POLITIQUE
13/09/2018 11:14 EDT | Actualisé 13/09/2018 19:58 EDT

Le Parti québécois présente un cadre financier basé sur les prévisions de la VG

Les promesses du PQ sont moins coûteuses que la CAQ et le PLQ.

MONTRÉAL — Les engagements électoraux du Parti québécois, qui atteignent 1,4 milliard $ à terme, s'avèrent moins élevés que ceux de la Coalition avenir Québec et du Parti libéral. Mais pour les payer, le PQ compte notamment sur une somme de 4 milliards $ qu'il veut récupérer auprès des médecins, n'écartant pas d'imposer une loi spéciale pour les mettre au pas.

Car si le PQ est élu et veut passer de la parole aux actes, un affrontement avec les médecins n'est pas exclu.

Le 4 milliards $ sur quatre ans provient de deux sources: tout d'abord, la formation politique souhaite geler l'enveloppe de rémunération des médecins, accordée par les libéraux. Puis, ils sont aussi visés sur un autre plan: le PQ prévoit récupérer des sommes d'argent en interdisant aux médecins de s'incorporer, une mesure qui réduit actuellement l'impôt qu'ils ont à payer.

Tout cet argent serait réinjecté dans les services de santé au cours d'un premier mandat, calcule le parti.

Le chef péquiste, Jean-François Lisée, s'attend à de la résistance, voire des contestations judiciaires de la part des médecins.

"Est-ce qu'ils vont dégainer leurs avocats? Bien sûr. Est-ce que l'on va dégainer le nôtre? Bien sûr", a-t-il déclaré en point de presse.

Mais il a été catégorique: "Il n'y a aucun scénario où un sou de plus sera versé aux médecins. Le chiffre c'est zéro". Il précise que rien ne leur sera enlevé, mais que les versements supplémentaires seront suspendus, dès octobre.

Pourquoi les 22 000 médecins sont-ils ainsi visés? "Parce qu'ils ont frappé le jackpot de tous les jackpots", résume le chef qui prenait une pause de sa préparation de débat pour dévoiler les chiffres de son parti.

Et si les médecins ouvrent une salve judiciaire, M. Lisée estime qu'il dispose de plusieurs moyens législatifs, et n'écarte pas une loi spéciale pour les forcer à obtempérer. "Nous allons utiliser tous les outils législatifs à notre disposition", soutient le chef péquiste, qui dit préférer la négociation.

Il refuse de concéder que son cadre financier s'écroule s'il ne peut remettre dans les coffres de l'État les sommes consenties aux médecins.

Mais ces derniers ne sont pas les seuls à payer les engagements de son parti, soutient le chef. Il cite divers revenus supplémentaires qui seraient encaissés sous un gouvernement péquiste: sa taxe "glouton" sur les salaires des dirigeants d'entreprises inscrites en bourse, au-delà d'un certain seuil, sur les profits détournés dans les paradis fiscaux, une hausse de la taxe sur l'eau et la perception de la TVQ sur tous les biens achetés en ligne de l'étranger. Cette dernière proposition devrait rapporter dans les coffres de l'État 158 millions $ par année.

Il sera aussi question de régler le problème des surdiagnostics, "qui coûte injustement aux Québécois des milliards chaque année", a dit le chef. Il a inscrit 250 millions $ en 2022-2023 dans son cadre pour cette mesure.

Ainsi, il prévoit à terme des revenus supplémentaires de 468 millions $.

Notre cadre tient la route quoiqu'il arrive.Jean-François Lisée

Facture de promesses électorales

La facture péquiste s'élève à 1,4 milliard $ en 2022-2023, en deçà de celle de la CAQ (2,6 milliards $) et de celle du PLQ (2,4 milliards $).

Mais le PQ ne sera pas moins généreux envers les citoyens, soutient-il, car plusieurs mesures annoncées s'autofinancent - comme son plan contre la "crise climatique", financé par le Fonds vert existant. Et pas de coupes dans les services, a martelé le chef de la formation.

"On a une façon de gérer l'État qui est généreuse mais économe", a-t-il dit.

Jeudi matin, le PQ s'est targué de s'appuyer - contrairement à la CAQ et au Parti libéral, a-t-il dit - sur les chiffres du rapport préélectoral de la vérificatrice générale. Il pourfend d'ailleurs ses deux adversaires pour ne pas avoir respecté cette entente qui devait permettre à tous de s'appuyer sur les mêmes bases, devant du même coup être plus compréhensibles pour les citoyens.

On a utilisé le taux de croissance prévu par la vérificatrice générale, a lancé le M. Lisée - contrairement aux libéraux et aux caquistes qui, selon lui, ont misé sur une croissance plus forte que prévu pour pouvoir payer leurs promesses électorales.

Le plan financier péquiste a aussi reçu le sceau de trois économistes indépendants, et respecté les exigences de l'Association des économistes québécois, précise le parti, qui a fait part de ses engagements financiers à sa permanence à Montréal.

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"On n'a pas de lignes magiques de revenus boostés", a dit le candidat Nicolas Marceau, ancien ministre péquiste des Finances.

La formation politique augmenterait ses budgets en santé de 4,7 pour cent - si on exclut totalement la rémunération des médecins du calcul - et en éducation et culture, de 3,6 pour cent.

Mais même si le PQ affirme depuis le début de sa campagne que l'éducation est une priorité, ses dépenses de budget sont inférieures à l'augmentation promise par les libéraux: 4 pour cent par rapport au 3,6 pour cent des péquistes.

Mais cette hausse ne comprend pas l'important investissement du PQ dans les CPE, qui peut être vu comme une continuité du budget "éducation", a précisé la vice-cheffe Véronique Hivon, présente au point de presse avec son chef et d'autres candidats. Le PQ prévoit à ce chapitre 1,4 milliard $ sur quatre ans.

Côté santé, la formation politique s'est notamment engagée à dépenser plus de 1 milliard $ pour favoriser les soins à domicile et quelque 500 millions $ seraient consacrés à l'embauche de préposés et d'infirmiers.

La formation péquiste a été la dernière à présenter son cadre financier, juste à temps pour le débat des chefs de jeudi soir.

"Notre cadre tient la route quoi qu'il arrive, a soutenu M. Lisée. Et c'est le seul cadre financier qui peut faire dire aux Québécois que les services sont en sécurité."

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