POLITIQUE
12/09/2018 19:06 EDT | Actualisé 12/09/2018 19:06 EDT

Élections: Pauline Marois se réjouit qu'il y ait 47 pour cent de femmes parmi les candidats

«On va commencer à imaginer un point de non-retour», a-t-elle ajouté.

THE CANADIAN PRESS IMAGES/Graham Hughes

MONTRÉAL — L'ex-première ministre Pauline Marois trouve «absolument formidable» que 47 pour cent des candidats des principaux partis politiques en lice pour les élections du 1er octobre soient des femmes.

Le quotidien Le Devoir, qui fait une «vigie parité» hommes-femmes depuis le début de la campagne électorale, a révélé cette donnée dans son édition de mercredi. Il précise que la Coalition avenir Québec (CAQ) présente 51 pour cent de candidates, le Parti libéral (PLQ) 44 pour cent, le Parti québécois (PQ) 40 pour cent et Québec solidaire 52,5 pour cent.

«C'est une avancée exceptionnelle. Je me réjouis de ce que je vois maintenant et j'espère pouvoir me réjouir le 1er octobre au soir de l'élection de femmes à l'Assemblée nationale du Québec», s'est exclamée celle qui fut la première femme première ministre du Québec.

«On va commencer à imaginer un point de non-retour», a-t-elle ajouté.

Mme Marois participait justement, mercredi à Montréal, à un panel sur les femmes en politique, où les participantes ont aussi discuté de la présence des femmes au sein des conseils d'administration et autres.

Mme Marois a rappelé que les proportions de femmes pouvaient varier entre les partis, notamment parce que les méthodes de sélection diffèrent. À la CAQ, par exemple, «c'est le chef du parti qui choisit, alors c'est plus facile».

Pas de quotas... pour l'instant

Elle s'est aussi prononcée contre l'imposition de quotas de femmes aux partis politiques, du moins pour l'instant.

«Actuellement, je pense qu'on peut demander aux partis politiques, sur une base volontaire, d'avoir un objectif, qui soit de l'ordre de 40 à 60 pour cent de présence de femmes. Mais ce serait une obligation faite aux partis de rendre compte, auprès du Directeur général des élections, à savoir "voici les gestes que nous avons posés pour atteindre cet objectif ou quelles sont les raisons pour lesquelles on ne l'a pas atteint". Et une fois qu'on aura fait le bilan, après la prochaine élection, je pense que s'il faut arriver à des quotas, on devra le faire, si les objectifs ne sont pas atteints», a-t-elle opiné.

Stratégies qui portent fruit

Dans le cadre des échanges sur la place des femmes, plusieurs ont souligné l'importance du rôle du père, d'un père qui sait stimuler la confiance en soi chez sa fille.

Louise Cordeau, présidente du Conseil du statut de la femme, a rappelé l'importance de l'éducation dès le primaire, l'éducation à l'égalité.

D'autres ont noté que les femmes sont parfois perfectionnistes, s'imaginent qu'elles doivent être la candidate parfaite pour avoir ou même solliciter un poste.

D'autres ont relevé que trop souvent, les femmes manquaient encore de confiance en elles, même quand elles sont bardées de diplômes. Lorsqu'une offre d'emploi est affichée, une femme va la regarder et se dire "je ne réponds qu'à 80 pour cent des critères, alors je n'y vais pas" alors qu'un homme se dira "je réponds à 80 pour cent des critères, alors je suis leur homme"», a illustré l'une d'entre elles.

Caroline Codsi, présidente de Gouvernance au féminin, a résumé le phénomène de la sous-représentation des femmes en une phrase-choc: «quand on ne légifère pas, on trouve des excuses, alors que quand on légifère, on trouve des femmes».

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