POLITIQUE
12/09/2018 15:41 EDT | Actualisé 12/09/2018 16:07 EDT

Simulation, analyse, apprentissage: chaque parti prépare ses chefs au débat de jeudi

Les chefs comptent sur l'exercice pour faire bouger de façon déterminante les aiguilles.

QUÉBEC — Simulation, maîtrise des formules percutantes, analyse des adversaires: chacun des partis prépare ses chefs en vue du débat télévisé de jeudi soir à Radio-Canada, Télé-Québec, V, et plusieurs autres plateformes numériques.

La Presse canadienne a pu glaner des renseignements des principaux camps sur les préparatifs en cours, qui se déroulent habituellement dans le plus grand secret.

Vu l'indécision qui semble encore flotter dans l'électorat selon les derniers sondages, les chefs comptent sur l'exercice pour faire bouger de façon déterminante les aiguilles, soit en vue de consolider une avance, d'effectuer une remontée, une percée, ou de maintenir les acquis.

En troisième position selon ce que suggèrent les enquêtes d'opinion nationales, le Parti québécois (PQ) est certainement parmi ceux qui misent le plus sur cette joute télévisée afin de rebondir.

Son chef, Jean-François Lisée, est un débatteur naturel, c'est une formule qu'il adore, a confié une personne de son entourage qui a requis l'anonymat, dans une entrevue avec La Presse canadienne.

Le leader souverainiste ne manque jamais une occasion de monter sur une tribune et de croiser le fer, a poursuivi notre interlocuteur, qui veille notamment aux préparatifs des débats télévisés, car il y en aura plusieurs cette année, outre celui de jeudi: un en anglais le lundi 17 et un autre à TVA le 20.

M. Lisée a d'ailleurs prouvé son aisance à débattre lors de la dernière course à la direction du PQ, en 2016, qu'il a remportée alors qu'il ne partait pas favori — un peu comme le PQ qui est vu comme le «négligé» actuellement dans la campagne électorale.

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Il s'agit toutefois de sa première participation à un débat des chefs, contrairement au libéral Philippe Couillard, qui en est à sa deuxième présence, et au chef caquiste François Legault, le plus expérimenté, à son troisième essai.

Le chef péquiste n'hésite pas à être testé lors de simulations, a-t-on précisé. Il s'est même prêté au jeu d'être filmé, pour corriger des gestes ou des tics qui pouvaient nuire à la communication avec l'électorat.

Notre source a indiqué que le PQ vise à ce que les électeurs retiennent deux ou trois idées phares du programme péquiste au terme du débat.

À la Coalition avenir Québec (CAQ), une toute petite équipe veille à préparer le chef. Depuis plusieurs semaines déjà, un document synthèse circule avec des grands thèmes, des phrases et des formules qui sont peaufinées au fur et à mesure.

Au cours d'un entretien téléphonique récent, un membre de l'équipe caquiste dont on doit taire le nom a expliqué que M. Legault assimile cette synthèse pour qu'elle soit communiquée la plus naturellement possible, avec des images percutantes, mais de façon concise.

«On ne veut pas le bombarder d'informations et le noyer dans les faits, il faut simplifier et lui faire confiance, ça passe très vite un débat, c'est très, très stressant», a affirmé notre source.

Les «performances» précédentes de M. Legault ont été analysées, mais pas celles de ses adversaires.

«On les connaît, nos adversaires, on a deux adversaires coriaces, ils sont habiles et vifs», a commenté le représentant de la CAQ.

En 2012, M. Legault avait pris part à une simulation, mais pas cette fois. «Cette fois, on est premiers (dans les sondages), la dynamique est différente, les acteurs sont différents», a-t-il poursuivi.

THE CANADIAN PRESS

Après plusieurs semaines de demandes d'entrevue, le Parti libéral a fait savoir officiellement lundi qu'il gardait «privé le cadre de préparation du premier ministre».

Cependant, un membre de la garde rapprochée du chef libéral avait donné quelques indices, de façon officieuse, juste avant le début de la campagne, sur les dispositions qui ont été prises en vue de l'affrontement.

La prestation des adversaires est scrutée à la lettre. On travaille sur les forces naturelles du chef. Notre interlocuteur affirmait qu'il ne servait à rien de changer ou transformer un chef avant un débat télévisé, puisque c'est toujours le naturel qui prévaut.

Par exemple, ajoutait-il, on connaît le naturel de François Legault, la façon qu'il a de mener ses attaques, de répliquer, et peu importe son état de préparation, cela ne changera pas: dans un contexte aussi adverse qu'un débat, c'est le naturel de la personne qui ressort.

Le porte-parole du PQ faisait quant à lui remarquer que Philippe Couillard est un adversaire «redoutable», une sorte de premier de classe, parce qu'il maîtrise ses dossiers, peut s'exprimer aisément sans ses notes, sur tous les enjeux.

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Précisons pour conclure que Québec solidaire a refusé d'accorder une entrevue pour expliquer comment se déroulait la préparation des débats pour sa co-porte-parole, Manon Massé.

Courtoisie Québec solidaire

Rappelons que le premier débat télévisé aura lieu jeudi à 20 h 00 sur les ondes de Radio-Canada, Télé-Québec, V, et de nombreuses plateformes numériques.

Le débat en anglais aura lieu lundi 17, de 17 h 30 à 19 h 00, à CBC, CTV et Global.

Enfin, TVA présentera son propre débat le jeudi 20 à 20 h 00.

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