franchir une ligne de piquetage".

Et agir de la sorte aurait pour conséquence d' "affaiblir la position des employés syndiqués touchés par le conflit", écrit la comédienne et présidente de l'UDA dans sa missive.

Mme Prégent ajoute que "ce geste irait à l'encontre du fondement même de solidarité syndicale que l'Union des artistes défend ardemment".

Lundi, c'est le grand syndicat qui représente les techniciens pigistes, à savoir l'Alliance québécoise des techniciens de l'image et du son, l'AQTIS, qui a lancé un semblable message de solidarité syndicale à ses membres.

Le président de l'AQTIS, Alexandre Curzi, n'a pas donné de mot d'ordre à ses membres, mais leur a adressé un message de solidarité syndicale, en précisant en entrevue que lui-même "ne traverserait jamais une ligne de piquetage".