POLITIQUE
12/09/2018 17:05 EDT | Actualisé 12/09/2018 17:27 EDT

Le député Éric Caire fait l'objet d'une plainte à la Commissaire à l'éthique

Le sens de l'éthique du député de La Peltrie est de nouveau mis en cause.

The Canadian Press Images

Le sens de l'éthique du député de La Peltrie, Éric Caire, est de nouveau mis en cause, en relation avec l'emprunt de 55 000 $ qu'il a contracté au maire de L'Ancienne-Lorette, Émile Loranger.

Une plainte a été déposée mardi à la Commissaire à l'éthique et à la déontologie par le ministre de l'Emploi et député de Charlesbourg, François Blais, qui se dit convaincu que M. Caire s'est placé en conflit d'intérêts dans l'exercice de ses fonctions de député.

Dans sa lettre expédiée à la Commissaire, dont La Presse canadienne a obtenu copie mercredi, le ministre demande qu'une enquête soit instituée pour faire toute la lumière sur les allégations formulées.

Selon M. Blais, le député caquiste s'est placé dans une situation de conflit d'intérêts lors de l'étude des crédits budgétaires de son ministère pour ce qui est du volet de la Capitale nationale, en mai 2017, alors qu'était abordée la question des projets routiers pour la région.

Il y a quelques semaines, on apprenait que M. Caire et son ex-conjointe avaient reçu en 2017 un prêt de 55 000 $ du maire de L'Ancienne-Lorette, une municipalité située dans sa circonscription.

M. Blais rappelle dans sa lettre que, lors de l'étude des crédits en question, M. Caire, qui est reconnu pour «être en faveur des élargissements et prolongements d'autoroutes dans la région de Québec», notamment en se faisant l'ardent promoteur d'un troisième lien entre Québec et Lévis, s'est pourtant opposé farouchement au projet sur la table de prolonger l'autoroute 40 vers l'ouest.

Or, le maire Loranger s'oppose lui aussi avec véhémence à ce projet, qui toucherait sa municipalité.

Dans ce contexte, le député-ministre libéral se demande dans quelle mesure M. Caire a agi alors en toute transparence et en toute indépendance, durant l'étude des crédits, étant redevable financièrement au maire Loranger.

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«J'ai des motifs raisonnables de croire qu'au cours de la période couvrant la durée de ce prêt, le député de La Peltrie pourrait avoir enfreint certaines dispositions du Code d'éthique et de déontologie des membres de l'Assemblée nationale en négligeant de déclarer son conflit d'intérêts lors des débats en commission parlementaire», écrit M. Blais, dans sa lettre de deux pages.

Ce dernier affirme aussi avoir eu «la forte impression» que lorsque M. Caire s'absentait des travaux pour faire des appels téléphoniques, il communiquait avec le maire Loranger pour ajuster ses prises de position sur le réseau routier régional à celles de son créancier.

Contacté par le HuffPost Québec, l'attaché de presse régional de la CAQ, Sébastien Lépine, a déclaré que ces arguments étaient «complètement farfelus». Ni le parti ni M. Caire ne feront d'autres commentaires à ce sujet.

Vérification faite, la lettre a bel et bien été reçue au bureau de la Commissaire, mais il est trop tôt pour dire si effectivement il y aura enquête.

Quand elle avait été informée de l'existence de ce prêt, la commissaire à l'éthique, Ariane Mignolet, avait jugé que M. Caire s'était placé dans une situation potentielle de conflit d'intérêts et elle lui avait demandé de le rembourser sans tarder, ce qui fut fait en juin dernier.

Notons que la commissaire pourrait également conclure qu'une demande d'enquête a été présentée de mauvaise foi ou dans l'intention de nuire, selon le Code d'éthique et de déontologie des membres de l'Assemblée nationale. Les sanctions, dans ce cas, peuvent aller de la réprimande jusqu'à la perte du siège de député.

Avec des informations de Catherine Lévesque, HuffPost Québec.

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